Sida « Ce gouvernement nous désespère »

Aucun membre du gouvernement, aucun représentant du PS n'a participé à la marche du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida traditionnellement organisée par Act Up-Paris et soutenue cette année par 23 associations. Alors que l'an dernier, les candidatEs de la gauche ou leurs représentantEs étaient venuEs, cette année il n'y avait que quelques drapeaux du NPA.

Les dix années de gouvernement de droite ont été terribles pour la santé en général et pour la lutte contre le Sida en particulier, ajoutant aux politiques anti-sociales les politiques de répression et de stigmatisation des minorités.
Mais comme l'a dit au départ de la marche Cécile Lhuillier, co-présidente d'Act Up-Paris, « mettre en place ces politiques était criminel, ne pas les abroger l’est tout autant ». D'où le mot d'ordre, « Sida : ce gouvernement nous désespère ». C'est sans doute ce qui explique que certaines associations de lutte contre le sida, comme Aides, n'appelaient pas à la marche.

Promesses non tenus et premiers reculs
Il y a les engagements de campagne non tenus sur l'accès aux soins funéraires pour les séropositifs décédés, sur la réduction des risques de transmission en prison (seringues gratuites) ou sur la mise en place de salles de consommation de drogues à moindre risque. La poursuite des politiques de stigmatisation, de répression et d'expulsion des étrangerEs sans-papiers. Les lois non mises en œuvre qui ne demandent pourtant qu'à être appliquées, comme la suspension de peine pour les malades incarcéréEs. Et enfin déjà les reculs, comme sur l'aide extérieure ou sur les accords commerciaux, où le gouvernement choisit de renforcer ses partenariats commerciaux plutôt que de faciliter l'accès aux génériques dans les pays du sud.
Comme le disait Cécile Lhuillier, « la crise a bon dos, mais ne justifie pas tout. La lutte contre le sida, comme le progressisme et les avancées sociétales, ne demande pas des milliards, mais simplement du courage et de la volonté politique. »
La marche a mobilisé deux fois plus de monde que l'an dernier (entre 3 et 4 000 participantEs), signe que sur cette question comme sur d'autres, nous ne lâcherons rien et nous ne laisserons pas le terrain aux réactionnaires.
Denis Godard

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