Sans-papiers : l'égalité des droits, ça ne se divise pas

Alors que 2012 affiche un nouveau et triste record d'expulsions de sans-papiers, Manuel Valls continue de proclamer sa volonté de maintenir le cap qu'avait fixé Sarkozy. Cela rend d'autant plus important de développer la dynamique créée autour de la solidarité avec les grévistes de la faim de Lille pour coordonner les différents collectifs existants et élargir le soutien.
Dans ces circonstances,  la participation des collectifs de sans-papiers à la manifestation de dimanche pour l'égalité des droits est un pas en avant significatif dans la nécessaire convergence des luttes, illustrant l'hypocrisie du gouvernement lorsqu'il parle d'égalité des droits ou de lutte contre les discriminations.
Mis sur l'itinéraire de délestage alors qu'il était initialement prévu qu'il soit dans la première partie de la manifestation non loin des carrés de tête, ce pôle détonnait. Sa banderole de tête dénonçait la trahison socialiste et réclamait l'égalité des droits pour touTEs. Ce cortège, largement animé par des sans-papiers, scandait « mariage pour tous, papiers pour tous, c'est ça l'égalité des droits » et a rassemblé au moins 500 personnes : activistes LGBTI et féministes radicaux et radicales d'Act Up-Paris, du Pink Bloc, des militantEs de la Fasti, de l'ATMF, des collectifs de Sans-papiers de la CSP75 et de la CSP95, des membres d'AL, de la FA et du NPA et des manifestantEs qui voulaient tout simplement exprimer que l'égalité des droits « ça ne se discute pas, ça ne se divise pas, ça ne se débat pas ».
À l'arrivée, démonstration a été faite que des cultures militantes différentes peuvent s'additionner et pas s'annuler. Alors que Act Up lançait un die-in pour rappeler les morts du sida, les sans-papiers se sont accroupis en chantant « J'y suis, j'y reste, je ne partirai pas » !
Denis Godard

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