Spectacle. La révolution au menu

Découvrez Paroles de mutins, le nouveau dîner-spectacle de la compagnie Jolie Môme, qui interprète également la pièce Faut pas payer jusqu’au 18 décembre.

Hissez le drapeau rouge, revoilà la compagnie Jolie Môme qui présente « un spectacle pour tous les insoumis, les damnés de la mer, les pirates ! »

Ici, toutes les tables portent des noms de révolutionnaires, le dîner est préparé par les copains bénévoles et il est servi par les acteurs en costumes de scène. On mange copieusement, et il y a toujours quelqu’un que l’on a déjà croisé en manif !

En pleine période marquée par les plans d’austérité des gouvernements européens, à l’heure des catastrophes écologiques et de la prolifération du nucléaire, alors qu’on assiste à la montée du racisme, des discriminations, de genre, de race, le sixième CD et le nouveau spectacle de la compagnie Jolie Môme sont placés sous le signe de la mutinerie, de la désobéissance et de la résistance.

« L’indignation c’est bien, la révolte c’est mieux », c’est la tonalité de ce spectacle de chansons populaires et engagées, où l’on passe de la Chanson de Craonne, interdite en France jusqu’en 1974, à l’Hymne des femmes, d’un hommage aux insurgés de Oaxaca au Mexique à une reprise pour le moins originale de la chanson de Duval MC Si tu vois le Père Noël. Les Jolie Môme font chanter la révolution sur fond de jazz, de fanfare, ils sont acteurs, danseurs, mimes mais avant tout militants. Contre la dette que l’on voudrait nous faire payer, contre la fermeture des services publics, pour des solutions rouges aux problèmes verts : les paroles sont engagées, les rythmes sont festifs et l’on est étonné de voir se dégager autant d’énergie sur scène.

À chaque spectacle, les luttes s’invitent à la Belle Étoile, une « guest star » façon Jolie Môme : syndicaliste, militant politique ou associatif, journaliste indépendant... Ce soir-là c’est Jean-Pierre Mercier, délégué syndical chez PSA Aulnay et militant chez Lutte ouvrière, qui vient raconter comment PSA, après s’être enrichi grâce aux subventions de l’État, prépare un grand plan de licenciements avec fermeture de site dès janvier 2012.

Mais la compagnie s’invite aussi dans les luttes et soutient régulièrement les piquets de grève, les procès des ouvriers, animant musicalement les résistances populaires. Elle a, par exemple, accompagné de nombreuses fois les salariés de Continental au tribunal.

Chaque année, Jolie Môme participe à de nombreux festivals et parcourt la France pour des moments inoubliables de théâtre de rue. La compagnie organise aussi son festival « La Belle Rouge  » à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme) en juillet.

On ressort des spectacles de la compagnie Jolie Môme comme d’une manif : revigoré, regonflé et prêt à continuer la lutte contre le capitalisme, parce que « vivre vieux c’est bien, mais vivre bien c’est mieux ! Parole de mutin ! »

À noter que la compagnie reprend aussi une pièce de Dario Fo, Faut pas payer, jusqu’au 18 décembre.

Linda Sehili

Plus d’infos sur www.cie-joliemome.org

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