Sécu et Santé : aller « plus vite »… vers la destruction ?

Au lendemain de la débâcle électorale du PS, François Hollande a annoncé un « pacte de solidarité » dont l’un des trois piliers serait « la Sécurité sociale, avec priorité donnée à la santé »... et a confirmé exactement l’inverse au cours de cette même déclaration.

Le Pacte de responsabilité est maintenu. Les patrons seront exonérés d’ici 2017 de 30 milliards de cotisations sociales, compensés par un plan de super austérité de 50 milliards d’économies sur la dépense publique, notamment dans la santé. Le président prétend « donner du pouvoir d’achat aux salariés » en réduisant les cotisations dites salariales : un pouvoir d’achat, apparemment créé par l’augmentation du salaire « net » obtenu par la réduction des cotisations « salariales », au détriment des cotisations sociales, la part socialisée du salaire qui sert à financer la Sécu. Ce que le salarié aura donc « gagné » d’un côté, il devra le reverser sous forme de réductions des prestations : déremboursements, franchises médicales, diminution des pensions de retraite et des allocations familiales… et augmentation des tarifs des complémentaires-santé, des taxes et impôts. Avec pour conséquence la mise à la trappe de la solidarité organisée par la Sécu et le recours à l’assurance individuelle. C’est un marché de dupes !

Un aveu quasi officiel : il faut casser la Sécu !
Les anticapitalistes l’expliquent depuis longtemps : l’objectif des contre-réformes est de détruire la Sécurité sociale. Un rapport (1) du Conseil d’analyse économique, un organisme placé auprès du Premier ministre et présidé par celui-ci, vient d’être rendu public. Il préconise de supprimer purement et simplement la Sécu en l’éclatant en caisses régionales concurrentielles. « Deux versions d’un système unifié » sont envisagées. La gestion pourrait être confiée aux Agences régionales de santé ou « à des assureurs en concurrence régulée ». L’État aurait pour tâche de définir un panier de soins, pour la couverture santé en ville et à l’hôpital. Et, hors hospitalisation, les soins en-dessous d’un certain seuil ne seraient plus remboursés, avec une dérogation pour les plus pauvres.
Sécu et santé vont donc être au centre du combat à mener. Pour le préparer et en montrer les enjeux, la diffusion de la brochure du NPA « la Sécu, elle est à nous ! » est un outil indispensable (2).

J.C. Delavigne et S. Bernard

1 – http ://www.cae-eco.fr/Refonder-l-assurance-maladie.html 
2 – En vente auprès des militantEs du NPA, à la librairie la Brèche (2 euros), par correspondance (3 euros port compris) à : NSPAC, 2 rue Richard-Lenoir, 93100 Montreuil.

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