Hollande : à droite toute !

La troisième conférence de presse de Hollande aura été une fois encore l’occasion d’annoncer de nouveaux cadeaux pour le patronat. Ces derniers, il faut l’avouer, n’ont jamais été autant gâtés par un gouvernement et encore moins par un gouvernement prétendument de gauche…

Sous prétexte de défendre l’emploi, le déjà fameux « pacte de responsabilité » consiste à « la poursuite de l’allègement du coût du travail » et la « suppression des cotisations familiales pour les entreprises d’ici 2017 ». Soit un petit cadeau supplémentaire de 30 milliards d’euros par an et surtout une attaque majeure contre la protection sociale que, répondant aux desiderata du Medef, ce gouvernement s’apprête à transférer sur les salariéEs. Et ce n’est pas tout : alors que la dernière loi de finances avait déjà abaissé le taux de l’impôt sur les sociétés, Hollande promet pour 2015 « la modernisation de l’impôt sur les sociétés et la suppression de nombreuses taxes pour les entreprises »… Noël est passé mais les patrons reçoivent toujours des cadeaux fiscaux.

Hollande veut nous faire gober qu’il y aura des « contreparties du patronat », en particulier sur l’emploi et les salaires. Mais pour qui nous prennent-ils ? Cela fait plus de 30 ans que la même politique – cadeaux fiscaux, baisse du coût du travail et même « assouplissement » du code du travail – est menée, alors que le chômage ne cesse d’augmenter.
Au nom de la réduction des déficits, Hollande annonce également « des réformes structurelles » qui redéfiniront les « missions de l’État » et de nouvelles réductions des dépenses publiques... Comprenez toujours moins de services publics et de fonctionnaires. La santé et les collectivités territoriales sont en particulier dans la ligne de mire.
Hollande vient donc de déclarer la guerre à la majorité de la population, aux 5,5 millions de chômeurs, aux 10 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté et à toutes celles et ceux qui voient leur pouvoir d’achat dégringoler. Il confirme que sa politique n’a plus rien de sociale, qu’elle est purement et simplement libérale. La gauche de droite…
Plus que jamais, nous avons besoin d’une opposition à la gauche de ce gouvernement, pour préparer des mobilisations capables de mettre en échec cette nouvelle offensive contre le monde du travail. Il y a urgence !

Sandra Demarcq

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