À Toulouse, une liste avec des collectifs des quartiers populaires

Les municipales à Toulouse s’annoncent sans grande surprise : le maire sortant PS, Pierre Cohen, est donné vainqueur au second tour face à l’UMP Moudenc. Il faut dire que celui-ci n’a pas grand chose à proposer, sinon plus de sécuritaire : 150 policiers et 200 caméras de surveillance supplémentaires !

Pourtant, le bilan du PS et de ses alliés PCF, PG, EÉLV et MRC est loin d’être brillant : abandon de la promesse de gratuité des transports pour les moins de 26 ans, reconduction en 2011 du contrat eau avec Véolia, grands projets inutiles (ligne TGV Toulouse-Bordeaux, Parc des expositions, travaux du Stadium), politique du logement très en deçà des revendications des associations, non-résorption des emplois précaires municipaux, aides aux entreprises, etc.
Malgré cela, le PCF a reconduit son alliance avec le PS dès le premier tour. Alors que chez EÉLV et le PG, c’est le choix de l’autonomie au premier tour qui l’a emporté. Cette divergence tactique a provoqué au sein du Front de gauche une polémique publique entre d’un côté le PCF, et de l’autre le PG, CA-GA et la FASE.
Après une première prise de position publique en avril 2013, le NPA a été sollicité par ces derniers. Mais si la discussion a montré des convergences sur des points essentiels du programme local, il n’en restait pas moins deux points centraux de divergence : la nécessaire opposition aux politiques d’austérité du gouvernement, et l’indépendance complète vis-à-vis des partis gouvernementaux, au premier comme au deuxième tour des élections municipales.
Faire irruption dans le débat politique
Entre-temps, le NPA avait été sollicité par un collectif présenta dans les quartiers populaires nommé Issue des sans voix, regroupant pour l’essentiel des militants associatifs qui veulent porter dans le débat politique leurs revendications. Le fait de se tourner vers le NPA résulte d’une double démarche : la volonté d’élargir leur campagne au-delà des seuls quartiers populaires, et la confiance vis-à-vis du NPA dont ils apprécient l’absence de tout électoralisme, le refus des « petits arrangements » avec le PS, et l’engagement à leurs côtés dans les associations du quartier du Mirail. 
Des convergences réelles ont été actées : lutte contre les discriminations, services publics, logement, transports, antiracisme, mais aussi refus de fusion avec le PS au second tour. Si des questions restent en débat (la façon d’aborder l’emploi, l’articulation entre revendications locales et nationales, les formulations vis-à-vis de la politique du gouvernement), elles se discutent avec la volonté d’avancer, dans un climat mutuel de respect et de confiance.
Ce processus a conduit à la signature d’un protocole d’accord le 13 janvier : la liste « Toulouse en marche » sera présentée par Issue des sans voix, La République du Cœur (association de Chibanis), Force Citoyenne (collectif d’handicapéEs) et le NPA. Composée à parité entre NPA et les collectifs regroupés autour de l’Issue des sans voix, elle sera conduite par Ahmed Chouki, salarié de l’aéronautique, et représentée par quatre porte-parole, dont Hégoa Garay (comédienne intermittente du spectacle) et Yann Puech (cheminot) pour le NPA.
La soirée de lancement de campagne s’est tenue avec succès le jeudi 16 janvier (plus de 80 personnes), avec l’objectif de mieux se connaître, de présenter les axes centraux de la campagne, et surtout de créer une réelle dynamique collective. Reste maintenant la campagne publique qui peut bousculer la vie politique locale avant, pendant mais aussi au-delà des élections.
CorrespondantEs

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