Le PACS et après.... Déclaration de la commission LGBTI au congrès de fondation du NPA 

En dépit des miettes accordées par le gouvernement Jospin et l'apparente tolérance qui semblerait gagner la société française, l'égalité  des droits et la lutte contre l'homophobie reste un combat à mener.

Si le PACS fut un premier pas, il est moins la marque de la reconnaissance des couples homosexuels qu'un sous-statut pour des sous-citoyens et donc une marque de l'homophobie qui règne encore. L'égalité des droits passe par l'accès au mariage pour les couples homosexuels, le droit à l'adoption et la procréation assistée. Obtenir ces droits c'est aussi être en mesure de choisir, choisir de ne pas se marier, choisir de ne pas adopter ou de ne pas procréer et ainsi écrire une nouvelle page de l'histoire et avancer ensemble vers l'émancipation de tous et toutes.

Car l'histoire des personnes Lesbienne, Gay, Bi, Trans' et Intersexes est une histoire politique, celle de leur oppression et celle de leurs luttes.

Dans le sillage de mai 68 et de la révolte de Stonewall en 1969 au États-Unis, une contestation significative de l'ordre hétéro-patriarcal a vu le jour, articulant émancipations personnelles et collectives. Le développement de l’État-providence et des solidarités collectives, l’accès à des emplois correctement rémunérés et l'apparition de mouvements de lutte, ont créé les conditions d'une autonomie affective et sexuelle des individu-es, favorisant notamment l’affirmation des gays et des lesbiennes. Dans les années 1980, l’épidémie de Sida oblige à redéfinir les revendications LGBTI. L'émergence de la question de l’égalité des droits correspond au refus d'être traités comme des sous-citoyens.

L'histoire des LGBTI c'est aussi une bataille pour la reconnaissance. Ainsi, il n’y a pas de « nature » homosexuelle ou trans, ni de « gène » de l’homosexualité, mais des catégories historiquement construites et socialement définies, tant au travers des représentations hétérosexuelles et patriarcales dominantes, que des oppositions et à ces formes d'oppression pour les personnes s'écartant de la norme. Plutôt qu'une « nature » clairement définie, c'est une multitude d'identités qui existent, s'articulant dans l'interaction complexes des genres, des sexes et des sexualités, face au poids des oppressions, des discriminations et  des possibilités d'émancipation. 

Une question politique. 

Aujourd'hui en France, affirmer son orientation sexuelle est plus simple pour certain-e-s, même si l’hétérosexualité reste la norme dominante et en tant que telle une source de violences et d'oppression. Cependant, cette nouvelle « tolérance » ne renvoie pas les LGBTI à la sphère privée, cette question reste éminemment politique. Car comme pour la libération des femmes du joug patriarcal,  il en va de l'émancipation collective homosexuelle mais aussi hétérosexuelle.

La lutte pour l'égalité des droits, est une lutte a mener contre les forces réactionnaires organisées: partis et gouvernants. L'Etat se fait le garant de l'ordre moral, et les partis de gouvernement s'ils flattent l'électorat LGBT, se garde bien d'agir une fois au pouvoir, tenue par l'homophobie supposée de la France d'en bas ou bien par leur homophobie propre. Voilà pourquoi les luttes LGBTI sont à leur place dans un parti de gauche radical, sinon révolutionnaire.

Depuis quelques années si la communauté LGBTI est reconnue c'est surtout parce qu'elle est un marché à conquérir. Un marketing lui est destiné spécifiquement, il s'agit de flatter une partie de la population invisibilisée en la rendant visible, et de contribuer à faire émerger des éléments d'une culture spécifiquement gay ou lesbienne. La marchandisation des modes de vies LGBTI va bon train et ainsi des salons gays et lesbiens voient le jour. Un parti anticapitaliste conséquent se doit de se doter d'une analyse et d'un argumentaire sur cette problématique. Pour autant, cela ne signifie pas qu'il faille brandir hypocritement cette argumentaire pour ne pas participer à l'événement annuel du mouvement LGBTI que sont les marches des fiertés, qui réunissent plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année en France (dont 600 000 à Paris en 2008). En effet, beaucoup de camarades arguent de la présence supposée de chars commerciaux dans les marches pour ne pas y mettre les pieds, mais ils oublient que cette présence est ultra minoritaire et réservée aux bars, boites de nuit ou bien radios qui sont historiquement les vecteurs politiques de l'action LGBTI (révolte de Stonewall en 1969 à New-York). Par ailleurs, cet argument ne nous est jamais servi pour refuser la participation de la LCR à la fête de l'humanité, un autre rassemblement politico-festif sponsorisé par Nestlé, Ricard ou encore Kronenbourg. Pour d'autres ce serait la présence de la droite qui freineraient leur participation, mais si les chars de GayLib' (UMP) ou de Centrégaux (UDF-Modem) sont bien présent, leur parcours n'est pas de tout repos hués et conspués tout au long de la marche voire contraint à l'arrêt pur et simple pour l'UMP, par des groupes LGBTI radicaux. Par conséquent, ces groupes n'ont trouvé leur place que parce que l'extrême gauche n'a pas su garder la sienne et comprendre que les marches des fiertés sont les lieux d'expression d'un combat politique.

Les oppressions vécues par les personnes LGBTI sont multiples et diverses. Elles ont toutes cependant pour point commun d’être politiques, de s’appuyer sur des systèmes de domination dont elles sont tout à la fois les conséquences et les instruments. Ces oppressions n’ont rien d’inéluctables. Elles appellent la construction de résistances et de luttes collectives.

Il est urgent et nécessaire de s'atteler à la construction de nouveaux rapports de force pour conquérir de nouveaux droits pour enfin changer ce monde injuste.

 

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