Marches des Fiertés : 2012 je vote... Et après ?

Le succès populaire de la marche parisienne des fiertés lesbiennes, gays, bi, trans (LGBT) ne s’est pas démenti cette année. Avec prés de 500 000 participantEs, cette manifestation demeure une des plus massives du mouvement social. 68 associations ont pris part à la marche et on a pu noter une réelle diminution de la présence des chars commerciaux.

Le mot d’ordre de cette année se voulait explicitement politique : « Pour l’égalité : en 2011 je marche, en 2012 je vote » et on peut regretter ce qui constitue un oubli des LGBTI étrangerEs qui n’ont pas le droit de vote, voire des LGBTI sans papiers parfois renvoyéEs dans des pays où la mort les attend. Le slogan sonnait donc comme un « Ne nous oubliez pas dans vos promesses électorales », thème repris jusque par GayLib, association liée à l’UMP.

Peu de slogans en lien avec l’homophobie ont été entendus (sinon dans le cortège de SOS-Homophobie et quelques autres) et en ressortant de cette marche, certainEs passantEs peu informéEs ont pu avoir l’étrange impression que les discriminations et les violences à l’égard des lesbiennes, gays, trans et bisexuelLEs n’existent plus. Pourtant, il y a un mois à Paris, une personne trans a été lynchée et laissée pour morte. Selon le rapport 2011 de SOS Homophobie, chaque jour quatre personnes sont victimes de l’homophobie.

Étrange atonie du mouvement associatif LGBT sur ce thème qui se laisse promettre le mariage et l’adoption comme solde de tous comptes par un PS trop heureux de s’en tirer à peu de frais.
Si personne ne conteste l’avancée symbolique que constituerait l’arrêt de l’exclusion des LGBTI du mariage et de l’adoption, seule une politique d’ensemble mêlant aspects éducatifs, sanitaires et sociaux permettra d’arrêter la brutalité homophobe quotidienne. Cela ne s’obtiendra pas en attendant sagement 2012 mais en se mettant en marche tout de suite, sur la base de ce que vivent les LGBTI et aussi en lien avec les autres oppriméEs et dominéEs, pour construire et imaginer de nouvelles vies et de nouvelles luttes.

Commission LGBTI du NPA

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