Le « troisième tour des marchés »

La polémique a fait long feu : menace de Sarkozy agitant le spectre d’une « sanction immédiate » des marchés en cas de victoire de Hollande ; riposte de ce dernier se faisant fort de les dompter, en commençant par interdire les nouveaux instruments spéculatifs sur la dette française. Le tout sur fond de confusion, le ministre des Finances François Baroin puis l’Autorité des marchés financiers (AMF) indiquant que personne n’en a réellement le pouvoir…

« Le duel Sarkozy-Hollande sous l’œil des marchés », comme le titrait les Échos lundi dernier, signifie tout simplement que ce sont bien les capitalistes qui décideront de leur politique, et finalement la crise elle-même qu’ils sont bien incapables de juguler jusqu’à présent.

Il n’y a en effet aucune illusion à avoir sur ce qui nous attend : ce qui se passe en Italie, en Grèce, au Portugal, en Espagne est un avertissement. Si nous y avons échappé, ce n’est pas parce que ces pays seraient plus faibles qu’une prétendue « France forte ». Mais parce que la France connaît actuellement une séquence électorale qui retarde de quelques mois la mise en œuvre de ces politiques.

La preuve en a d’ailleurs été donnée par le comparatif réalisé par Libération dans son édition du week-end. La priorité est la même pour les deux candidats : réduire les déficits à 3 % en 2013 et à 0 % en 2016 pour Sarkozy et 2017 pour Hollande. On peut certes trouver quelques différences dans les mesures proposées. Mais comme le soulignent les journalistes, un certain nombre de chiffres sont de toutes façons très peu fiables. 

Et surtout, l’ensemble de leur programme électoral repose sur une énorme imposture : le retour à une prétendue croissance forte à partir de 2014.

La vérité des prix, ce sera l’austérité renforcée tout de suite.

C’est donc un « troisième tour social » qu’il va nous falloir préparer : par l’unité de toutes les organisations qui sont prêtes à agir contre les politiques d’austérité, quel que soit le gouvernement. 

Voter Poutou, c’est nous donner ce mandat et les moyens de nous faire entendre pour le défendre dans les semaines qui viennent. 

Jean-François Cabral

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