Listes anticapitalistes : de modestes résultats, des acquis à consolider

Construire des listes anticapitalistes a été dans bon nombre de villes où le NPA est présent l’occasion de rassembler toutes celles et ceux qui désirent se battre contre le gouvernement. Partout nous avons tenté de rassembler autour de nous, que ce soit en menant des discussions avec les composantes du Front de gauche, avec Lutte ouvrière (sans succès) et avec toutes les personnes désireuses de construire des listes anticapitalistes... 
 
Les débats au sein du Front de gauche, et les désaccords entre eux et nous, ne permettaient pas d’envisager un accord national pour ces élections, mais nombreuses sont les listes construites avec certaines de ses composantes, Parti de gauche, Ensemble, PCF et parfois des groupes Front de gauche. 
 
Banlieues rouges
Dans les grandes villes, les résultats ne sont pas au rendez-vous, que ce soit à Paris, Bordeaux, Toulouse, même si nos résultats sont supérieurs à ceux enregistrés lors des élections présidentielles de 2012. Mais, dans bon nombres d’autres villes, le NPA confirme son implantation, à commencer dans des villes populaires. 
Dans la banlieue bordelaise, des listes unitaires avec le Parti de gauche conduites par des éluEs NPA, comme à Cenon (10,83 %) ou Lormont (7,85 %), ont pu conserver des éluEs. Une camarade du NPA a aussi été élue sur la liste unitaire NPA-PG-Ensemble à Talence (8,62 %).
La banlieue rouennaise, où le NPA comptaient également quelques éluEs, confirme une implantation solide. Les scores dépassent 11 % à Sotteville-lès-Rouen (la liste se maintient au second tour) ou à Canteleu, avec Ensemble et le PG. Elle atteint 15,09 % à Saint-Étienne-du-­Rouvray où le NPA a monté une liste dont il est la seule force politique. 
Dans les villes de la banlieue parisienne, quelle que soit la configuration, les résultats montrent comme sur les grandes villes une progression de nos résultats par rapport aux dernières échéances mais sans rencontrer de scores élevés.
 
Des éluEs anticapitalistes en point d’appui
Gennevilliers (13,51 %, 3 éluEs) et Évry (6,60 %) font exception aux résultats en demi-teinte de la banlieue parisienne. Le NPA avait dans chacune d’elle un éluE, ce qui a permis d’aider à la construction de listes, à Gennevilliers (92) avec des militantEs associatifs, à Évry (91) avec des militantEs du Parti de gauche en dissidence. Malheureusement, comme à Évry ou à Pessac (33), beaucoup de nos éluEs n’ont pas été réélus, car au contraire de 2008 plus rares sont les villes où le PS passe dès le premier tour. 
Mais le travail de ces éluEs anticapitalistes porte ses fruits. En plus des camarades rééluEs dans les banlieues de Bordeaux et Rouen, nous conservons un élu à Saint-Pierre-des-Corps (37), dans un bastion communiste. Nous parvenons à nous maintenir au second tour à Gérardmer (88) avec plus de 12 %, et obtenons un très bon score à Chambéry après un meeting qui avait réuni plus de 180 personnes même si nous n'avons plus d'élu.
 
Du pôle ouvrier aux urnes
En Bretagne, le travail militant du NPA au sein des Bonnets rouges, en y constituant un pôle ouvrier, a payé. Matthieu Guillemot parvient à obtenir 13,07 % face à Christian Troadec et sera donc membre du conseil municipal de Carhaix (29). Les listes NPA-PG-Ensemble de Brest et Saint-Brieuc, autour de 9 %, s’inscrivent dans cette dynamique, dépassant les scores déjà honorables de la LCR en 2008. À Quimper, autre ville-symbole des Bonnets rouges, la liste NPA et FdG obtient plus de 5 %.
Quelques mois après la manifestation de Quimper qui nous avait opposés au FdG sur le positionnement par rapport au mouvement des Bonnets rouges, les résultats indiquent clairement que le NPA ne s’est pas trompé dans son implication et la construction d’un pôle ouvrier. C’est ainsi que, ce dimanche soir,  les résultats de nos listes ont été annoncés sous les hourras de sympathisantEs arborant le tee-shirt des Marine Harvest.
 
Des élections municipales au 12 avril et après…
Au-delà des résultats des listes anticapitalistes, des premiers éléments de bilan peuvent d’ores et déjà être tirés. Les militantEs NPA ont su débattre et rassembler autour d’eux sur la nécessité de construire une véritable opposition de gauche à ce gouvernement, y compris face aux caciques locaux du Parti socialiste et aux errements électoraux du Parti communiste.
Nous avons ainsi réussi à rassembler des milliers de personnes, sympathisantEs, anciens militantEs, pour militer, renouer avec le NPA ou dans des cadres plus larges. Pour la suite, ce travail est un sérieux point d’appui ,en particulier pour la préparation de la manifestation du samedi 12 avril, journée de révolte de gauche initiée par le NPA.  
Les sympathies rencontrées tout au long de cette campagne, les énergies déployées, ont impulsé, à notre niveau, une dynamique qu’il s’agit d’entretenir, de prolonger, d’armer politiquement pour contribuer à l’émergence d’une opposition anticapitaliste à ce gouvernement, seule façon efficace de contrer la montée de l’extrême droite.
 
Thibault Blondin et Yvan Lemaitre

Nos résultats : http://npa2009.org/elections

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