Renault : chantage à la fermeture

Ce mardi 29 janvier, au cours d’une 8e réunion de négociation, la direction devait remettre aux syndicats le texte de l’accord soumis à signature. Mais la semaine dernière, elle avait déjà présenté la dernière pièce de son dispositif de régression sociale. 
Après la mobilité forcée, l’allongement du temps de travail et les 7 500 destructions d’emplois, elle a annoncé le gel des salaires sous prétexte que l’évolution des rémunérations des salariés de Renault aurait « toujours été supérieure au marché en France », en faisant évidemment table rase des luttes et des rapports de forces qui expliquent cette situation. Concrètement, le constructeur a inscrit dans son projet d’accord la baisse du pouvoir d’achat, avec 0 % d’augmentation salariale pour 2013, 0,5 % pour 2014 et 0,75 % pour 2015.
Si l’accord n’était pas signé, Renault a explicitement menacé de fermer deux usines et de ne pas affecter des productions futures prévues pour la France. Ce que Ghosn a eu le culot de démentir en déclarant cyniquement : « Ce n’est pas une discussion sur des fermetures de site, c’est une discussion sur les conditions d’éviter un plan social en France ».
Résistance, convergence
Pour s’opposer à la signature de cet accord, de nouveaux débrayages devaient avoir lieu ce mardi et mercredi, avec l’objectif de faire monter d’un cran le niveau de la mobilisation. La semaine dernière, les débrayages et rassemblements organisés sur tous les sites Renault avaient été plus massifs qu’en décembre et début janvier. 
À cette occasion, l’événement le plus marquant aura été la venue de 200 ouvriers grévistes de l’usine PSA Aulnay, accompagnés d’une délégation de PSA Poissy, qui après avoir forcé une grille, 
se sont joint aux grévistes de Flins qui les attendaient. En faisant cause commune contre les licenciements et les accords de compétitivité, les grévistes d’Aulnay et de Flins ont fait la démonstration que la convergence des luttes de tous les travailleurs de l’automobile était non seulement nécessaire, mais possible.
Une étape importante qu’il va falloir renforcer au cours des prochaines semaines.
Régis Louail

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