Hollande aux USA : Obama, Gattaz et le pigeon...

Tout au long de sa visite aux USA, Hollande a affiché son bonheur de côtoyer le président de la première puissance mondiale. Il y était sans première dame mais empressé auprès du nouvel élu de son cœur, Gattaz, lui aussi président mais du Medef, et comblé du plaisir de se mettre dans son rôle d’ami des patrons, des riches et des puissants. La finance a enfin un visage dont Hollande devient, de toute évidence, de plus en plus familier...

Une véritable mise en scène diplomatique. L’empressement, certes amusé voire condescendant, mis par Obama pour accueillir cet inconnu de la population américaine qu’est le french president, a de quoi étonner, mais il est symptomatique des difficultés que connaît la politique étrangère américaine, ainsi que de celle que mène la France à son égard. 
Tant sur le plan économique que sur le plan des rapports de forces internationaux, la domination des USA est contestée par l’émergence de nouvelles puissances, principalement de la Chine. D’où la volonté étatsunienne d’associer d’autres puissances à la défense de sa domination sur le monde, en particulier les puissances européennes. Face à l’Allemagne peu empressée à faire le boulot de gendarme, la France, elle, s’active avec zèle. Sarkozy avait donné le signal en réintégrant le haut commandement de l’Otan et l’intervention en Libye. Hollande accentue cette politique, cherchant à profiter des difficultés des USA pour jouer son propre jeu en Afrique et au Moyen-Orient. Selon Obama et Hollande, « une alliance transformée »…

Offensive militariste et libérale
Cette offensive militariste s’accompagne d’une offensive libérale sur le plan des échanges et du commerce avec l’Europe, offensive dont Hollande se fait, là encore, le champion. L’incident diplomatique provoqué par les pratiques de l’agence de renseignement NSA, révélées par Edward Snowden en 2013, pèse peu au regard des intérêts des amis de la finance et des multinationales.
Hollande demande l’accélération de la mise en place de l’accord de libre-échange trans­atlantique en négociation. Le futur traité devrait contrebalancer les ravages provoqués par les politiques d’austérité. Ce sera tout le contraire, car ce sont bien les politiques soumises à la course à la rentabilité financière des grands groupes financiers et industriels qui alimentent la crise.

« Des preuves d’amour »…
Hollande a multiplié les gestes à l’égard des patrons français ou américains, sans oublier le FMI… Sans rire, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numérique, a parlé de « preuves d’amour » aux entrepreneurs, à propos de la visite à la Silicon Valley en Californie, et de l’accolade chaleureuse entre Hollande et le leader des prétendus « Pigeons ». Hollande s’est tout aussi chaleureusement félicité d’être accompagné par le patron du Medef qui, pourtant, avait ridiculisé le pacte de responsabilité en annonçant qu’il n’y aurait pas de contreparties dans les discussions. Mais, quand on aime, on n’est pas rancunier...
« Venez en France ! » a-t-il lancé aux dirigeants de l’économie numérique américaine, après avoir énuméré une série de futurs cadeaux pour donner le moral aux patrons… C’est ce que Fleur Pellerin appelle « la pédagogie du risque» !

Yvan Lemaitre

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