Imposer les allocations familiales c’est imposer encore plus d'austérité

Ces derniers jours diverses déclarations ont porté sur les allocations familiales, sous prétexte d’équilibrer le budget. Maladie, retraite, allocation familiale : aucune branche de la Sécurité sociale n'échappe au vaste chantier de démolition généralisée de cet acquis fondamental né du rapport de force de 1945. Il est préparé par une multitude de rapports et une vaste tentative de conditionnement de l'opinion publique.

Il s’agit en réalité d’imposer encore plus d'austérité et de baisser les salaires.

Les cotisations d’allocations familiales, comme toutes les cotisations sociales, font parties du salaire. Les patrons sont déjà exonérés des cotisations familiales sur les salaires jusqu’à 1,6 fois le SMIC (2288 € bruts) et l’Accord National Interprofessionnel (ANI) prévoit de nouvelles exonérations.

Vouloir imposer les allocations familiales (Bertrand Fragonard chargé d’un rapport sur les Allocations familiales en est un fervent partisan) c’est une ponction supplémentaire sur les salaires.

La proposition de mettre sous condition de ressources l'attribution des allocations familiales (un quart des prestations le sont déjà), ou de les plafonner, est refusée à juste titre par la plupart des associations familiales. Et quelle limite fixer ? Ce plafond baissera chaque fois qu’il faudra « faire des économies ». C’est préparer l’extension de cette mesure à l’ensemble de la Sécurité sociale et la transformer en un système d’assistance aux plus démunis, le recours pour le reste de la population devenant l’assurance privée.

Pour le NPA les allocations familiales doivent rester universelles, s’appliquer dès le premier enfant et être financées par les cotisations sociales dites patronales. C’est la fiscalité qui devrait permettre de réduire les inégalités. Mais actuellement celle-ci favorise les foyers les plus riches, notamment grâce au quotient familial qui doit donc être supprimé.

Montreuil, le 20 février 2013

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