SNCF : en grève jusqu’au retrait !

« Cette grève me paraît potentiellement dangereuse. Si elle était reconduite et entraînait des perturbations excessives dans le pays, je crois que le gouvernement, qui se trouve dans une position affaiblie, pourrait être tenté d’annuler la réforme » dixit Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, le jeudi 5 juin 2014...

Les cheminotEs sont en grève depuis le 10 juin à 19h. À l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas encore le pourcentage de grévistes, mais nous pouvons déjà dire qu’il reflétera le climat explosif qui existe à la SNCF depuis quelques semaines.
Le premier indice de ce climat a été la participation massive à la manifestation nationale du 22 mai : plus de 20 000 cheminotEs (dont beaucoup de jeunes) y ont participé, c’est-à-dire près d’un cheminot sur cinq (sans compter les cadres). Et depuis, dans tous les services et toutes les régions, la colère s’est exprimée massivement pendant la préparation de la grève : refus de la division de la SNCF en trois entreprises différentes et de la privatisation, refus de l’abrogation du RH 0077 (réglementation du travail à la SNCF) et de la dégradation des conditions de travail, mais aussi refus du sous-effectif permanent et des suppressions de postes, des bas salaires et du management agressif...
Tout cela démontre que les cheminotEs sont majoritairement en colère et prêts à se battre, et ce malgré les mensonges des médias, du gouvernement et de Pepy... En effet, malgré cette propagande patronale, ils savent que la réforme ferroviaire serait un recul historique tant du point de vue des droits des cheminotEs que de celui de la qualité du service public. Il n’y a rien à sauver dans ce projet de loi, c’est pourquoi il s’agit de se battre pour un objectif clair : le retrait de la réforme !

Décider, contrôler, se mobiliser pour gagner !
Pour cela, les grévistes ne devront compter que sur eux-mêmes : ce sera aux grévistes de diriger eux-mêmes le mouvement, en continuant la grève jusqu’au retrait, en mettant les états-majors syndicaux sous pression, en les empêchant d’aller négocier des aménagements de détail au projet de loi. Ces états-majors sont d’ailleurs reçus au ministère des Transports le jeudi 12 juin : aux grévistes des gares de la région parisienne d’y mettre leur grain de sel en prenant d’assaut cette réunion !
La réussite de la grève dépendra donc avant tout des grévistes eux-mêmes, et le pourcentage de grévistes ne suffira pas à gagner, si la majorité d’entre eux restent à la maison... C’est pourquoi la participation aux AG va être décisive, pour contrôler la grève, en votant  les revendications, les actions à organiser.
La direction va essayer de casser la grève en faisant rouler le plus de trains possible, notamment grâce aux cadres. Pour être la plus efficace, la grève devra donc réussir à diminuer ou même arrêter les circulations : cela dépendra du pourcentage de grévistes, mais aussi du nombre d’entre eux prêts à agir, à aller convaincre les non-grévistes de les rejoindre, à tenir des piquets de grève, à occuper les voies...
Dans le contexte politique et social actuel, la mobilisation d’un secteur significatif de la classe ouvrière, sur le terrain de la lutte collective et à l’échelle de tout le territoire, représente un espoir. Cela peut être le premier pas vers un embrasement qui pourrait se généraliser : à nous de mettre le feu !

Correspondants

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