Suicides au travail : une « mode » qui ne passe pas !

En septembre 2009, Lombard, à l’époque PDG de France Télécom, parlait de « la mode des suicides » alors que dans cette entreprise, ils ne cessaient de se multiplier. Abject ! Ce n’est malheureusement pas fini.

Malgré des lois, des accords dénommés « Qualité de vie au travail », malgré le « dialogue social », les projets, les rapports faits aux gouvernements successifs, rien n’a changé : les suicides des travailleurs continuent et les patrons sont toujours aussi odieux. Jusqu’à réaliser des procédures à suivre en cas de suicides, au cas où… 
Très récemment un travailleur de La Poste et un autre de Renault Cléon ont mis fin à leur jour. Pôle emploi, Thales, dans la police, chez les agriculteurs, parmi les travailleurs des hôpitaux, etc., dans la fonction publique ou le privé, la liste funèbre s’allonge. Et combien de malaises cardiaques, dépression, pétages de plomb, de vies volées ?

Le collectif pour résister
Individualisation, concurrence entre salariéEs « tous clients les uns des autres », colonisation de l’espace privé, management par la peur, culpabilisation… ont fragilisé et brisé les solidarités. La souffrance est vécu seulE, sans pouvoir lui donner de sens, dans l’épreuve solitaire du quotidien au travail, pour « malgré tout » faire du « bon boulot »...
Devenu des instruments, chacunE est conduit à douter de soi, à force d’évaluation sur les critères des managers et des financiers, en transformant l’aliénation en compétence, en aliénation participative...
Pourtant, « c’est dans la casquette de l’ouvrier que se trouve la cervelle du patron » et aussi dans celles des cadres, des employés et de tous les prolétaires. Déniant l’existence de la classe ouvrière, ils en dénient les souffrances, à force de « toujours plus » pour ceux qui se partagent les dividendes du mal-être. Ils voudraient nous rendre invisibles.
Renouons les liens au quotidien, au travail et dans les quartiers : échanger, faire des pauses ensemble, prendre le temps de discuter, sans laisser un collègue seul face à l’arbitraire, récréer nos collectifs et résister, contester, créer, manifester, occuper, lutter. Être !
Il n’y a pas de remède. La solidarité est une force, bien plus que les réunions de négociations dans le cadre d’un dialogue social qui n’existe pas et où les dés sont pipés. « Ne pas perdre sa vie à la gagner » n’est pas qu’un vieux slogan. C’est un acte de résistance dans le combat à mener, pour retrouver la santé, pour établir nos normes, pour que la vie l’emporte. 

Alain Jacques

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