LE FRET, VICTIME DE LA LIBERALISATION

Pour notre liste la défense du fret met le gouvernement et les institutions européennes face à leurs contradictions : prétendre défendre l’environnement tout en cassant le transport ferroviaire public. 

Le Grenelle de l’environnement avait décidé de freiner les projets autoroutiers, sauf ceux qui étaient déjà en cours de réalisation ou pour lesquels les décisions avaient déjà été prises. Au final, poursuite des projets autoroutiers et destruction du transport de marchandises par le rail. Cela s’inscrit dans un contexte où les attaques libérales du gouvernement français et des institutions européennes contre l’ensemble des services publics (santé, éducation, transports, etc.) provoquent de plus en plus rapidement des contradictions insurmontables. 
Les politiques de déréglementation et d'ouverture à la concurrence  concernant le Fret ferroviaire «libéralisé»et le transport des voyageurs sur les grandes lignes, politiques qui font suite aux décisions prises par les gouvernements européens depuis 1991, sont en contradiction complète avec les annonces «écologiques» du gouvernement Sarkozy et celles de la direction de la SNCF. Ce dernier, au fil des restructurations, dilue le service public de transport ferroviaire dans une holding purement capitaliste où la recherche du profit immédiat et maximum est la seule stratégie industrielle. La politique menée a pour conséquence première la disparition du transport ferroviaire par wagons isolés (jugé non rentable financièrement) qui va encombrer les routes avec 700000 camions de plus.

Les beaux discours sur le développement durable  et le Grenelle de l'environnement volent en éclats lorsque les intérêts financiers sont trop importants. Cette politique, aux conséquences écologiques désastreuses, est aussi une catastrophe sociale qui va supprimer à court terme 5000 à 6000 emplois de cheminots et mettre une pression supplémentaire sur les agents restants, afin de casser la réglementation du travail applicable et donc dégrader leurs conditions de travail. C’est un des aspects d’un récent rapport de la Cour des comptes qui «dénonce» les rigidités réglementaires qui occasionnent «des sur-coûts inacceptables». La SNCF réfléchit d’ailleurs aux possibilités de transfert de ses agents vers des filiales  comme VFLI ou des sociétés privées. Avec cette stratégie d'éclatement de l'activité la direction organise elle même sa mise en concurrence sur le rail avec Naviland Cargo et par la route (la SNCF est aujourd'hui le premier transporteur routier) ; de plus l'abandon des investissements laisse le champs libre à des opérateurs privés. Le dernier exemple en date est la création d’un Opérateur ferroviaire de proximité sur la région Auvergne, avec la disparition de 400 emplois de cheminots qui pourraient être reversés dans une société privée. La direction Marchandises SNCF-Geodis refuse de donner la moindre information aux représentants du personnel sur quoi que ce soit au prétexte du secret commercial.

La libéralisation provoque une dégradation de la sécurité de circulation, déjà mise à mal par la séparation de 1997 entre la SNCF et RFF (Réseau Ferré de France). De nombreux incidents, mettant en cause des sociétés privées ferroviaires fret, ont déjà été constatés et tus. À ce jour, il n’y a pas encore eu d’accidents graves, heureusement! Mais la politique du risque calculé à déjà montré sa dangerosité dans d’autres pays (Italie, Angleterre, etc.).

L'accident entre deux trains de marchandises en mai 2009 sur la ligne Paris-Bordeaux ou bien la catastrophe évitée de justesse en avril 2088 à Montauban nous rappellent  que rentabilité et sécurité sont difficilement compatibles.

Contrairement à Dominique Bussereau nous considérons que la libéralisation ferroviaire est la cause de la dégradation des conditions de travail et de sécurité des cheminots.

L'arrêt de la privatisation rampante de la SNCF, le retour sur la séparation entre RFF et la SNCF sont pour nous des préalables pour mettre en oeuvre une politique ambitieuse  du transport de marchandises par le rail. Il faut que la direction de la SNCF et le gouvernement  accordent leurs beaux discours avec leurs actes.

 

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