"Tous ensemble", c'est possible... c'est maintenant !

L’annonce la semaine dernière de la fermeture éventuelle de l’usine Goodyear sera-t-elle le coup dur de trop ? Sera-t-elle le déclencheur d’une mobilisation du monde des salariéEs contre les licenciements et contre toutes les suppressions d’emplois ? Au moment où les enseignantEs grognent contre les mesures du gouvernement, où l'ensemble de la fonction publique est en grève, première journée de grève nationale contre ce gouvernement, c’est évidemment ce que nous souhaitons.

Même si du côté de la population, le climat social reste dominé par un sentiment d’impuissance, le fait est qu’il y a bien de l’écœurement et de la colère contre une situation de plus en plus insupportable. La bonne santé affichée des grosses entreprises, les milliards d’euros de profits, les fortunes des dirigeants, les records en bourse… tout cela fait beaucoup trop, alors que dans le même temps, Medef, gouvernement et spécialistes économiques en tout genre nous gavent de discours sur la priorité de la compétitivité et nous font la leçon permanente sur la rigueur budgétaire, les sacrifices à accepter, encore et toujours.

Pour une convergence des entreprises en lutte

Heureusement les bonnes nouvelles arrivent. C’est la grève déterminée des salariés à PSA Aulnay, après 6 mois de manœuvres et de baratins de leurs patrons. C’est aussi la rencontre plus que symbolique des salariés en lutte de PSA et de Renault devant l’usine de Flins. C’est encore ce meeting à Sciences Po Paris le 24 janvier réunissant des militantEs pour affirmer la nécessaire convergence des luttes. Il y a enfin cette initiative d’ex-salariées des 3 Suisses, licenciées il y a quelques mois et qui ont créé une association « Les Licenci’elles » permettant de continuer leur bataille en popularisant une loi interdisant les licenciements dans tous les groupes qui font des bénéfices.
Depuis des mois, par les manifestations et des rencontres, des équipes syndicales d’entreprises en difficulté affirment le besoin de se coordonner à la base, toute étiquette syndicale confondue, pour essayer de mettre en place un réseau de résistance. Ce « collectif » a organisé ce mardi une manifestation devant le ministère du Travail pour rappeler l’urgence et la nécessité de l’interdiction des licenciements. L’objectif est d’amorcer la construction d’une ­véritable coordination pour aider à la convergence. Toutes les occasions deviennent importantes pour créer et renforcer les liens, pour élargir ces réseaux. C’est ainsi que des contacts ont été pris avec les salariés en lutte de Sanofi, de Virgin ou d’Arcelor… avec la volonté de se soutenir et d’aller vers des actions communes.

La fonction publique en grève

La semaine dernière, les enseignantEs parisiens ont connu une journée historique avec 90 % des personnels en grève. Une manifestation massive a rappelé à ce gouvernement qui se veut le chantre de la consultation et du dialogue social le refus de sa réforme des rythmes scolaires, imposée par en haut et sur fond d'économie. Pourtant le gouvernement devrait se souvenir des années Allègre, celles où la colère enseignante s'est exprimée de toutes ses forces contre un gouvernement socialiste.
Jeudi 31, l'ensemble de la fonction publique est appelée à faire grève à l'appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU. Une première étape qui doit être la plus massive possible pour dénoncer l'austérité de gauche, qui tape autant dans le portefeuille des salariéEs de la fonction publique qu'au cœur même des services publics, avec la rigueur budgétaire et le refus de créer les postes nécessaires. Ce gouvernement ne veut même pas défaire la journée de carence que la droite a imposé aux fonctionnaires.

Public, privé : même combat !

Ces journées de mobilisations dans l’enseignement, dans la fonction publique sont aussi autant d’occasions de renforcer les liens et d'élargir les réseaux. Car un des enjeux de la période actuelle est bien là : réussir enfin la concrétisation du « tous ensemble » que nous chantons dans les manifestations et que nous espérons depuis des années. Il nous faut trouver maintenant les chemins pour construire une opposition populaire.
À l’heure où les confédérations syndicales se montrent bien incapable d’impulser la moindre action d’envergure, il y a, comme on dit chez nous, urgence de chez urgence à riposter dans l'unité. C'est une question de solidarité au sein de notre camp social, c’est aussi une question d’efficacité. Pour changer la donne, nous avons besoin de toutes nos forces. 
Construire et réussir cette coordination et cette convergence, c’est nécessaire, c'est possible…, c’est maintenant !

Philippe Poutou

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