L'introduction du congrès par Myriam Duboz (CAN sortant)

Même si c'est aujourd'hui que nous allons fonder le NPA, l'aventure a commencé il y a déjà un an et demi, avec l'appel à se rassembler pour construire ensemble ce nouveau parti. 

Partout, qu'ils soient initiés par les militantes et militants de la LCR, par des militants qui n'en sont pas issus, partout à différents rythmes, des comités se sont crées, réunissant militants syndicaux, associatifs, politiques, mais aussi hommes et femmes pour qui le NPA est le premier engagement politique. Toutes et tous révoltés par les méfaits du capitalisme, par un système qui engendre des conditions de vie inacceptables. 

La première grande rencontre des comités a eu lieu ici même les 28 et 29 juin 2008. C'était la première coordination nationale des comités d'initiative pour un nouveau parti anticapitaliste. 800 délégués venus de tout le territoire, représentants quelques 300 comités, avec un écho politique et médiatique très fort. 

Ce fut un moment décisif où ensemble nous avons travaillé à produire un nouvel appel, réitérant notre volonté à nous adresser aux forces de gauche anticapitalistes, et à toutes celles et ceux qui veulent nous rejoindre, posant les bases d'un nouveau parti : l'anticapitalisme, l'écologie, le     féminisme, l'anti-impérialisme, l'anti-racisme, et l'internationalisme. 

Notre mission pendant ces deux jours était importante et les odres du jours furent chargés, en plus du nouvel appel il nous a fallu :

  • décider des échéances qui allaient jalonner le processus de construction

  • mettre en place un comité d'animation provisoire qui prenne en charge la naissance du NPA et le transfert progressif des tâches jusque-là assurer uniquement par la LCR

  • réfléchir à la mise en place de commissions, sur tous nos domaines d'intervention : l'écologie, le féminisme, les quartiers populaires, les lieux de travail

  • discuter du nom du futur parti, échanger sur les expériences locales des comités, des luttes, de la jeunesse, et continuer la campagne à mener pour faire connaître le NPA.

Ces rencontres de juin ont été notre premier succès, de par le nombre des comités représentés, la couverture géographique étendue, la grande diversité des parcours, des expériences, comme autant de richesse du NPA en formation, une nouvelle force politique. 

Depuis un long chemin a été parcouru, et même si ce congrès n'est qu'une étape, c'est aussi un aboutissement, une reconnaissance méritée de tout le travail réalisé par les comités. Des comités qui continuent à être crées et à se développer. 

Pour nous militants, les comités sont la base de notre organisation, nous permettent de nous réunir régulièrement, de débattre, d'échanger, de nous former, de créer des liens entre nous, d'être par là-même une force, d'être acteurs des luttes, de la résistance à opposer au gouvernement, de porter un projet de révolution sociale et réfléchir ensemble à un nouveau projet de société. 

Issu de ces mêmes comités, depuis juin, le Comité d'Animation National, le CAN, s'est réuni chaque mois. Là aussi les ordres du jour étaient toujours chargés pour organiser et structurer tous les aspects du nouveau parti :

  • les commissions, tous domaines confondus, qui sont un lieu privilégié pour élaborer la réflexion, la diffusion d'information et organiser nos actions

  • établir une grille d'adhésion, une carte de membre fondateur et au-delà aborder la question des finances

  • amorcer la réflexion sur notre système d'information : médias, presse, journal

  • créer un site web et un forum NPA avec toute une équipe très active qui a pris en le site, l'actualisation des infos, des vidéos, des articles, la gestion du forum, des demandes d'adhésion et de contacts, le lien avec les comités et toute la blogosphère du NPA

  • renouveler les appels aux forces de gauche, appels unitaire face à la crise, pour lutter contre la droite et Sarkozy

  • répondre à l'actualité sociale et politique, se faire l'écho des luttes, produire du matériel pour les campagnes : affiches, quatre pages, tract hebdomadaire

  • organiser les prochaines rencontres, le congrès, et tant d'autres tâches encore.

Pour assurer un suivi au plus près de tout ce qui devait être mis en place, un secrétariat provisoire, lui-même issu du CAN, s'est réunit chaque quinzaine, puis chaque semaine pour la dernière ligne droite avant le congrès. 

Nous étions conscients d'être dans du provisoire, de décider au sein d'une organisation un peu bancale, car non élue, avec des problèmes de légitimité, mais grâce à la confiance et à l'enthousiasme des militants nous avons essayé de faire au mieux. Réagissant parfois avec du retard, pour prendre le temps de la concertation, ou avec trop de précipitation, face à une actualité qui nous a débordée.

Enfin nous allons décider ensemble des instances dont nous allons nous doter et les élir. 

Au-delà de toute cette organisation, rappelons les temps forts qui ont jalonnés notre parcours :

  • la dernière université d'été de la LCR

  • la réunion nationale des 8 et 9 novembre des délégués NPA pour préparer ce congrès

  • la rencontre des salariés du privé, du public, des privés d'emploi, les 27 et 28 septembre à l'initiative de la commission entreprise de juin

  • d'autres rencontres nationales des commissions écologie, culture, jeunes, quartiers populaires, LGBTI (Lesbiennes, Gais, BI, Trans et Intersexe).

Enfin et ce n'est pas le moins important, temps forts aussi des luttes, contre la privatisation de la poste, le fichier Edvige, le pistolet Taser, la campagne pour une hausse des salaires, contre les licenciements, plus récemment les manifestations contre la guerre à Gaza, affirmant notre solidarité avec le peuple palestinien et dernièrement la grande grève du 29 janvier, qui nous l'espérons et nous y travaillons, aura des suites à hauteur de la situation actuelle. 

Et partout aussi des luttes, contre les licenciements, pour sauvegarder les hôpitaux, dans l'éducation contre les réformes, pour la défense des sans papiers et l'arrêt des expulsions, contre le nucléaire, contre les lois sécuritaires et la répressions de ceux qui résistent.

Partout, dans les usines, dans les entreprises, les boites, où les patrons profitent de la crise pour délocaliser et licencier. Partout où le gouvernement organise la casse et la privatisation des services publics. 

C'est lors de ces luttes et de ces manifestations que le NPA a fait ses premières apparitions : cortèges, banderoles, pancartes. Le NPA prouve qu'il est un parti qui agit, qui pousse à une coordination des luttes. Et tout cela en plus de tout le travail de construction et de préparation du congrès. 

L'aventure ne fait que commencer, pour nous militantes et militants le NPA c'est aussi beaucoup d'espoir et des attentes très fortes. Pour continuer dans la réussite de cette nouvelle force politique, nouvelle force pour changer le monde, appuyons-nous sur ce qui nous réunit, sur nos intérêts communs, qui doivent cimenter notre organisation, de lutte, de résistance et de revendication. 

Pour ouvrir ce congrès, nous sommes aujourd'hui 9123 adhérents répartis dans 467 comités (et ce sont les vrais chiffres !). Nous sommes 35% de femmes. Il y a une presque égalité entre les salariés du public et du privé, soit respectivement 53,6 et 46,4 %. Sans faire de hit-parade des comités, c'est à Paris, dans les Bouches du Rhône, en Haute Garonne et en Gironde que nous sommes le mieux implantés.

Mais précisons que dans les petites agglomérations, là où ne préexistaient pas la LCR, le NPA est souvent mieux implanté proportionnellement à une grosse agglomération.

Même s'il y a des disparités, nous sommes implantés partout, dans tous les départements.

Pour ce congrès nous sommes actuellement 630 délégués, mais sommes bien plus encore ici à la Pleine Saint Denis, car il faut ajouter à ce chiffre les délégations, les invités, etc...

Quelques chiffres encore : nous envoyons une newsletter hebdo à 11 667 inscrits, et en janvier sur le site NPA il y a eu 1558 demandes de contacts.

On peut prévoir sans trop se tromper une nouvelle vague d'adhésion importante après le congrès. Cela nécessitera de renforcer nos efforts faits pour accueillir ces nouvelles et nouveaux venus, pour animer les comités dans les quartiers, les boites, et renforcer la formation politique. A noter aussi que les demandes nous parviennent de plus en plus des milieux populaires touchés par la crise. 

Toutes ces activités, ces textes de congrès, ces chiffres, le nombre de militant, les participations aux luttent, prouvent, s'il en était encore nécessaire, la légitimité, l'importance et l'urgence de créer ce nouveau parti. Nous y sommes, et aujourd'hui nous sommes toutes et tous au NPA.

 

 

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