Retraites : ils votent le recul social

Pas de suspense ce mardi 15 octobre : les députés PS et radicaux ont voté l’allongement à 43 annuités de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite pleine et entière...
Les pseudo-compensations concernant le travail à temps partiel, la pénibilité ou les stages des jeunes ne compensent pas le recul général lié à cet allongement. Le report de la revalorisation du 1er juin au 1er octobre (sauf pour les « bénéficiaires » du minimum-retraite) pénalisera la plus grande partie des retraitéEs.

Une mobilisation pas à la hauteur
Évidemment ce ne sont pas les quelques milliers de manifestantEs, rassembléEs mardi devant l’Assemblée nationale  à Paris à l’appel unitaire de FO-FSU-CGT-Solidaires et dans une centaine de villes en région, qui risquaient de faire hésiter les godillots « socialistes ». Depuis le début de la pseudo-concertation, sous couvert de dialogue social, le gouvernement à largement bénéficié du soutien de la CFDT, de la CFE-CGC et de la CFTC. Mais, dans le même temps, l’acceptation de ce dialogue social par les directions syndicales se déclarant opposées au projet de loi a largement contribué au plombage des mobilisations. Certes, des équipes syndicales « à la base », voire des structures « intermédiaires », ont radicalement critiqué cette stratégie et se sont mobilisées clairement contre le projet du gouvernement.

Mais sur un fond de scepticisme fondé sur les défaites des dernières mobilisations et l’insécurité sociale alimentée par la montée du chômage, cela n’a pas permis de changer la donne. Les salariéEs guettent inquietEs que leur tombe sur la tête un plan de licenciement ou un accord de compétitivité aggravant les conditions de travail et bloquant les salaires.
À l’image du secteur hospitalier, ceux du public se battent pied à pied contre la liquidation de l’hôpital public. EnseignantEs et parents d’élèves bataillent contre un aménagement du temps scolaire qui cache la précarisation de l’emploi, la mise en cause du cadre national dans l’éducation, tout en aggravant les conditions de travail des enseignantEs et des études des jeunes.
Et le cirque électoral, dans lequel le Front national se taille la part du lion médiatique, au-delà de la mise en lumière de la pénétration du poison raciste, sécuritaire et réactionnaire, contribue aussi à évacuer de la scène la politique gouvernementale, entre autres sur les retraites.
Pourtant, tout n’est peut-être pas dit, tout n’est peut-être pas joué. À l’image des mobilisations qui se développent contre les accords de compétitivité, au vu des conséquences pratiques, l’aggravation des conditions de vie et de travail qu’elle va induire, la contre-réforme gouvernementale peut produire des effets différés de mobilisation. Les luttes évoquées ci-dessus en sont peut-être les prémices. Contre la réforme des retraites Hollande-Ayrault, la lutte continue.

Robert Pelletier

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