Arabie Saoudite : Al Awamiya, bastion et cœur de la révolution

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Publié par lcr-lagauche.org . Près de quatre ans après le début du mouvement révolutionnaire à Qatif, les autorités affrontent encore ce mouvement par la violence, les meurtres, les arrestations, la torture en prison, et des cours d’inquisition Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant dans la démarche de l’Etat lors des opérations récentes, commises avec une sauvagerie extrême, par la terreur et le châtiment collectif des civils désarmés. Les forces de sécurité ont commis dernièrement un crime qui n’a pas été relaté dans les médias officiels sinon sous forme de cris de vengeance, ou, comme de coutume, pour faire l’éloge des succès de la sûreté dans leur guerre contre le terrorisme. Dans cet article, nous aborderons plusieurs axes dont : le dernier massacre, la réforme et le marchandage, le mouvement révolutionnaire et ses problématiques, l’avenir de la lutte dans la région.

Il y a eu 27 martyrs, des centaines de blessés et des milliers de détenus dans les cachots du pouvoir depuis le début du mouvement révolutionnaire. La ville de Qatif a subi 7 raids militaires de blindés, dont 6 pour la ville d’Al Awamiya, qui était en réalité la cible… Elle est le bastion et le cœur de la révolution.

Septième massacre et  vingt-septième martyr

En ce jour sanglant du 20 décembre dernier, Al Awamiya a subi le raid militaire de dizaines de blindés et d’hélicoptères. Les quartiers résidentiels ont été bombardés, se soldant par la mort de cinq martyrs dont un enfant ne dépassant pas les 13 ans. Les cinq martyrs sont : Ali Abou Abdallah, Abdallah Al Maddad, Ridha Bandari, Thameur Al Rabii, Hassan Mousallab.  Beaucoup de s’en sont sortis avec des blessures variables. Leur nombre s’élève à 74, dont une femme, 7 personnes âgées, et 8 enfants. Il y a eu une tentative de résistance, menée par un groupe qui s’est auto-dénommé « Brigades de la résistance ».

Cette opération sécuritaire au cours de laquelle les autorités ont utilisé différentes armes, grenades, balles et blindés, a entraîné une destruction matérielle qui n’a épargné ni les fermes, ni les logements, les commerces ou les véhicules. Elle a endommagé tout ou partie de plus de 50 bâtiments et plus de 30 commerces et 79 voitures ont été incendiées ou endommagées.

La sanction avant le crime

Les autorités locales ne traitent pas avec le mouvement de protestation, ses militants et sympathisants en tant qu’opposants pacifiques « protestataires » ou en tant que « manifestants ». La  déformation et l’affabulation ont prévalu et servent à qualifier le mouvement. C’est pourquoi nous trouvons toujours ces expressions toutes faites : « provocateurs et émeutiers », « cellule d’espionnage », « soutenus par des Etats étrangers », et « terroristes », « valets » et « crânes bourrés ». Ces allégations ont été toujours de mise lors de tout mouvement de protestation opposé aux régimes. Ce discours a été utilisé pour dénaturer les mouvements révolutionnaires, surtout à l’ère de la contre-révolution au printemps arabe. La presse officielle a déclaré que le dernier massacre était « pour venger le martyr du devoir », en d’autres termes que le pouvoir sécuritaire avait vengé le soldat Abdelaziz Assiri dont les autorités ont affirmé qu’il avait été tué dans le quartier d’Al Nassera, donc pas à Al Awamiya. Par la suite, le général Mansour Turki, qui parle au nom du ministère de l’Intérieur, a fait une sortie affirmant que l’opération était une opération de représailles. C’est ainsi que les journaux ont reproduit l’information, mettant le pouvoir dans l’embarras, puisqu’il avait dépeint la milice comme une milice de représailles. Afin de rectifier ses déclarations hâtives, le général Turki a fait une autre sortie et est revenu sur «  venger le martyr du devoir » et il a dit : «  Les hommes de la sûreté ne font pas de représailles et ne se vengent de personne ». Par ailleurs, la presse officielle n’a pas produit une seule preuve du prétendu assassinat, et en réalité il y a plus de 25 domiciles sur une distance de 100 à 150 mètres du lieu dont les autorités prétendent être celui du crime, le point de contrôle de Nassera– or personne n’y a entendu le moindre tir et personne n’y a vu ce soldat-, c’est un événement auquel nul n’a assisté. Un crime commis dans un lieu différent de celui de l’opération de représailles. En outre, il n’y a pas eu non plus de publication de photo du soldat tué ni de déclarations de témoins oculaires, et nous nous demandons pourquoi ? Les autorités auraient pu publier des preuves de cet événement comme elles l’ont fait pour le soldat blessé dans un hôpital. Elles avaient allégué qu’il avait été atteint par un coup de feu lors de ce même raid. Ainsi l’assassinat du soldat Al Assiri à Al Awamiya reste une invention des autorités – faute de preuves à l’appui de ces allégations.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a affirmé que le martyr Ali Abou Abdallah était l’assassin et l’auteur du meurtre du soldat Abdelaziz Assiri. Le militant des droits de l’homme Ali Al Dabissi a commenté cette accusation et la méthode utilisée pour tuer le martyr : « Les enregistrements sonores disponibles et qui contiennent les appels au secours des martyrs (que Dieu les accueille dans sa bonté), prouvent qu’il était possible de les attraper au lieu de les tuer. Le site a été bouclé, les tueurs en ont pris possession, et il était donc aisé de les attraper et de les déférer devant la justice. Cela sera avéré à l’écoute des bandes.».

Que les forces sécuritaires préfèrent l’assassinat à l’arrestation n’est que la conséquence de l’aggravation de l’impuissance des solutions sécuritaires et judiciaires adoptées par les tribunaux d’inquisition. L’enfant martyr Thameur Al Rabii n’est autre que le petit frère d’Houssine Al Rabii, militant révolutionnaire emprisonné dans les prisons du pouvoir. Quant au martyr Hassan Mousallab, son frère aîné est mort en martyr dans une opération sécuritaire similaire l’année passée. Que les autorités ciblent les proches des militants révèle la tendance vengeresse empruntée par les forces de sécurité face au mouvement révolutionnaire et à la lutte dans la région. Au cours de son histoire, le pouvoir n’a pas eu besoin de justification pour se livrer à ce type de représailles. Nous avons toujours en mémoire l’accident au cours duquel des soldats du secteur sécuritaire se moquent d’une femme de Qatif : « C’est une chiite qui va se divertir » lors d’une scène de représailles aux relents de confessionnalisme, d’humiliation et de sexisme.

Le mouvement réformiste –le courtier prêt au marchandage

Les dignitaires et les élites militantes des droits de l’homme de diverses sensibilités ont signé des communiqués politiques de marchandage et de négociation. Ce sont eux qui ont appelé au calme depuis leurs estrades, et ils ont tenté par tous les moyens de faire avorter le mouvement révolutionnaire considérant que la sagesse et les médiations politiques étaient la solution. Malgré l’état de siège et les poursuites que vivent ces militants et les militants des droits de l’homme, dont le militant Fadhel Al Safwani, Mohammad Al Libad, Salman Al Faraj etc.,  les notoriétés et les élites ont exigé de les livrer aux services de sécurité. Ils ont ainsi fait du troc une méthode. Ils échangent l’organisation, le mouvement, la protestation pour les médiations politiques, la flânerie élitiste dans les palais, les correspondances et les rendez-vous dans les hôtels. Ainsi des symboles du courant réformateur nous sortent leur : « As-Sayf, As-Saffar et Al-Habil » avec toutes leurs sensibilités. Mais qui ont en commun de placer la pacification au-dessus de toute autre considération et appellent à s’en remettre aux notables. Dans la période de montée du mouvement révolutionnaire, lorsque la voie réformatrice se heurtait à une crise de polarisation, car ces élites vivent un moment de quasi chômage technique du fait qu’ils perdent leur statut social de médiateur, les voix s’élèvent pour faire porter aux militants la responsabilité de tous les massacres perpétrés par les autorités.

Tawfik As-Sayf dit à propos du massacre du 20 décembre : « La responsabilité dans ce qui s’est passé à Al Awamiya aujourd’hui, le sang qui a coulé et les vies qui se sont éteintes, incombe à ceux qui sont armés et qui prônent la violence aveugle. Et derrière eux les personnes qui les encouragent et justifient leurs actes. ». C’est le moyen le plus facile ! Considérer que les diverses protestations sont détournées par un groupe de tueurs, d’hommes armés et des partisans du crime. Lénine disait : « Le pessimisme, la non-violence, la faiblesse de la volonté, et faire appel à « l’Esprit » forment une idéologie qui apparaît inévitablement à une époque où l’ancien régime tout entier « a été bouleversé »  et où la masse qui a été élevée sous cet ancien régime et en a sucé le lait maternel, les principes, les habitudes, les traditions, les croyances, ne voit pas ni ne peut voir quel est le nouveau régime qui s’ « ordonne », quelles forces sociales l’ »ordonnent » et comment, quelles forces sociales sont capables de la délivrer des maux sans nombre, particulièrement redoutables, propres aux époques de transformations violentes ». C’est pourquoi les cris humains (utopiques) lancés par As-Sayf et consorts sont le refuge adéquat pour les masses. Le docteur As-Sayf a décrit le mouvement révolutionnaire dans son ensemble comme « daechiste » considérant qu’il s’agissait de milices terroristes. Avant que nous ne critiquions les allégations d’As-Sayf, il faut faire appel à quelques réalités : si les porteurs d’armes sont responsables des crimes du pouvoir, pourquoi Qatif n’est pas considéré comme le gouvernorat où on a abattu le plus d’hommes de la Sûreté ?! Le journal Al Hayat a publié un rapport du ministère de la Justice, qui fait état de 3 villes où on a tué le plus d’éléments de la Sûreté : Riyadh, Jeddah, Haïl, dans ce cas pourquoi n’y a-t-il pas eu d’assaut sur la capitale, la côte ouest ou la région nord ? Si l’on considère que les responsables sont les hommes armés  ?! En réalité, il n’y a pas de logique dans cette analyse même si elle a été publiée suite à une erreur commise par l’esprit « rationnel »  de sa grandeur As-Sayf, le médiateur, en fin de compte : « Prenons garde à la mobilisation individuelle » et la nécessité d’en revenir à un généraliste avachi et un misérable notable qui pour nous a concocté une formule de génie pour résoudre les problèmes sociaux. Ce discours de marchandage a échoué au cours des cinquante dernières années et il est fort probable que les factures d’encre des imprimeries réformistes qui avaient imprimé leurs communiqués de suppliques et mendicité leurs seront réglées. La contestation est un droit de l’homme. C’est le moyen qui a permis les acquis politiques ou économiques de l’histoire. Les mouvements révolutionnaires, y compris dans notre histoire locale, ont mis en place une élite de réformateurs capables de réaliser ce marchandage politique.

Entre réforme et guérilla 

Comme nous l’avons expliqué, le régime ne peut pas être réformé, car celui qui a intérêt à la radicalisation confessionnelle et le racisme est le même qui a intérêt à torpiller tout mouvement revendiquant la justice sociale. Celui qui possède les palais gardés par des blindés n’a pas d’intérêt politique ni matériel à l’édification d’une société basée sur la justice et l’égalité. Au moment où nous écrivons cet article quelques 50 blindés ont été attachés lors d’une mobilisation sécuritaire à la protection du roi qui a été transporté à l’hôpital de la garde nationale. Les fonctions dévolues à ces militaires sont la protection de la propriété privée et celle de la classe dirigeante et de la bourgeoisie locale. C’est la priorité sécuritaire et non pas la protection des citoyens comme le vantent les élites politiques.

Comment le réformisme en est-il arrivé là ? ! Le chaos dans les groupes révolutionnaires actuels a conduit le mouvement de protestation à une impasse politique fatale. L’écart entre l’extrémisme révolutionnaire et l’opportunisme politique ne peut être tracé par la conjecture et la ferveur spontanée, mais à travers l’organisation révolutionnaire, la théorie et la pratique concrète jusqu’à ce que le mouvement parvienne à dépasser ses tribulations, comme l’a écrit le militant Bassem Chit : « Afficher la colère est facile, le problème le plus difficile est de l’orienter, car lorsque la spontanéité et l’anarchisme se déplacent vers son point d’impact réel, cela devient plus compliqué, et encore plus profond. C’est là la différence entre le populisme et la révolution. Le populisme assied son trône sur ce moment de spontanéité et finit avec lui, tandis que la pratique révolutionnaire est celle qui peut faire passer cette colère de son instantanéité à sa dimension historique de lutte permanente, non pas par le prisme d’un imaginaire aseptisé de la lutte, mais par la reconnaissance que la colère humaine n’est pas un joli spectacle! Et que sa beauté (possible) se construit dans la « boue » de la lutte, et pas du haut des tours de guet ! »

La crise du mouvement réformiste a mis en exergue que beaucoup d’activistes, à travers l’émotion révolutionnaire œuvraient à torpiller cette frange qui trahit le mouvement et participe à détruire la région en faisant corps autour des forces sécuritaires contre les civils. De là beaucoup de questions s’imposent: est-ce que le changement de la conscience collective du désespoir à l’espoir et de la réforme à la révolution passe par la lutte contre les forces réformatrices et leurs symboles ?! Est-ce que la polarisation des masses par leur appel au sacrifice fait partie de la voie révolutionnaire ? Est-ce que l’abandon des revendications sociales du mouvement de contestation par des slogans appelant à la mort d’Al Saoud est la tactique adaptée à la conjoncture ?

Dans la réalité, si les masses sont d’accord et unies dans la conscience et croient à la révolution pourquoi les autorités ont-elles pu envahir Al Awamiya et commettre le dernier massacre ! L’accumulation d’erreurs commises par le mouvement révolutionnaire est l’une des raisons pour lesquelles les réformistes en sont arrivés là. Le réformisme a tourné les erreurs du mouvement à son avantage à travers la polarisation de classe de ceux qui n’ont aucun projet sérieux de changement d’une part, et ces franges qui ne peuvent adhérer au mouvement révolutionnaire porteur de slogans « guérilleristes » d’autre part. Ils sont parvenus à se positionner dans une posture qui leur garantit leurs privilèges de classe au détriment du mouvement contestataire, ses opprimés, ses prisonniers et ses martyrs.

Trotski disait du réformisme et du mouvement révolutionnaire  que l’un des objectifs de l’action des révolutionnaires avec les militants convaincus de la réforme sur le terrain dans des combats unis est de démasquer les directions réformistes et donner une preuve concrète à ces militants que même pour ces réformes on ne peut mener une lutte cohérente et jusqu’au bout que sous la direction des révolutionnaires. L’un des objectifs de l’entrée dans ces combats réformateurs partiels main dans la main avec la jeunesse combattante qui croit dans les directions réformistes et les idées réformistes est l’appel concret à la révolution et sa nécessité !  En d’autres termes, le meilleur moyen d’entraîner les militants réformistes vers le mouvement révolutionnaire passe par les mouvements de protestation civils et leurs revendications sociales, qui donnent l’occasion de polariser diverses franges dont des réformistes. Nous ne pouvons attirer les masses qu’au cœur des luttes. Pour cela, nous avons besoin de ces réformistes pour leur prouver, d’une part que le mouvement réformiste a échoué à réaliser des acquis et à diriger la lutte, et pour attirer, d’autre part, ces masses qui marchent derrière le mouvement réformiste et ses symboles. La tendance à l’extrémisme révolutionnaire qui se fait jour aujourd’hui à même de relancer le sectarisme et le factionnalisme et de détruire le mouvement de l’intérieur.

L’une des erreurs les plus grossières dans la pratique révolutionnaire est que le subjectivisme prend le dessus sur la revendication. Et la surenchère et l’extrémisme révolutionnaire prennent le pas sur la construction et l’organisation, comme cela arrive lorsque se répandent des modes spécifiques d’opposition qui n’interagissent pas avec les revendications sociales. Mais elles se reflètent avec enthousiasme dans la contestation de la souveraineté royale en piétinant des photos des politiciens et des rois ou en lançant des slogans qui appellent à la mort ou l’anéantissement de la famille royale.

Cela éclaire la problématique chez le militant en la considérant comme une crise de sacrifice ! C’est alors que l’un d’eux assène : «  Le problème c’est que le peuple ne veut pas se sacrifier pour la victoire ! » De cette vision étroite découle le sectarisme organisationnel et le factionnalisme armé. Car l’armement fractionnel peut apparaître à première vue relever du droit naturel à l’auto défense alors qu’il est la conséquence de l’impasse réelle que vit le mouvement révolutionnaire. Le mouvement révolutionnaire dévie de l’organisation de masse aux méthodes aventuristes révolutionnaires extrémistes qui sous-estiment l’importance de conscience les masses au lieu de la construction et de l’organisation révolutionnaire, la compréhension de la lutte, le fait de mener des luttes autour de revendications bien déterminées. Se satisfaire des revendications révolutionnaires expose le mouvement à l’isolement de l’ensemble du mouvement social et de ses revendications.

A l’ombre de l’escalade politique de l’Etat à soutenir les contre révolutions pour faire avorter le printemps arabe, l’escalade politique et sécuritaire locale va de pair avec l’escalade régionale. A ce stade crucial de la lutte révolutionnaire, il faut se concentrer sur les revendications sociales et des droits civiques, il faut attirer les masses avec toutes leurs revendications politiques et économiques qui touchent à leur vie quotidienne et ne pas se contenter des revendications révolutionnaires. Il nous faut défendre la liberté d’expression, les droits des femmes et les grèves ouvrières et les droits des travailleurs étrangers en luttant contre le racisme, revendiquer le droit à l’enseignement et aux services de santé et défendre l’environnement. Ce sont des revendications essentielles qui concernent la vie des travailleurs anéantis par le rouleau compresseur du pillage et de l’exploitation. Nous devons évaluer les slogans du mouvement et réexaminer les différentes problématiques. Sans construction d’une organisation socialiste révolutionnaire aucun progrès ne sera réalisé sur le plan du changement social.

Eternité pour les martyrs des massacres cruels, liberté pour les prisonniers, gloire au mouvement révolutionnaire !

Nidhal Farah Pour Bassem Chit

(traduction de l’arabe, Luiza Toscane, Rafik Khalfaoui)

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