Ni OTAN, ni Kadhafi, pouvoir populaire !

Allant au bout dans son délire de dictateur paranoïaque, Muammar Kadhafi qui pendant 42 ans ne cessa d’invoquer sa légitimité populaire et d’affirmer son affection pour le peuple libyen, termine sa carrière dans un bunker. Son armée et ses mercenaires se livrent à des massacres de masse, faisant plus de 7 000 morts, et occasionnant le départ du pays de plus d’un million de personnes.

La guerre civile menace et les combats avivent les rivalités tribales. Alors que les bombardements de populations des zones libérées continuent, il ose proposer au Conseil national de l’opposition de « négocier » pour lui, sa famille et ses proches une sortie « honorable » du conflit comprenant leur départ de Libye avec une « certaine somme d’argent garantie ».

Qui pourrait, même au nom d’un anti-impérialisme passé, au demeurant fort discutable, accorder la moindre solidarité à un régime qui assassine son peuple ? Nous devons sans ambiguïté dénoncer l’amicale bienveillance exprimée par Cuba et le Venezuela à la dictature libyenne et affirmer notre total soutien aux insurgés. Mais à l’heure où les rumeurs d’une possible intervention militaire extérieure sous l’égide de l’Otan se font insistantes, la tâche la plus urgente des anti-impérialistes et des anticapitaliste est de combattre sans hésitation toutes les positions qui viseraient à justifier, même pour des raisons humanitaires, une ingérence extérieure. Du Kosovo à l’Irak ou à l’Afghanistan, les opérations militaires de l’Otan se sont toujours faites aux dépens des populations et au profit de l’impérialisme.
Nous devons soutenir, sans réserve, les combattantEs qui affrontent avec courage l’armée de Kadhafi et affirment haut et fort, leur volonté d’en finir par eux-mêmes avec la dictature et de ne pas se faire voler la victoire. Nous devons saluer et populariser le formidable élan de solidarité dont fait preuve le peuple tunisien envers les réfugiés fuyant les zones de combat. Nous devons enfin exiger des gouvernements européens qu’ils mettent d’urgence en place des mesures de rapatriement et d’accueil pour tous les réfugiés, et amplifier notre combat pour mettre fin à l’Europe forteresse de Schengen.

Alain Pojolat

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