IBM : "serial-destructeur" d’emplois depuis vingt ans

Le mercredi 24 avril 2013, l’annonce en Comité central d’entreprise d’un plan social de 1 400 suppressions d’emplois à IBM France n’est pas vraiment une surprise.
IBM France, c'est vingt ans de destruction d’emplois. En 1992, il y avait 24 000 emplois IBM propres et 8 500 pour les sociétés rachetées et « digérées ». À ce jour, il en reste 8 800, soit en vingt ans seulement 27 % maintenus ! Sur les 73 % supprimés, 69 % sont définitivement détruits et 4 % maintenus dans d’autres sociétés.
Il n'y a pas eu de plan social à IBM France. Depuis 2005, les suppressions d’emploi sont continues… mais le plus souvent hors de la légalité. Ainsi, fin 2009, la Direction départementale du travail et de l'emploi a bloqué les ruptures conventionnelles massivement pratiquées par IBM France. En 2012, c'est l'avalanche de vrais/faux licenciements pour faute grave, au préjudice des Assedic. Les pressions à la démission, le harcèlement pour pousser au départ après burn-out sont le lot quotidien des salariéEs d'IBM France, victimes de la « gestion » des « ressources humaines » par le stress. Et à ce jour, plusieurs suicides font l’objet d’enquêtes CHSCT.
Ni une nouveauté ni une surprise
Les 700 emplois à supprimer chaque année en 2013 et 2014 figurent en clair dans le plan Gestion prévisionnelle de l’emploi et des carrières. PSE ou non, c’est la seule inconnue qui reste…
Tout est clairement sous-entendu dans la « Roadmap 2015 » d'IBM. Un objectif : passer, en 5 années, le bénéfice par action de 11 $ US à 20 $ US. Une stratégie : se concentrer sur les pays émergents, en y concentrant les forces de travail (salaires faibles, mais fortes compétences), et en se spécialisant sur les secteurs à retour sur investissement massif et rapide. Il y a 20 ans, IBM était une entreprise intégrée, couvrant tous les domaines de l’informatique : composants électroniques, machines, logiciels, services. Elle a abandonné des secteurs rentables pour se concentrer sur les seuls services, et se transforme maintenant en « machine à cash ».
Ce plan de destruction massive n’est absolument pas justifié, vu les bénéfices réalisés ces dernières années. Il faut donc se préparer à lutter contre la destruction de l'emploi et de l'outil de travail, même si certainEs salariéEs y voient une opportunité pour quitter IBM.
Christian Agon

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