Grèce : vers la grève générale du 15 décembre

Après des élections où le Pasok a perdu 1,1 million de voix en un an, les mesures anti-ouvrières se poursuivent, même si le gouvernement ose affirmer : « On ne coupe plus rien ». Bien sûr, le FMI et l’Union européenne, dont les émissaires sont venus à Athènes exiger de nouvelles économies de plus de 4 milliards d’euros, sont en première ligne, mais la bourgeoisie grecque fait pression pour accélérer la casse du droit du travail. Dans le Pasok, des bureaucrates s’inquiètent des « entorses à l’idéologie », mais dans le monde du travail, c’est le courant Pasok, majoritaire dans le syndicat, qui entame une critique directe du gouvernement : « La moindre idée de nouvelles coupes, c’est non seulement franchir la ligne rouge, mais c’est une déclaration de guerre », déclarent des enseignants du primaire. C’est clair : la colère populaire, désorientée en juin, redescend dans la rue, à tel point que le président de la confédération GSEE qui affirmait récemment que les grèves étaient finies pour le moment, a appelé d’urgence à un arrêt de travail de trois heures, le 25 novembre. Bon signe : plusieurs milliers de travailleurs se sont rassemblés en annonçant une vague gréviste. Mais comme d’habitude, le courant du KKE, Pame, se rassemblait à un autre endroit…
Il faut dire que les luttes sont très nombreuses ! Isolées, mais intervenant dans de très nombreux secteurs. Ainsi, la grève des travailleurs municipaux, dont les contractuels sont licenciés (2 500 programmés à Athènes) : ce démembrement va non seulement créer des milliers de nouveaux chômeurs, mais va casser davantage les services publics. On le voit avec le ramassage des ordures : il n’y a plus assez de travailleurs et les ordures amassées menacent la santé publique. De même dans les hôpitaux ou l’enseignement. De manière générale, les luttes se développent donc contre le renvoi des contractuels et pour les postes nécessaires. En Crète, 3 000 lycéens et étudiants ont manifesté pour l’éducation, malgré le procureur qui voulait déclarer leur mobilisation passible de poursuites !
Dans le privé, la lutte se prépare contre la décision, défendue par l’Union des entrepreneurs, selon laquelle l’accord d’entreprise primerait sur la convention collective, et contre le chantage « baisse du salaire ou licenciement ». Les marins sont en grève pour leur convention collective. Les travailleurs de la presse se mobilisent contre licenciements et risque de fermetures de titres, et on a vu cette semaine l’édition « sauvage » d’un journal de droite, réalisée par les travailleurs. Mais il y a d’autres luttes, comme ces mobilisations croissantes contre les péages… sans oublier les manifestations du 17 novembre, regroupant les jeunes et les travailleurs : 50 000 à Athènes, des milliers dans d’autres villes (10 000 à Salonique)…
L’objectif central est désormais de réussir la grève générale du 15 décembre, que GSEE et Adedy (fédé du secteur public) se sont décidé à appeler : en faire une réussite unitaire, mais surtout, à la base, préparer le lendemain !
Andreas Sartzekis

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