Lettre de Joe Glenton à Gordon Brown....

Joe Glenton est caporal dans l'armée britanique. Il a refusé de repartir combattre en Afghanistan et est accusé de désertion. Il passe en cour martial pour cela. Soutenu par la coalition "Stop the war", il a écrit une lettre publique au Premier ministre britanique motivant son refus.

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris en tant que militaire en service dans l'armée britannique afin d'exprimer mon point de vue et mes préoccupations sur l'actuel conflit en Afghanistan.

Ma principale préoccupation est le fait que le courage et la ténacité de mes camarades militaires soit devenu un outil de la politique étrangère américaine. Je crois que le fait immoral de tromper ces hommes et femmes courageux a provoqué des souffrances énormes non seulement aux familles des militaires de l'armée britannique qui ont été tués et blessés, mais aussi au noble peuple Afghan.

J'ai aperçu dans le peuple afghan les qualités, qui ont suscité aussi l'admiration pour le soldat britannique depuis longtemps. Qualités de solidité, d'humour, de détermination totale et de refus de faire un pas en arrière.

Toutefois, ce sont ces qualités, qui, je crains, continueront, des deux côtés, à motiver une situation de mésentente. Elles ne conduiront qu'à plus de souffrances dans nos deux communautés.

Je ne suis pas un général, ni un politicien et je ne peux pas prétendre avoir la maîtrise de la stratégie. Néanmoins, je suis un soldat qui a servi en Afghanistan, ce qui m'a donné quelques idées en la matière.

Je crois que quand les militaires britanniques mettent leur vie en péril au service de la nation, le gouvernement qui les envoie au combat est tenu de veiller à ce que la cause soit juste et bonne, à savoir la protection de la vie et de la liberté.

La guerre en Afghanistan ne réduit pas le risque terroriste et, loin d'améliorer la vie des Afghans, sème la mort et la dévastation dans leur pays. La Grande-Bretagne n'a rien à faire là bas.

Je ne crois pas que notre cause en Afghanistan soit juste ou bonne. Je vous implore, Monsieur, de faire rentrer nos soldats à la maison.

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