Marchandisation : suicide d’un militant pour l’internet libre

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz, génie de l’informatique et « hacktiviste » américain s’est pendu à l’âge de 26 ans. Accusé d’avoir « volé » des documents scientifiques il devait passer en procès en avril prochain et risquait jusqu’à 35 ans en prison et une amende d’un million de dollars.
En fait, de « vol » il s’agissait du téléchargement de documents sur un site du MIT (Massachussets Institute of Technology), un service d’archivage en ligne de publications universitaires et scientifiques accessible uniquement par abonnement. Le MIT et le procureur ont harcelé l’informaticien et militant. Pour ses parents, « la mort d’Aaron n’est pas simplement une tragédie personnelle (…) C’est le produit d’un système de justice qui a recours à l’intimidation et aux poursuites excessives. Les décisions qui ont été prises par le bureau du procureur du Massachusetts et le MIT ont contribué à sa mort ».
Depuis des années Aaron Swartz avait été un défenseur infatigable de l'internet libre et ouvert. En 2010 il avait fondé « Demand Progress » une association en première ligne dans la bataille contre les lois liberticides américaines SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act). Il était un contributeur régulier à Wikipédia. En 2008, il avait publié son « Manifeste de la guérilla pour le libre accès », un document percutant. « L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux », écrit-il en introduction, avant de poursuivre plus loin : « Les grandes multinationales (…) sont aveuglées par la cupidité. 
Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies ». Avant de conclure : « Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, (…) nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres ? »
Bonne question…
Ross Harrold

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