Le FMI et la Banque Mondiale sans fard en RDC

 

Les «annulations» de dette prononcées par le FMI et la Banque mondiale n’en sont jamais. Même si le pourcentage peut atteindre jusqu’à 90% de la dette totale, il s’agit toujours de n’effacer que la partie qui n’aurait de toute façon jamais pu être remboursée, moyennant de nouvelles «conditionnalités» et avant de nouveaux emprunts. Les allègements de dette visent en fait à prolonger ad vitam aeternam le cycle du remboursement. Ils sont par ailleurs conditionnés, dans le cadre de l’initiative PPTE (pays pauvres très endetté) notamment à un droit de contrôle du FMI sur les finances du pays concerné en matière de respect des dogmes libéraux et de «bonne gouvernance». Ce dernier critère est bien entendu un prétexte à géométrie variable: ainsi le Congo-Brazzaville, spécialiste de l’évaporation pétrolière s’est vu remettre un satisfecit. A l’inverse, son voisin de République démocratique du Congo, a vu le point d’achèvement de l’initiative PPTE plusieurs fois reculé. Il a dû notamment revenir en partie sur les gigantesques contrats conclus avec la Chine en échanges de matières premières. Lors de la dernière assemblée du G20 au Canada, le premier ministre canadien (dont le pays constitue aujourd’hui un paradis fiscal pour entreprises minière) a tenté de subordonner cette question au règlement du litige entre la RDC et l’entreprise minière KMT, dont le contrat léonin avait été rompu. On savait le FMI au service des multinationales occidentales: au moins maintenant c’est dit avec franchise

 

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