Hommages à Daniel Bensaïd

Gravement malade depuis plusieurs mois, notre camarade Daniel Bensaïd est décédé mardi 12 janvier.
Militant révolutionnaire depuis l’adolescence, il a été l’un des fondateurs de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), en 1966, puis l’un des animateurs du Mouvement du 22 Mars et un acteur du mouvement de Mai 68 avant de participer à la création de la Ligue communiste, en avril 1969.
Daniel Bensaïd a été longtemps membre de la direction de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Engagé dans tous les combats internationalistes, il a aussi été l’un des principaux dirigeants de la Quatrième Internationale, l’organisation internationale fondée par Léon Trotsky.
Il a activement participé à la création du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Philosophe, enseignant à l’Université Paris 8, il a publié de très nombreux ouvrages de philosophie ou de débat politique, animé les revues Critique Communiste et Contretemps, participé activement à la création de la Société Louise-Michel et mené sans concession le combat des idées, inspiré par la défense d’un marxisme ouvert, non dogmatique.

À l’initiative du NPA, tous ceux et celles qui souhaitent lui rendre hommage se retrouveront, dimanche 24 janvier, à partir de 14 heures à la Mutualité, (Paris), une salle que Daniel connaissait bien pour y avoir, depuis plus de 40 ans, tenu de nombreux meetings…


« Aux antipodes de tout dogmatisme »
Les mots sont dérisoires pour exprimer notre chagrin et nos pensées qui vont à sa compagne, Sophie.
Les mots, lui, Daniel savait les trouver pour exposer clairement une idée complexe, la rendant aussi imagée que son accent toulousain. Sa vie durant, Daniel fut un combattant, jusqu’au dernier jour, même face à la maladie qui le rongeait. Il humanisait le militantisme. Il avait soif de confronter et d’expliquer son point de vue. Il donnait envie de comprendre, et d’agir, encore et toujours, sur le monde injuste contre lequel nous nous révoltons. Avec lui, le marxisme devenait limpide, car il le rendait vivant, en constante remise en question, aux antipodes de tout dogmatisme. À contre-courant des idées triomphantes des années 1990, avec leur cortège de renoncements à gauche, et alors que les idées communistes, sans distinction, étaient mises en procès, Daniel a su défendre nos principes politiques. Grâce à sa pensée, nous avons pu nous revendiquer encore fièrement du communisme.
Daniel était tout-terrain. Il participait aux colloques, aux manifs, aux rassemblements internationaux, aux réunions de quartiers ; il était aussi gourmand de discussions en tête-à-tête. Les yeux pétillants, il t’invitait alors dans son univers, celui des idées, des filiations historiques et des polémiques philosophiques contemporaines. Lorsqu’il devinait chez moi de l’incompréhension, alors il souriait, de son petit rire, puis il faisait semblant de passer à une autre idée pour me réexpliquer la même, mais différemment. Daniel était accessible parce qu’il était généreux. Même dans les derniers temps, il demandait d’abord des nouvelles des autres. Internationaliste, il détestait toutes les frontières : géographiques, celles qui séparent les mondes manuel et intellectuel ou éloignent les générations. Du coup, la différence d’âge n’avait pas d’importance entre nous.
Sans nostalgie, Daniel a participé activement à la création du NPA, car il conjuguait son militantisme au présent. Lors de la dernière mobilisation universitaire, je me souviens de ses mots : « Ça donne envie d’y croire ». Tu nous as donné envie d’y croire, Daniel. Aujourd’hui, plus encore.
Olivier Besancenot

« Le plus jeune des vieux de la LCR »
Nous sommes encore sous le choc. Trop, peut-être, pour nous imaginer que nous ne verrons plus Daniel et son sourire embarrassé, que nous ne pourrons plus entendre les accents de sa voix toulousaine.
De partout, de France comme du monde entier, les messages de sympathie, de tristesse et d’hommage nous parviennent. Daniel n’en reviendrait pas, il n’aurait pas aimé tant d'éloges…  Et pourtant, ils affluent de tous les continents et de tous les milieux : révolutionnaires, syndicalistes, intellectuels, journalistes, artistes, militants et militantes du quotidien. Chacune et chacun se souvient d’un livre, d’une aide militante, d'un exposé, d’un sourire.
Allier la pratique à la théorie, il savait faire : passer du service d’ordre de la LCR à l’écriture de résolutions sur ses objectifs stratégiques pour un congrès, sans oublier un coup de chapeau à Walter Benjamin, un clin d’œil à Jeanne d’Arc, un coup de patte aux « nouveaux philosophes », un moment à la direction de la trésorerie ou la commission d’organisation de la Ligue, plus tard aux réunions de son comité NPA de quartier avant de préparer, quelques jours avant de nous quitter, le forum du 23 janvier sur le communisme organisé par la Société Louise-Michel.
J’ai oublié qu’entre temps, il avait écrit un livre de « vulgarisation » sur Marx… et qu’il avait fait un voyage au Brésil, pays dont il s’était occupé longtemps pour la Quatrième Internationale dont il était un des dirigeants.
C’était cela Daniel, un tourbillon, avec sa curiosité, sa gentillesse, son ironie, sa culture et sa simplicité. Il dévorait les livres et publications et pouvait écrire du plus simple au plus ardu avec, parfois, des notes bibliographiques qui laissaient pantois bon nombre de ses lecteurs.
Le plus jeune des « vieux » de la LCR par l'esprit avait été un fervent partisan de la construction du NPA. Avec son refus du dogmatisme et de la langue de bois, son écoute permanente des autres, mais aussi sa fermeté dans la défense des valeurs, il n’a rien lâché, ni rien abandonné de son enthousiasme révolutionnaire.
Daniel nous rendait heureux, intelligents et confiants. Alors pas de larmes, on continue.
Alain Krivine

Extraits de "Une lente impatience"


Daniel ne s’est pas contenté d’écrire : il a été de tous les combats essentiels des dernières décennies, en France comme aux quatre coins de la planète. C’est pourquoi, pour lui rendre hommage, nous avons choisi de publier ici, avec l'autorisation de l'éditeur, des extraits d’Une lente impatience, paru en avril 2004 (Stock, Un ordre d’idées, 478 pages, 23,80 euros). Parce que, de tous ses livres, c’est celui où, revenant sur son itinéraire, Daniel s’est le plus livré…

« Longtemps, j'ai hésité à écrire ce livre, qui inscrit une trajectoire personnelle dans les avatars intellectuels et politiques d'une génération. Il y a toujours quelque impudeur à se dire, ou quelque ruse. Et je n'ai guère de goût pour les aveux et pour la confession. Il y a aussi le risque à raconter ses souvenirs, de chaparder ceux des autres et de s'approprier indûment une expérience partagée. »

« La fidélité a un passé. Il n'est jamais certain qu'elle ait un avenir. Bien des amis, lassés sans doute d'avoir dû brosser l'histoire à contre-poil, ont fait la paix avec l'ordre insoutenable des choses. »


Militant

«  Engagé intellectuel ? Et pourquoi pas simplement militant, sans nul privilège d'expertise, sur un strict pied d'égalité citoyenne. Si la politique n'est ni un métier ni un savoir particulier (comme celui de l'architecte, du menuisier ou du cordonnier), s'il est vrai qu'en démocratie la compétence politique est la somme algébrique des incompétences individuelles, alors le sociologue, le physicien, le biologiste, le philosophe, lorsqu'ils prennent position, ne comptent que pour un parmi les autres ; leur qualité professionnelle ne leur confère aucune autorité hiérarchique sur la vie de la cité. »

« Intellectuel engagé ? Engagé à quoi ? Il n'y a pas d'engagement tout court, indéterminé, sans adjectif, mais des engagements spécifiques. Il ne s'agit pas de se vouer à tel ou tel fétiche, d'épouser une cause sublime, mais de s'irréconcilier avec le monde tel qu'il va. Si ce monde n'est pas acceptable, il faut entreprendre de le changer. Sans certitude d'y parvenir, cela va de soi. On ne coupe pas à cette logique. »
« Je n'ai pas le sens religieux de la souffrance rédemptrice. Je n'ai jamais conçu mes engagements comme une ascèse ou une réparation. Je n'ai jamais prononcé des vœux de pauvreté ou de chasteté intellectuelle. Jeune communiste, j'ai aussitôt pris en aversion la bigoterie bureaucratique des prêtres staliniens et sa réplique maoïste. Les jeunes gardes rouges à la française, psalmodiant la pensée du Grand Timonier, m'étaient odieux. Insupportables, ces moinillons faisant don de leur personne à la Cause (du peuple ou du prolétariat). La Cause ? Il ne m'est jamais venu à l'idée de sacrifier à ces idoles ventriloques. Militer est le contraire d'une passion triste. Une expérience joyeuse, malgré ses mauvais moments. »

« Transmettre ? Quoi ? Et comment ? Les héritiers décident de l'héritage. Ils font le tri, et lui sont plus fidèles dans l'infidélité que dans la bigoterie mémorielle. »

« Bien sûr, nous avons eu davantage de soirées défaites que de matins triomphants... Et, à force de patience, nous avons gagné le droit précieux de recommencer. »
 
Espagne antifranquiste


« À Pâques, je fis mon premier voyage conspiratif à Barcelone. Au petit jour, ces noms de villages catalans défilèrent comme autant de lieux hantés par les personnages fantômes des Sept dimanches rouges de Ramon Sender, ou des romans d’Arturo Barrea ou de Juan Marsé. Muni d’un manuel d’Espagnol en 90 leçons et de quelques exemplaires de Mafalda, je m’efforçais de raviver mes souvenirs de conjugaison latine et de maîtriser le maniement de ser et d’estar. […] J’avais rendez-vous dans un bar obscur du Paseo de Gracia. Tout droit sorti des pages de l’Espoir, un petit moustachu se présenta comme « Augustin ». C’était un jeune ouvrier métallurgiste, noiraud et teigneux, semblable à ceux qui apparaissent dans les bandes d’actualité de mai 1937, vêtu d’un mono bleu et d’un béret, la cigarette aux lèvres et le doigt sur la gâchette, défendant la Telefonica de la Plaza Cataluna. »

Leçons d’Argentine

« Ma mission initiatique en Argentine m’a vacciné contre une vision abstraite et mythique de la lutte armée. J’y ai constaté que les armes ne sont pas une frontière infranchissable entre réforme et révolution et qu’il peut exister un réformisme armé : la longue histoire du populisme latino-américain en offre maints exemples. Sous l’impact de la révolution cubaine, la lutte armée a pu apparaître comme une ligne de partage des eaux. Elle ne définissait pas pour autant une stratégie. »

Soixante-huitard ?

« Assez de ressassements soixante-huitards, de glu générationnelle, de souvenirs de chambrée sublimés en plus bel âge de la vie. On en a trop dit, et trop fait. Une montagne, de ce qui fut un pli ou une bosse sur une morne plaine, mais point une cime historique s'élançant à l'assaut du ciel. Nous ne sommes pas nés en 68, et nous ne sommes pas otages de cette naissance imaginaire... Plus sobrement, nous parlions de « répétition générale ». C'était encore exagéré, sans doute. Mais certainement moins délirant que les envolées lyriques des futurs ex-nouveaux philosophes. […]
Avec le poids des ans, de renégations en compromissions, les rebelles d'hier recyclés dans le rose bonbon et le vert pâle, ou reconvertis dans la pitrerie médiatique, en étant rendus, réduisant l'événement politique à un banal dépit amoureux ou à une grosse blessure narcissique, à considérer leur propre émoi de jeunesse avec la condescendance attendrie de l'âge mur et adulte, adultement vieillis et mûrement rancis. »

Afghanistan

« À force de finasseries, nous nous sommes cependant pris les pieds dans le tapis afghan des subtilités dialectiques. Nous dénoncions l’intervention soviétique comme réactionnaire, mais nous ajoutions aussitôt que le conflit changeait d’échelle. […] Invoquant, fort mal à propos, les textes de Trotsky sur l’invasion de la Finlande par Staline, nous refusions de reprendre le mot d’ordre de retrait immédiat des troupes soviétiques défendu par une minorité de l’Internationale. Une réunion organisée par la Ligue à la Mutualité m’a laissé le plus amer souvenir de toutes mes prestations oratoires. Un meeting est une sorte de dialogue entre la tribune et la salle. Loin de s’adresser à une masse muette, l’orateur distingue des visages, interprète des mimiques et des silences, croise des regards dans lesquels se lisent l’approbation ou la perplexité. À mesure que je m’enlisais dans les méandres de notre argumentation, j’ai senti, ce soir-là, s’abattre sur l’assemblée un voile d’incompréhension. Des points d’interrogation récalcitrants semblaient s’allumer et clignoter au-dessus des têtes. Pour la première fois depuis 68, le courant ne passait vraiment plus. »

Comprendre

« Au seuil des années quatre-vingt, il était clair que la lutte finale n'était pas pour demain, ni même pour après-demain. Face à la triple crise (théorique, sociale et stratégique) des politiques d'émancipation, alors que s'éteignaient les lampions de 68 et que s'éloignait le crépitement des armes, le temps était venu de (re)lire Marx. Non dans la piété d'un éternel retour aux textes fondateurs, mais comme un détour nécessaire vers notre présent, par des chemins buissonniers, sur lesquels on pourrait croiser des compagnons ignorés, découvrir des affinités électives et des attractions astrales déconcertantes. »

Juif


« Internationaliste athée, je ne me suis jamais senti juif ni par la race, ni par la religion, ni par la langue. Je le suis resté, dans une certaine mesure et jusqu'à un certain point, par solidarité inconditionnelle, non vers un État périssable, mais envers ceux et celles qui furent persécutés sous ce nom. Par l'histoire, en somme. Aux antipodes de l'immobilité sans histoire, revendiquée aujourd'hui par les nouveaux mystiques, pour qui tout est là depuis le début, de toute éternité. 

« J’ai dû hériter de cette appartenance négative. Je n’avais aucune idée de Kippour, de Pessah ou de la fête des bougies. Mais la consigne parentale était stricte : ne jamais laisser passer un propos antisémite sans réagir. Mieux valait risquer un mauvais sort que céder sur ce principe. »


Chute du Mur

« À l'automne 1989, le mur de Berlin est tombé dans un grand fracas historique. Champagne et Alka-Seltzer ! Champagne, pour célébrer la mort d'un cadavre dont la décomposition corrompait depuis longtemps l'atmosphère. Alka-Seltzer, parce que les gravats du mur ne nous épargnaient pas. Bien qu'ayant combattu dès la première heure le stalinisme et ses avatars, nous ne sortions pas indemnes d'une défaite du mouvement ouvrier et de ses grandes espérances. Qui peut encore croire que l'Histoire, tel saint Louis sous son chêne, finira par rendre justice ? »

« La triste fin du xxe siècle restera un temps de noces de cendre et d'événements sans rayonnements. La mort proclamée du communisme ne fut en réalité que la deuxième mort d'un cadavre, depuis longtemps décomposé. Quel est-il au juste, ce cadavre ? Quel vide laisse-t-il derrière lui ? Et si le parasite bureaucratique ne disparaissait qu'après avoir rongé laborieusement jusqu'à l'os le corps qu'il a laborieusement détruit ? C'est toute l'ambiguïté et toute l'énigme de cette mort à double détente : aussi loin qu'on se retourne, on ne peut plus évoquer désormais un bon vieux temps sur lequel soupirer. »

« Quand les lignes stratégiques se brouillent ou s'effacent, il faut revenir à l'essentiel : ce qui rend inacceptable le monde tel qu'il va et interdit de se résigner à la force aveugle des choses. Ce mélange explosif de rationalisation partielle et d'irrationalité globale croissante. La malmesure et le dérèglement d'un monde détraqué. C'est pourquoi le monde reste à changer, plus profondément encore et avec encore plus d'urgence que nous ne l'imaginions il y a une quarantaine d'années. Le doute porte sur la possibilité d'y parvenir, non sur la nécessité de le tenter. »


L'épreuve de la maladie


«  Au seuil des années quatre-vingt-dix, des devins imprudents crurent pouvoir proclamer la fin de l'histoire, faire du capitalisme libéral l'horizon indépassable de tous les temps et célébrer l'avènement de l'éternité marchande. L'histoire n'a pas tardé à se rebiffer. Et la terre s'est remise à trembler. Le cri zapatiste du 1er janvier 1994, les grèves de l'hiver 1995 en France, la manifestation de Seattle en 1999 sont bien le signe d'une inflexion, si ce n'est d'un retournement. Comme un convalescent qui fait ses premiers pas hésitants, l'air du temps reprend des couleurs...
Ces années de renaissance furent, pour moi, celles de “ l'épreuve capitale de la maladie ”... Se savoir mortel – nous le savons tous plus ou moins – est une chose. Une autre d'en faire l'expérience et d'y croire pour de bon. Les proportions et les perspectives temporelles s'en trouvent modifiées. Les spéculations sur le lointain deviennent futiles. Le présent revêt au contraire de nouveaux reliefs. Il atteint une sorte de plénitude. On cherche à vivre dans l'instant, selon l'inspiration et l'envie. De la mort elle-même, au demeurant, il n'y a pas grand-chose à dire, si ce n'est qu'avec elle on ne se réconciliera jamais. Sa place est dans le bric-à-brac métaphysique, aux côtés de l'infini et de l'éternité...
Faute de pouvoir agir et voyager à ma guise, écrire est devenu l'expression privilégiée de cette condition spectrale. Je me suis retiré des responsabilités politiques quotidiennes, nationales et internationales assurées sans interruption depuis 1966. J'ai réservé mon énergie à des campagnes ponctuelles... »

 
Gauche de combat

« Changer le monde est plus difficile, sans doute, que Marx et nous-mêmes l'avions cru. C'est pourtant non moins nécessaire qu'hier. De manifestations internationales en forums sociaux, le besoin impatient d'autre chose s'est à nouveau mis à bouger. Un frémissement, fragile et timide encore, comme une convalescence incertaine, insuffisante pour inverser la spirale régressive des reculs et des défaites. Mais proclamer qu'un autre monde est nécessaire, c'est déjà secouer le joug du fait accompli. Qui peut le plus, peut le moins. Pour que cet autre monde devienne possible, une autre gauche est nécessaire. Pas une gauche reniée, pas une gauche honteuse, pas une gauche light ou déshydratée, mais une gauche de combat, à la hauteur des défis de l'époque. »

Transmettre

« Gamin, la lecture de La Guerre du feu, dans la collection illustrée “ Rouge et Or ” me passionnait. Je suivais le cœur battant les efforts de Noah et de ses frêles compagnons pour protéger l'étincelle et conserver la flamme. Sauver ce qui aurait pu, et pourrait encore, se perdre, passer le relais entre générations, c'est un peu notre guerre du feu. Il est des combats plus glorieux et des victoires plus retentissantes. Mais, si chétive et obscure, celle-ci ne serait pas la moindre. Le paysage politique est aujourd'hui dévasté par les batailles perdues sans même avoir été menées... Ces dix dernières années, une gauche sociale a refait surface, pas encore une gauche politique à sa mesure, qui permette de marcher sur deux jambes. »

« Pour que l'autre monde nécessaire devienne effectivement possible, une autre gauche est nécessaire... Ce sera le rôle des nouvelles têtes qui affleurent à peine. »


Bibliographie

Écrire pour analyser. Écrire pour convaincre. Écrire pour polémiquer. Écrire pour survivre. Écrire pour combattre. Écrire pour transmettre. Écrire…
Daniel a écrit de nombreux ouvrages et collaboré à beaucoup d’autres. La bibliographie ci-dessous en fournit un aperçu sûrement incomplet et imparfait, mais que nous espérons utile à ceux et celles qui voudraient retrouver sa pensée. Et sa plume.


Mai 68, une répétition générale (en collaboration avec Henri Weber), Maspero, Paris, 1968.

Contre Althusser (ouvrage collectif), 10/18 UGE, Paris, 1974.

Portugal, une révolution en marche (en collaboration avec Charles-André Udry et Michael Löwy), 10/18, Paris, 1975.

La Révolution et le pouvoir, Stock, Paris 1976.

L’Anti-Rocard ou les haillons de l’utopie, La Brèche, Paris, 1980.

Marx ou pas ? (ouvrage collectif), EDI, Paris, 1986.

Stratégies et Partis, La Brèche, coll. Racines, Paris, 1987.

Mai si ! 1968-1988, rebelles et repentis (avec Alain Krivine), La Brèche, Paris 1988.

« Que faire (1903) et la création de la Ligue communiste (1969) » (avec Antoine Artous), Retours sur Mai, La Brèche, Paris 1988.

Moi, la Révolution. Remembrances d’un bicentenaire indigne, Gallimard, coll. Au vif du sujet, Paris, 1989.

« Un Bicentenaire thermidorien », in Collectif, Permanences de la Révolution, La Brèche, Paris 1989.

Walter Benjamin, sentinelle messianique, Plon, Paris, 1990.

Jeanne de guerre lasse, Gallimard, collection Au vif du sujet, Paris, 1991.

Marx l’intempestif. Grandeurs et misères d’une aventure critique (xixe-xxe siècles), Fayard, Paris, 1995,

La Discordance des temps. Essais sur les crises, les classes, l’histoire, les Éditions de la Passion, Paris 1995.

Le Pari mélancolique, Fayard, Paris, 1997.

Le Retour de la question sociale (en collaboration avec Christophe Aguiton), Editions Page 2, Lausanne 1997.

Leur gauche et la nôtre. Lionel, qu’as-tu fait de notre victoire ? Un an après... Albin Michel, Paris, 1998

Qui est le juge ? Pour en finir avec le tribunal de l’histoire. Fayard, Paris 1999.

Éloge de la résistance à l’air du temps, entretien avec Philippe Petit, Textuel, Conversations pour demain, Paris, 1999.

Contes et légendes de la guerre éthique, Textuel, La Discorde, Paris, 1999.

Le Canard et le lapin : le journalisme et ses critiques, Edwy Plenel et Daniel Bensaïd, 31 décembre 1999.

Le Sourire du spectre. Nouvel esprit du communisme, Michalon, Paris, 2000.

Les Irréductibles. Théorèmes de la résistance à l’air du temps, Textuel, La Discorde, Paris, 2001.
 
Le Retour de la critique sociale in Marx et les nouvelles sociologies, Textuel 9, 2001.

Résistances. Essai de taupologie générale (illustré par Wiaz), Fayard, Paris, 2001.

Karl Marx : Les hiéroglyphes de la modernité, Textuel, Passion, Paris 2001.

Les Trotskysmes, PUF, Que sais-je ?, Paris, 2002

Le Nouvel Internationalisme. Contre les guerres impériales et la privatisation du monde, Textuel, Paris, 2003.

Un Monde à changer. Mouvements et stratégies, Textuel, La Discorde, Paris, 2003.

Une lente impatience, Stock , Paris, 2004.

Fragments mécréants. Sur les mythes identitaires et la république imaginaire,  Lignes, Paris, 2005.

Présentation et commentaires : Édition critique de « Sur la Question juive » de Marx, La Fabrique, Paris, 2006.

«  John Holloway, révolution sans la révolution » in La planète altermondialiste (coordonné par Chiara Bongfiglioni & Sébasten Budgen), La Discorde, Textuel, Paris, 2006.

« Trente ans après : Introduction à l’Introduction au marxisme », préface à : Ernest Mandel, Introduction au marxisme, Ed. Formation Léon Lesoil, Bruxelles 2007.

Les Dépossédés. Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres, La Fabrique, Paris, 2007.

Un nouveau théologien, Bernard-Henri Lévy, Lignes, Paris, 2007.

Éloge de la politique profane, Bibliothèque Idées, Albin Michel, Paris, 2008.

1968, fins et suites avec Alain Krivine, Lignes, Paris, 2008.

« Préface » in Elie Kagan, Mai 68 d’un photographe, avec une étude d’Alexandra Gottely et Laure Lacroix (Album). 

«  Société du spectacle », in La France des années 68 (ouvrage collectif coordonné par Antoine Artous, Didier Epsztajn et Patrick Silberstein), Syllepse, Paris, 2008.

« Politique de Marx », in Karl Marx & Friedrich Engels, Inventer l’inconnu. Textes et correspondance autour de la Commune, La Fabrique, Paris, 2008.

Penser Agir, pour une gauche anticapitaliste, Lignes, Paris, 2008.

Prenons parti - Pour un socialisme du xxie siècle avec Olivier Besancenot,  Mille et une Nuits, Paris, 2009.

Marx, mode d’emploi, texte de Daniel Bensaïd, dessins de Charb,  Zones (La Découverte), Paris, 2009.

« Le scandale permanent » in Démocratie, dans quel état ?, ouvrage collectif, La Fabrique, Paris, 2009.

«  Marx et les crises » in Les crises du capitalisme (Texte inédit), édition établie et traduite par Laurent Hebenstreit, Démopolis , Paris, 2009.

Postcapitalisme, Imaginer l’après, ouvrage collectif. Au diable vauvert, novembre 2009.

Innombrables hommages

Nous le savions : le rayonnement intellectuel et militant de Daniel Bensaïd, comme le respect qu’il inspirait, s’étendaient bien au-delà du courant militant auquel il a activement participé pendant plusieurs décennies. Bien au-delà, aussi, des frontières de l’Hexagone dont cet internationaliste n’avait cure…
De cela, les messages d’hommage que nous avons reçus depuis le 12 janvier apportent un témoignage impressionnant. Ils sont venus des partis politiques français comme de nombreux autres pays, des sections de la Quatrième Internationale comme des autres composantes de la gauche révolutionnaire internationale, du mouvement syndical et associatif, de revues et de fondations, de personnalités françaises ou étrangères.
Ils sont également venus de nombreux militants de la gauche politique et sociale et de dizaines d’hommes et de femmes qui ont croisé Daniel dans un meeting, un débat, une manifestation ou un échange convivial. Et qui ont tenu à dire que cette rencontre avait compté pour eux et pour elles.
Publier tous ces messages est évidemment impossible tellement ils sont nombreux et continuent d’ailleurs à nous parvenir. En demandant par avance que les oublis inévitables nous soient pardonnés, nous voudrions remercier ici tous ceux et toutes celles qui se sont manifestés en ces moments douloureux.
François Coustal

Partis français

Les Alternatifs, Alternative Libertaire, Gauche unitaire, Lutte Ouvrière, Parti de Gauche, Parti Communiste Français, Parti Ouvrier Indépendant, Parti Socialiste, Organisation Communiste Libertaire.

Autres organisations françaises et/ou en France

Union Syndicale Solidaires, Attac France, Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Mouvement des Indigènes de la République, Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran, Collectif Commuiste Polex, Socialisme Maintenant !, Association des Marocains de France (AMF), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR), Collectif « Ne laissons pas faire ! », Ligue des droits de l’homme.

Revues et Fondations

Fondation Copernic, Les Éditions Syllepse, Mouvements, Espace Marx, Contretemps, Actuel Marx, Revue internationale des livres et des idées, Viento Sur, Sin permiso.

Organisations étrangères

International Socialist Organization (ISO - USA), Frente Popular Darío Santillán, Parti Polonais du Travail, Socialist Workers Party (SWP - UK), VPERED (Russie), Yonnu Askan Wi (Mouvement pour l’Autonomie Populaire - Sénégal), Socialist Resistance (Grande-Bretagne), USTKE (Kanaky), Parti Travailliste (Kanaky), Démocratie Socialiste, tendance du PT (Brésil), Gauche anticapitaliste (Suisse), Parti Communiste des Travailleurs (Italie), PC Libanais, Front Polisario, Parti Socialisme et Liberté (Brésil), International Socialists (Canada), Internationale Sozialistische Linke (ISL - Allemagne), SYRIZA (Grèce), Parti de la Liberté et de la Solidarité - ODP (Turquie), Solidarité pour une Alternative Socialiste (Maroc), Workers’ Democracy (Pologne), Mouvement des jeunes cadres (KKK Philippines), Associació Socialisme XXI (Etat espagnol), Espai Alternatiu del Pais Valencià (Etat espagnol), Nouveau Parti Anticapitaliste Réunionnais , Fracción Trotskista - Cuarta Internacional, Grenzeloos (Pays-Bas), Colectivos MAPU (Chili), Partido Obrero Socialista (Mexique), Groupe Révolution Socialiste (GRS - Martinique), A Manca (Corse), Tendencia Socialista Revolucionaria (Chili), Socialist Democracy (Australie), Voix Démocratique (Maroc), Un groupe de parlementaires Die Linke (Allemagne), Marx 21(Allemagne), Antikapitalistische Linke (Allemagne), Sozialistische Linke (Allemagne), Présents pour le Socialisme (Colombie).

Personnalités françaises

Antoine Comte, Arlette Laguiller, Philippe Corcuff, Claude Debons, Jean-Pierre Duteuil, Edwy Plenel, Jean-José Mesguen, Marie-George Buffet, Pierre Laurent, Pierre Lantz, Gilles Ringenbach, Jean-Yves Rochex, Jacques Hoarau, Louis Weber, Thomas Lacoste, David Mulmann, Michel Onfray, Maria Emilia Tijoux, Bernard Conein, André Tosel, Anne Lafran, Paul-Emmanuel Odin, Pierre Khalfa, Annick Coupé, Marie-Ange Rauch, Gérard Jugant, Michel Surya, Serge Pey, Jerôme Baschet, Jean-Marie Harribey, Christian Delarue, Alain Castan, Stathis Kouvelakis, Jacques Lerichomme, Géraldine, Emmanuel Renault, Patrick Cohen, Jacques Bidet, Jean-Marc Lachaud, Emmanuel Pehau, Patrick Simon, Denis Clair, George Arnauld, Sylvain Pattieu, Clémentine Autain, Henri Maler, Didier Eckel, Alain Bihr, Camille Scalabrino, Pascal Boissel, Emre Ongun, Chloé Stevenson, Patrice Cohen-Séat, Élisabeth Gauthier, Louis Aminot, Isabelle Garo, Michael Lowy, Michel Husson, Lilian Mathieu, Frédéric Lebaron, Semperay, Lucien Sève, Jean Labib, Roger Martelli, Philippe Caubère, Dominique Simonot, Francis Wurtz, Pierre Duharcourt, Christophe Gilbert, Evelyne Alessandri, Pierre Granet, Emmanuel Renault, Jean-Marc Lachaud, Patrick Simon, Pascal Boissel, Arnaud Spire, I De Almeida, Marc Perelman, Michel Rotman, Daniel Mermet, Henri Weber, Janette Habel, Marcel-Francis Khan, André Grimaldi, Charb, Benoît Hamon, Gérard Chaouat, Pierre Lacaze, Daniel Hemery, Tessa Brissac, Philippe Valls, Bruno Morello, Gérard Boulanger, Stéphane Alliès, Jean Birnbaum, Daniel Hémery.

Personnalités étrangères

Ahmed Shawki, Joxe Iriarte (BIKILA), Boguslaw Zietek, Alex Callinicos, Hnalaïne Uregei, Hnatre Wadriako, Franco Grisolia, Angela Klein, Wilfried Dubois, Luciana Castellina, Heloísa Helena, Pedro Fuentes, Raul Pont, Brian Ashley, Samir Amin, Tariq Ali, Susan Caldwell, Eric Toussaint, Salvatore Cannavò, Margarita , Maria Isabel, Francisco Louçã, Farooq Tariq, João Machado, Eduardo Lucita, Claudio Katz, Chris Den Hond, Sandra Invernizzi, Denis Horman, Ataulfo Riera, Guy Van Sinoy, Daniel Tanuro, Thomas Weyts, Jan Willems, Omar Barghouti, Andrzej Zebrowski, Aldo Casas, Christian Castillo, Juan Chingo, Paolo Persichetti, Javier Aguilera, Antonio Arnau, Manolo Colomer, José Coy, Anna Gabarró, Antonio Gil, Pedro Jimenez, Manolo Monereo, Juan Montero, Pedro Montes, Carmen Murias, Mª Dolores Nieto, Gumer Pardo, Diosdado Toledano, Nathalie Dompy, Mike Davis, Nora Ciapponi, Miguel Romero, Céline Caudron, Olivier Bonfond, Jacques Pelletier, Josep Maria Antentas,  Masis Kürkçügil, Peter Waterman, José Martínez Cruz (Castor), Immanuel Ness, Jean Batou, Mike Treen, Ernest Tate, Ken Davis, François Houtart, Camille Chalmers, Souad Chaouih, Jaime Pastor, Esther Vivas, Andreu Coll, Abdallah Elharif, Andrej Hunko, Bertina Calderón, Ramiro Arroyave, Estefan Baleta, Fermín Gonzales, Alban Werner, Alexander Ulrich, Ali Atalan, Annette Groth, Ben Stotz, Carsten Albrecht, Christine Buchhloz, Dorothée Menzner, Florian Wilde, Triederike Benda, Harri Grünberg, Inge Höger, Jürgen Klute, Kathrin Volger, Lev Lhommeau, Luigi Wolf, Marc Mulia, Markus Körner, Michael Aggelidis, Nicole, Gohlke, René Jokisch, Ruth Tietz, Sabine Lösing, Stefanie Graf, Sylvia Gabelmann, Thies Gleiss, Tobias Pflüger, Hugo Blanco, Mouhieddine Cherbib, Paolo Gilardi.

D’autres initiatives…

Londres
Militants et universitaires de renommée internationale, Gilbert Achcar, Alex Callinicos et Stathis Kouvelakis participeront à la soirée d’hommage à la vie et à l’œuvre de Daniel Bensaïd, organisée par Socialist Resistance, à l’Université de Londres (Malet Street, Londres WC1H) le mardi 9 février à 19h30.

Toulouse
Soirée d’hommage à Daniel Bensaïd, le mercredi 27 janvier à 20h30 salle du Sénéchal, rue Rémusat. Serge Pey interviendra ainsi que des camarades du NPA.

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