Une semaine au cœur du NPA....

À l’approche du congrès de fondation du NPA, en janvier prochain, les réunions d’élargissement du processus se multiplient.

Paris 20e

Samedi 18 novembre, les comités NPA du 20e arrondissement de Paris ont organisé un rassemblement public. Les quatre comités, nés après les élections municipales, avaient déjà organisé deux réunions publiques au printemps. Centrée sur le meeting, la première partie a permis d’affirmer la présence du NPA, tandis que la deuxième partie laissait place à la fête anticapitaliste, avec dance floor et DJ adaptés aux circonstances. La préparation de cette réunion, tant du point de vue de la conception politique que de l’organisation pratique, a été prise en charge collectivement.

La réunion publique a été marquée par les luttes, tant au niveau local que national. Après une présentation générale axée sur nos réponses à la crise économique, faite par une militante du NPA 20e, la parole fut donnée à une employée de DMMS (société de nettoyage). Elle est revenue sur la lutte qu’elle mène avec ses collègues sans papiers en vue de leur régularisation. Un délégué syndical CGT est ensuite intervenu sur la grève que mènent les salariés de la maison de retraite des Amandiers, pour leurs salaires et leurs conditions de travail, ayant constaté à quel point ils étaient divisés, tant par la multitude des statuts que par l’individualisation de la rémunération (lire Rouge n° 2271). Les deux interventions suivantes sont revenues sur les services publics. Un délégué syndical CGT de l’hôpital Tenon a retracé le démantèlement du service public hospitalier depuis une vingtaine d’années. Puis, un postier a parlé de la privatisation de La Poste. Daniel Bensaïd a ensuite abordé la situation politique, sous un angle plus international, revenant sur la profondeur de la crise et sur son versant guerrier. Enfin, un court échange a eu lieu avec les personnes venues assister au meeting. Il a révélé à la fois l’intérêt et la disponibilité d’une série de militants et de militantes pour le processus NPA, mais aussi la nécessité d’affiner nos réponses face à la situation et de proposer des mobilisations concrètes.

Près de 250 personnes ont participé à cette réunion publique. Beaucoup ont poursuivi la discussion autour d’un verre. Il y avait là un public divers, de tous âges et origines, autant de militants expérimentés que de personnes pour qui il s’agissait de la première expérience de ce type. Une quarantaine de contacts ont été pris, pour venir participer à la construction du NPA dans la perspective du congrès de fondation, en janvier prochain. La journée a fini tard, les discussions politiques laissant peu à peu la place à la musique et à la danse. En tout, plus de 300 personnes sont passées à la réunion publique ou à la fête, venues manifester d’une façon ou d’une autre leur soutien au mouvement. Toutes et tous ont pu vérifier que la politique et la fête peuvent faire bon ménage. Expérience à reproduire !

Saint-Nazaire (Loire Atlantique)

Le comité local du NPA de Saint-Nazaire a tenu, mercredi 22 octobre, sa première réunion publique. 60 personnes y ont participé. À la tribune, un militant local de la LCR et trois camarades membres du NPA et élus municipaux à Rezé, Missillac et Saint-Nazaire, ont présenté leurs expériences sur la construction du NPA et sur la lutte contre la destruction du service public de l’éducation. De la salle, deux camarades ont partagé leur analyse de l’attaque portée contre le service public postal. Puis, Alain Krivine a développé l’analyse de la LCR et du NPA sur la crise, ses conséquences sur le salariat et dans les milieux modestes, ainsi que les propositions pour faire face à la situation et à la politique réactionnaire tous azimuts de Sarkozy et du gouvernement. Au cours d’un débat d’un bon niveau politique et qui a duré deux heures, les questions des orientations du nouveau parti, de ses principes de fonctionnement, de ses appréciations des stratégies syndicales, de ses alliances, de ses rapports aux militants anticapitalistes et antilibéraux organisés au PCF ou dans les ex-comités Bové, ont été au cœur des échanges.

Rendez-vous était pris pour les « 10 heures du NPA » organisées par les camarades nantais, le 25 octobre, et pour les prochaines initiatives du jeune comité de Saint-Nazaire.

Fougères (Ille et Vilaine)

Il y a plus de trente ans, Fougères (Ille-et-Vilaine, 22 000 habitants) fut le lieu d’une lutte acharnée des ouvrières et ouvriers de la chaussure de l’usine Rehault, qui menèrent un combat pendant plusieurs années afin d’empêcher la fermeture. Au même moment que les Lip. Le 21 octobre, c’est dans cette ancienne usine transformée en musée-exposition que le comité NPA organisait son premier meeting, avec la participation d’Alain Krivine et de camarades du NPA. Ce fut un succès : plus de 100 personnes présentes, près d’une trentaine de militants NPA de Rennes, essentiellement jeunes, avec la participation d’une délégation NPA de Saint-Malo. La grande majorité des présents était inorganisée, toutes les organisations de gauche brillant par leur absence. Un débat riche et passionnant, avec des jeunes, des enseignants ou des postiers, sur la crédibilité des réponses du NPA face à la crise, ses réponses pour les artisans ou les petites entreprises, le fonctionnement du nouveau parti, les risques de bureaucratisation, les rapports au pouvoir. Dans la salle, beaucoup de personnes se sont montrées intéressées par le projet et souvent révoltées par la passivité ou la complicité de la gauche face aux attaques de Sarkozy. Beaucoup de demandes d’adhésion à la fin de la réunion, et pas mal d’enthousiasme pour développer le NPA.

Cherbourg (Manche)

Plus de 60 personnes étaient venues, mercredi 22 octobre au soir, discuter de la crise, des moyens d’y faire face et de la perspective offerte par le NPA. Nathalie Ménard a ouvert la réunion en présentant le NPA, puis Régine Mrowka, militante de la Fraction de Lutte ouvrière, est intervenue sur la situation sociale et politique. Elle a dénoncé la politique des banques, du patronat et de l’État, qui a conduit à la crise, et elle a proposé d’opposer au plan de sauvetage des banques un plan de défense des travailleurs, centré en particulier sur la question des salaires. Ensuite, Raymond Baroux, militant du NPA et militant syndical dans l’enseignement professionnel, a dénoncé la situation faite aux travailleurs localement, et il a présenté les résistances et les luttes au cœur desquelles sont engagés les camarades du NPA. Yvan Lemaitre a développé l’actualité du projet révolutionnaire, à partir de la faillite de la politique des dirigeants du monde. Un riche débat s’en est suivi : interrogation sur notre capacité à construire réellement du neuf, qui corresponde aux besoins des travailleurs, la nécessité pour les militants écologistes de prendre leur place dans cette perspective, les moyens de répondre aux capitulations syndicales afin d’aider les convergences… La soirée fut chaleureuse et unitaire et plusieurs camarades ont dit vouloir prendre leur place au NPA.

Île de la Réunion

À la Réunion, la droite a été défaite aux dernières élections municipales, mais au prix, pour la gauche, d’alliances glauques : à Saint-Denis, le PS a débauché des droitistes extrêmes, le Parti communiste réunionnais a poursuivi la gestion de l’île avec Sarko et l’Europe. Au point de soutenir le Modem à Saint-Leu, contre sa section locale (800 cartes). Ce sont cette section, emmenée par Nathalie, planteuse de cannes à sucre, et le Mouvement pour une alternative réunionnaise à l’ordre néolibéral (Maron) qui ont engagé le processus de lancement d’un NPA réunionnais. Le 25 octobre, malgré la coupe de la canne et la Diagonale des fous (140 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé… à pied !), une centaine de personnes ont participé aux premiers débats, fortement marqués par la revendication d’identité réunionnaise (niée pendant l’ère Debré et pendant des siècles d’esclavagisme) et la volonté internationaliste (en lien avec les exploités français et les peuples de l’océan Indien), en présence de militants culturels, associatifs et syndicaux. Les groupes vont se structurer aux quatre coins de l’île, afin de préparer manifestations et université d’été.

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