Quatrième Internationale : une rencontre fructueuse

La Quatrième Internationale a tenu la réunion annuelle de son Comité international (CI), du 25 au 29 février à Amsterdam. Cette session a rassemblé 90 représentants de 44 organisations membres, sympathisantes, observatrices permanentes ou invitées de 36 pays du monde entier. La LCR était la section française de la Quatrième Internationale, et beaucoup de militantEs du NPA continuent d’être partie prenante de ce courant. Ainsi, une vingtaine de membres du NPA participaient à cette session à un titre ou à un autre (membres élus au CI, traductions, équipe cuisine…).

Nous avons pu apprécier l’attractivité actuelle de la Quatrième Internationale au nombre d’organisations nouvelles invitées à ce Comité international, en particulier du Bangladesh, d’Irak, du Mexique, d’Australie… La plupart d’entre elles veulent mieux formaliser leur lien avec un courant international qui a su maintenir vivant le principe d’une coordination démocratique de sections révolutionnaires, se liant à tout ce que le mouvement ouvrier et émancipateur a pu développer tout autour de la planète. Ainsi, des discussions ont eu lieu sur la demande d’adhésion à la Quatrième Internationale d’un courant trotskyste présent en Argentine, au Brésil, au Pérou, et au Venezuela.

Le premier volet de cette réunion était consacré à l’analyse de la nouvelle situation mondiale. Pendant une journée, les débats ont porté sur les dimensions financière, économique, sociale, écologique d’une crise qui voit un début de basculement du monde vers des puissances émergentes (Chine, Inde…). La crise aiguise ainsi les contradictions impérialistes : affaiblissement de l’Europe, offensive financière et redéploiement militaire des USA. Il s’agissait en même temps d’évaluer les résistances sur lesquelles s’appuyer pour changer un rapport de forces très difficile pour les classes opprimées. Une autre journée a permis l’analyse des dynamiques du processus révolutionnaire de la région arabe, avec des camarades venant de Tunisie, d’Égypte, du Maroc, du Liban et de Syrie.
Le deuxième temps fort a été le lancement d’une réflexion qui doit se poursuivre sur les tentatives de construire de nouveaux partis de gauche depuis ces 30 dernières années, lancés avec des fortunes diverses sur les ruines du vieux mouvement ouvrier : une journée pour revenir sur les expériences dans lesquelles nous sommes ou avons été partie prenante du PT au Brésil, de l’Alternative Rouge et Verte du Danemark, de Refondation Communiste en Italie, du Bloc de Gauche au Portugal ; et une demi-journée sur les dynamiques des nouvelles forces de gauche en Asie et l’intervention de la Quatrième Internationale.

Des réunions par grandes régions du monde et une réunion femmes ont ensuite travaillé à concrétiser les volontés communes, et ce Comité International a aussi permis de collectiviser le travail accompli au travers des Instituts de recherche et d’éducation liés à notre courant.

La réunion a adopté trois déclarations : l’une en solidarité avec le peuple syrien, la deuxième avec les femmes dans les révolutions de la région arabe (une déclaration de solidarité globale avec ce processus avait été adoptée l’an dernier) ; une troisième déclaration a été adoptée en solidarité avec les travailleurs de l’électricité au Mexique, en lutte depuis des années contre la privatisation et qui construisent un nouveau parti anticapitaliste dans ce pays.

Jacques Babel

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