La grève à PSA Aulnay : un point d’ancrage pour lutter contre les licenciements

Les grévistes ont profité de la semaine de lock-out pour s’organiser et imposer la grève des PSA Aulnay dans le paysage. Malgré les frimas, l’absence des transports habituels, chaque matin, autour de 300 grévistes (nombre 
de cartes de grève) se sont retrouvéEs à la bourse du travail d’Aulnay. 

Sous l’impulsion du comité de grève (CGT-SUD, quelques militants de la CFDT et des non syndiqués) et de ses commissions, les grévistes ont assuré la communication dans les médias, les prises de contact pour assurer les soutiens logistiques (auprès des mairies où résident les grévistes, des structures syndicales). Mais surtout les grévistes ont fait de la propagande active pour faire connaître la grève et solliciter la solidarité financière : péages d’autoroutes, centres commerciaux, gares, concessionnaires Citroën. La plus belle opération a été la rencontre avec les salariés de Flins mardi 22 janvier, date de la journée d’action chez Renault, qui venaient d’apprendre le chantage de leur direction : signature des accords de compétitivité ou fermeture de deux usines ! Après avoir ouvert la grille qui les séparait, la chaleur de la rencontre a boosté les PSA déjà bien remontés. Elle concrétisait pour des centaines de travailleurs les intérêts communs des salariés de l’automobile menacés par les deux bouts de la politique des constructeurs : augmentation de la productivité et suppression des emplois. Jeudi dernier, au meeting des luttes à Sciences Po, et vendredi à la Snecma Gennevilliers, les PSA ont continué leur tournée pour faire entendre leur voix et prendre contact avec les salariés en lutte. 
Contrer les attaques de la direction
Après plusieurs jours de fermeture de l’usine, la direction a commencé à développer son dispositif répressif, accusant les grévistes de dégradations et de violences contre les cadres et les huissiers ! Cela pourrait sembler ridicule, mais l’attaque est violente : 5 grévistes sont convoquéEs à la Sûreté territoriale (les sbires de Valls) pour menaces et violences, et mis à pied depuis ce lundi, avant entretien préalable à licenciement.
Lundi 28, l’enjeu était de relancer et étendre la grève, avec la réouverture de l’usine. Le challenge était important puisque la direction avait mobilisé, en plus des deux sociétés de vigiles, 200 cadres venus des autres usines du groupe pour « protéger » les salariés non grévistes. Avec toutes les raisons de se méfier des provocations dont PSA est spécialiste. Pari gagné ! Dans la journée de lundi, de nouveaux grévistes ont rejoint le mouvement et les cadres n’ont pas réussi à redémarrer la production.
Mardi matin, alors que 80 intérimaires se sont joints à la grève, les grévistes ont donné rendez­-vous devant le siège aux ex-salariéEs de Melun, licenciéEs suite à la fermeture du site et en lutte pour l’obtention de leurs droits. Une bonne nouvelle les attendait : la cour d’appel de Paris a annulé la procédure de PSE au motif que la direction n’avait ni informé ni consulté les institutions représentatives du personnel. Quoi qu’il arrive, la mise en œuvre du PSE chez PSA est reportée de plusieurs semaines. De quoi donner le moral pour se joindre aux salariéEs rassembléEs devant Virgin et au ministère du Travail (voir ci-dessous).
Correspondante

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