PSA Aulnay : des grévistes toujours déterminés

Le 6 mars, les grévistes d'Aulnay auront atteint 50 jours de grève. Certes ils sont minoritaires, mais depuis la semaine dernière, des non-grévistes assistent plus nombreux aux assemblées générales, se joignant à certaines actions. C’est que ceux-ci voient se profiler un PSE vide, et des propositions de la direction peu rassurantes.
Comme les semaines précédentes, les grévistes ont multiplié les sorties de l’usine. Les collectes ont encore été fructueuses, signe d’une véritable solidarité rencontrée au péage de Saint-Arnoult, vendredi 1er mars, ou à la gare de Saint-Lazare la veille. C’est ce qui donne la pêche et a permis de distribuer une « paye » jeudi dernier. Avec 250 000 euros à répartir, les grévistes ont empoché moins que leur salaire, mais suffisamment pour continuer à se « battre comme des lions ! ».
Mercredi 27 février, après un rassemblement devant la Sécurité du territoire départementale où quatre d’entre eux étaient convoqués, les grévistes ont rejoint le Sénat… où était discutée la loi d’amnistie. Jeudi, petite délégation d’Aulnay pour soutenir les postiers du 92 à Versailles. Cette semaine, les rencontres avec d’autres boîtes en lutte ont été moins nombreuses. La convergence des luttes, de plus en plus nécessaire, est difficile.
De son côté, la direction de PSA pourrait bien laisser pourrir la situation sur Aulnay, déplaçant la totalité de la production de la C3 sur Poissy plus rapidement que ce qu’annoncé jusqu’à présent (2014). Le transfert d’ouvriers professionnels a déjà commencé, pas dans le cadre du PSE non encore signé, mais avec un avenant à leur contrat.
Élargir et approfondir la grève
Vendredi 1er mars s’est joué au tribunal de Bobigny un numéro révélateur. Alors que Sud PSA Aulnay avait requis une double assignation contre PSA, les syndicats FO, CGC et CFTC d’une part et SIA d’autre part se sont portés en soutien de la direction contre Sud. Précisons que ces syndicats s’apprêtent à signer le PSE… Mardi 5 mars, le tribunal de Bobigny s'est déclaré incompétent et a renvoyé les deux affaires devant le tribunal de grande instance de Paris. Pour Sud, il ne s'agit ni d'une victoire ni d'une défaite, mais la bataille judiciaire se poursuit. Le même jour, trois grévistes de la CGT ont été informés de leur mise à pied, ce qui porte à neuf le nombre de grévistes sanctionnés.
La récente visite du futur secrétaire général de la CGT, Thierry Le Paon, avec un discours centré sur la défense de l’industrie, ne compense pas la discrétion du soutien apporté par la confédération à la lutte. Les travailleurs d’Aulnay ne peuvent donc compter que sur leur mobilisation, mais aussi sur la possibilité – si ce n’est d’approfondir tout de suite la grève sur le site d’Aulnay – d’élargir vers l’extérieur, pour ne pas rester isolés et faire front avec les autres salariéEs en lutte.
CorrespondantEs

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