Portugal : vivre, pas survivre !

À l’appel de « génération fauchée », mouvement contre la précarité né sur Facebook, environ 300 000 manifestantEs sont descenduEs dans les rues portugaises, samedi 12 mars, pour protester contre la crise, le chômage et les plans d’austérité. Les revendications étaient claires : du travail, des conditions de vie décentes, et vite !
Avec un taux de chômage record de 10,8 %, le Portugal compte 620 000 chômeurEs, dont près de la moitié sont âgéEs de moins de 35 ans. Plus de 10 % ont un diplôme et la précarité touche plus de 2 millions de personnes. Un million de personnes sont payées avec des « reçus verts ». Il s’agit de travailleurEs avec un emploi permanent, un patron, un horaire et qui sont payéEs comme des travailleurEs indépendantEs prestataires. Ils peuvent être licenciéEs du jour au lendemain. Ils n’ont donc pas de congés payés, pas d’indemnités de chômage et doivent payer seuls leur assurance maladie s’ils en veulent une. Face au succès de ce mouvement, le Premier ministre socialiste, José Socrates, a déclaré « comprendre les angoisses » des jeunes, ce qui ne l’a pas empêché de renforcer, la veille de la manifestation, les mesures d’austérité.
Après l’Allemagne, le Portugal montre une fois encore que les travailleurEs, les précaires, les jeunes en ont ras-le-bol de payer la facture de la crise et d’être « sacrifiéEs » au prétexte de la dette.
Pour les classes dominantes européennes, il faut détruire acquis et conquêtes sociales obtenus ces dernières décennies. Du coup, une véritable « guerre sociale » est à l’œuvre aujourd’hui en Europe. Face à cette situation, l’enjeu est de coordonner les résistances au niveau européen pour construire une politique européenne internationaliste donnant la priorité à l’harmonisation par le haut des droits sociaux, à une politique qui fasse payer les capitalistes et les banquiers. Ces objectifs ne peuvent être atteints que par la mobilisation sociale et politique de millions de travailleurEs et de citoyenNEs et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements.

Sandra Demarcq

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