Notre-Dame-des-Landes : Après la répression, la réoccupation

Un quarantaine de cars venus de toute la France, un nombre incalculable de voitures arrivées tôt le matin et rangées sur des kilomètres le long des routes. Pari tenu : près de 40 000 personnes, venues de toutes les régions de France, ont manifesté dans le bocage nantais ce samedi 17 novembre.L’espoir des 10 000 manifestantEs attenduEs s’est vite révélé largement dépassé : alors que les premierEs manifestantEs atteignaient leur but, les suivantEs rejoignaient encore les points de départ. Les 200 tracteurs annoncés par la Confédération paysanne s’étaient multipliés : 400 tracteurs, dont certains chargés de matériel.
Trois heures de marche au milieu d’une foule resserrée, c’est ce qu’il a fallu au cortège NPA, avec notre porte-parole Christine Poupin et Olivier Besancenot, pour atteindre le lieu de réoccupation. Car cette grande manifestation avait pour objectif la reconstruction de la ZAD et, depuis samedi, cinq bâtisses préconstruites ont commencé à s’édifier.
Grâce à une multitude de savoir-faire et d’ingéniosités, de solidarités, de chaînes humaines pour apporter poutres, charpentes, tôles, paille, la reconstruction prend forme, pour le moment sur des terrains juridiquement à l’abri d’une expulsion.

40 000 indignéEs face au mépris
IndignéEs par l’ampleur des moyens policiers et militaires mis dans la destruction systématique des lieux de vie –maisons, cabanes et potagers– des occupants de la ZAD bien renommée « zone à défendre ». IndignéEs parce que tous ces moyens de répression, pris sur les fonds publics, sont mis au service de la multinationale Vinci, au détriment des investissements utiles à la population. IndignéEs par le mépris total d’une « social-démocratie » incapable d’entendre les centaines de milliers de voix qui s’élèvent. IndignéEs par l’obstination du gouvernement à défendre le projet-phare de son Premier ministre Ayrault.

Ayrault désavoué par la population
Lorsque les policiers étaient intervenus pour déloger les occupants de la forêt de Rohan, l’un d’eux avait réussi à scier la corde qui le retenait. Cet épisode résume à lui seul la manière dont Ayrault s’est coupé de sa base par cette répression massive : celle-ci a non seulement soudé toute une population aux occupantEs de la ZAD, pourtant largement diaboliséEs, mais elle a aussi servi malgré elle à faire connaître largement les arguments des opposantEs.
Une partie croissante de la population réclame désormais qu’on débatte du fond de ce projet, de sa prétendue utilité économique et des emplois qu’il est censé créer, du saccage de son environnement par la logique folle des métropoles conçues comme un instrument de concurrence, des fonds publics lâchés au seul profit de Vinci.

Contradiction au sein de l’écologie institutionnelle
La force du mouvement aura aussi révélé les contradictions d’EÉLV : alors que ses militantEs font partie des opposantEs historiques au projet, ses dirigeants locaux, Magnen et De Rugy, avaient d’abord dénoncé les « ultras » qui occupent la ZAD… avant de participer à la manifestation du 17, à grand renfort médiatique.
Il faudra d’autres batailles, et pas seulement juridiques, pour qu’enfin le PS cède. Tout indique, à l’heure où nous écrivons, que les policiers de Ayrault vont intervenir pour déloger à nouveau les occupantEs légitimes de la ZAD. Le NPA appelle dès maintenant à riposter et à préparer la manifestation prévue samedi 24 novembre.
CorrespondantEs NPA 44

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