TRW Dijon-Longvic (21) : un an de lutte à pleine dents !

Mardi 18 mars, c’est par un gâteau géant aux couleurs du drapeau américain que les TRW ont « fêté » un an de résistance : un clin d’œil au numéro 2 américain de TRW de passage à Dijon.

Le groupe met en concurrence Italiens, Anglais, Français pour se désengager de l’Europe occidentale.

Un an d’une mobilisation multiforme
Le groupe (16 milliards de dollars) a un dividende frisant les 15 %. Il a enregistré 1,2 milliard de dollars de profits en 2012, et en recapitalisant à hauteur de 2 milliards de dollars a déclaré « seulement » 850 millions en 2013. Les salariés de TRW Pologne, majoritairement précaires (contrats à la semaine !), sont eux payés quatre à cinq fois moins en équivalent euros que les salariés français.
Le choix des salariés de Longvic a été de ne pas se mettre en grève et de garder un salaire : ils sont toujours payés et multiplient les expertises pour prouver la compétitivité du site et leur productivité.
Le fonctionnement en AG régulières, avec une circulation des infos par l’intersyndicale et la présence permanente des salariés, aboutit à une large implication dans les actions : 80 à 90 % d’entre eux vont aux manifestations, beaucoup suivent le blog... Mais l’absence d’un comité de soutien ne permet pas une solidarité large de la population.

La solidarité internationale fait peur aux patrons
Faire le tour des sites européens pour alerter les salariés a été très tôt un choix essentiel des TRW Dijon. Après Genk en Belgique, Schalke en Allemagne, Bielsko-Biala en Pologne, Shirley en Angleterre, c’est à nouveau à Bielsko-Biala que les TRW Dijon se sont rendus (près d’une soixantaine, soit 40 % des salariés du site). Ils ont rencontré et débattu avec des syndicalistes polonais de Sierpien 80 (Août 80).
Toutefois la délégation allemande de Schalke n’est pas venue (pression semble-t-il sur IG Metall). En Pologne, les intimidations de la direction, les vigiles et l’absence d’implication de Solidarnosc, ont dissuadé les salariés du groupe de venir au débat, même si des échanges isolés montrent la sensibilité des jeunes. Et toujours la présence policière : interdiction de diffuser des tracts à plus de 10 devant les usines, patrouilles permanentes...

Pressions sur les négociations
À la veille du voyage en Pologne qui s’est déroulé du 20 au 22 mars, le numéro 2 de TRW, à Dijon prétendait vouloir négocier. Son premier souci : demander l’annulation du déplacement à Bielsko-Biala... Dès la semaine suivante, nouvelle manœuvre : la direction poursuit pour entrave le CHSCT qui n’a pas donné d’avis à propos du PSE, faute d’éléments suffisants. Mais à 4 h 30 du matin, la direction téléphone au responsable syndical : elle renonce aux poursuites. En effet, elle est en tort car depuis le 15 mars, le mandat du CHSCT est terminé ! Cependant elle maintient le cap : fermer rapidement l’usine côte-d’orienne. Et ensuite à qui le tour ? Schirmeck en Alsace ?
En attendant, le PSE de Longvic est toujours bloqué et les propositions d’indemnités de TRW toujours rejetées par les salariés qui préparent de nouvelles actions.

Correspondant

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