La grande bouffe

Le Président et le Premier ministre ont invité trente chefs d’entreprises étrangères à dîner dimanche 16 et lundi 17 février, afin de leur présenter les mesures prises par le gouvernement pour « simplifier » la vie des entreprises... On aura compris qu’il s’agit d’une série de cadeaux au patronat.
En entrée, le premier cadeau est le cortège de crédits d’impôts. Ayrault a expliqué : « tout ce que nous faisons sur la compétitivité, sur la simplification, sur l’amélioration de l’environnement réglementaire et fiscal ». Des largesses pour les plus riches alors que les impôts augmentent pour les plus pauvres et que le gouvernement projette de geler complètement les salaires des fonctionnaires. « L’amélioration de l’environnement réglementaire », c’est aussi la casse du code du travail, entre les accords compétitivité-emploi et l’attaque contre l’inspection du travail.
En plat principal, le deuxième cadeau est la réduction des cotisations sociales des patrons, avec le Pacte de confiance. Hollande a déclaré : « Nous avons réduit les cotisations pesant sur le travail que paient les entreprises pour les aider à restaurer leurs marges, pour embaucher et pour investir ». Résultat : cela fait des années que les cotisations des patrons sont baissées, que leurs marges augmentent bien… mais que nos poches sont vides, que le chômage augmente toujours et que la Sécu agonise.
Enfin, le dessert, raffiné, est la « simplification » des démarches pour que les « hommes d’affaires » obtiennent des visas, en quelques jours seulement. Hubert Védrine, de son côté, préconise, comme Sarkozy souhaitait le faire, de faciliter l’immigration des étudiants les plus qualifiés. Alors que Valls se félicite de ses succès en terme d’expulsion des sans-papiers, il s’agit d’une abjecte politique coloniale qui consiste à absorber les « cerveaux » et les financements étrangers, tout en virant les pauvres.
Le digestif était un indécent cirage de pompes quand Hollande et Ayrault ont déclaré être « heureux de partager avec vous et de discuter de la richesse de vos expériences ».
Refusons d’être les invités de ce « dîner de cons » en votant pour les listes présentées et soutenues par le NPA aux municipales et en construisant une manifestation nationale d’opposition au gouvernement le week-end des 12 et 13 avril.
Antoine Pelletier

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