Réussir les Etats Généraux du chômage et de la précarité !

Le 16 et 17 mai, auront lieu les états généraux du chômage et de la précarité, à l'initiative des organisations de chômeurs et précaires AC ! et Apéis. Le NPA en est partie prenante. Evelyne Perrin est coordonnatrice du Collectif d'organisations à l'initiative de ces états généraux.  

Que sont les objectifs des états généraux ?

Aujourd'hui, les chômeurs et les précaires sont les premières victimes de la crise. On recense entre 60 000 et 100 000 nouveaux chômeurs par mois. Les jeunes des quartiers populaires sont parmi les premiers visés car les intérimaires et les CDD ont subis des ruptures de contrat massives. Le chômage des moins de 25 ans a augmenté de 35,8% en un an, alors même que le RSA n'est accessible qu'à partir de 26 ans. Tout une partie des privés d'emplois se retrouvent sans rien pour vivre.

Nous pensons qu'il est urgent d'unir les forces associatives, syndicales et politiques pour proposer des perspectives de lutte collectives aux chômeurs et précaires.

Depuis trois ans, un collectif unitaire « pour des droits nouveaux »  se réunit déjà pour mutualiser les expériences et mener les luttes pour les droits des chômeurs. Il avait impulsé, en février 2008, une campagne contre la réforme du contrat de travail, et, plus récemment, contre la nouvelle convention Unedic qui réduit la durée d'indemnisation de l'assurance chômage. Avec les états généraux, il s'agit de poursuivre cette démarche, de rassembler les chômeurs, précaires et salariés pour définir de nouveaux axes de lutte et proposer des actions communes dans les mois à venir. 

Quels seront les axes développés ?

Plusieurs ateliers seront organisés : sur l'indemnisation, les différentes formes de précarité, le chômage et la précarité des jeunes, la précarité des femmes et le temps partiel contraint, la lutte contre les licenciements, la formation professionnelle et les la diminution des droits a y accéder. Ils devront permettre d’élaborer et de dégager des propositions d'action concrètes qui seront ensuite débattues en assemblée plénière. Un des enjeux est de faire le lien entre les luttes des chômeurs et celles des salariés confrontés aux licenciements. Cela n'a jamais été facile car les salariés refusent de se projeter dans une situation de chômeurs qu'ils rejettent. Pour autant, rien ne dit que ce soit insurmontable. Des salariés d'entreprises en lutte participeront aux états généraux, c’est déjà un premier pas important. La proposition du NPA d'organiser une marche sur Paris des salariés en lutte contre les licenciements me semble juste, cela pourrait être une perspective pour les mois à venir. Il faudrait alors que les chômeurs, les précaires et les mal-logés s'y joignent, ce serait une façon de réduire l'isolement des uns et des autres.  

Comment réaliser l'unité entre précaires et salariés ?

On peut beaucoup s'inspirer de ce qui a été fait en Guadeloupe, avec le LKP regroupant associations, syndicats et partis. Ce type d'unité doit permettre d'élaborer des plates-formes communes actives et radicales. Il y a bien sûr l'obstacle des directions des confédérations syndicales qui bloquent la convergence des luttes sur la durée, disent que la grève générale ne se décrète pas sans faire elles-mêmes grand chose pour la préparer.

Les partis politiques ont un rôle important à jouer pour ne pas laisser les luttes isolées. Ils doivent les aider, alimenter les revendications, être comme un poisson dans l'eau auprès de ceux qui combattent. Ce doit être un travail de tissage en commun et pas de délégation, ils doivent participer avec les salariés et chômeurs à l'élaboration des revendications, mais sans les surplomber. C'est comme cela que l'on pourra redonner une perspective politique aux luttes. 

Propos recueillis par Romain Bleibtreu 

Etats généraux du chômage et de la précarité, les 16 et 17 mai, Bourse du travail (1, place de la Libération à Bobigny), appelé par AC !, Apéis, Apnee, CIP-IDF, CNT ANPE, Collectif national pour le droit des femmes, Copernic, DAL, Marches européennes, Mouvement des quartiers pour la justice sociale, No Vox, Union syndicale solidaires, SNU-TEFI FSU Pôle emploi, Stop précarité, avec le soutien des Alternatifs, L'Appel et la pioche, la Fédération, NPA, MJS, Parti de gauche… Les personnes souhaitant envoyer leurs contributions ou assister aux états généraux peuvent écrire à agdesprecaires@gmail.com



 

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