François Hollande : La rigueur en action

Six mois après son élection, Hollande a donc confirmé ces derniers jours et par la mise en scène de sa conférence de presse mardi dernier l’orientation affirmée dès la rentrée de septembre et le débat sur le TSCG. Il se veut le chef de file de la rigueur et de l’austérité, reprenant à son compte les principales mesures du rapport Gallois... En attendant la suite.À l’évidence, Hollande veut aujourd’hui tourner la page, au moins celle de la communication. Fini le président falot, les pseudo­-incertitudes et hésitations politiques, et les vrais couacs des premiers mois de gouvernement. Les patrons réclament visiblement un vrai patron à la tête du pays. Que d’articles écrits sur le « tournant » de ces derniers jours. Le président Hollande est bien là, sûr de lui. On va voir ce que l’on va voir. Mais en fait c’était déjà tout vu !
En action… pour le Medef !
Après les « pigeons », le gouvernement a donc une nouvelle fois répondu aux exigences du Medef en faisant, pour l’essentiel du rapport Gallois, sa feuille de route. Au nom de leur pacte, ce sont 20milliards de cadeaux au patronat, 20milliards que les salariéEs vont devoir payer, et ce dès 2013. Hausse généralisée de la TVA, réduction des dépenses de services publics, telles vont être les conséquences directes de cette politique qui avoue clairement son alignement sur les intérêts du capital. D’ailleurs Laurence Parisot ne s’y est pas trompée puisqu’elle s’est empressée de faire connaître sa ­satisfaction. Noël avant l’heure…
Lors de sa campagne, le candidat Hollande avait fustigé la finance. Six mois plus tard, la finance est choyée, la dépense publique mise au pilori et l’esprit d’entreprise, la compétitivité sont célébrées. Bref, six mois de reniements économiques où Hollande et Ayrault mènent la même politique que leurs prédécesseurs.
Une contestation qui monte
« Le changement, c’est maintenant » a fait pschitt et la cote de popularité du nouveau locataire de l’Élysée de même, perdant en six mois ce que Sarkozy avait perdu en un an… Car une telle politique en faveur des plus riches provoque de plus en plus de grincements de dents, y compris au sein de la majorité parlementaire et gouvernementale en particulier chez Europe Écologie les Verts qui dénoncent aujourd’hui « un virage social libéral » du gouvernement, mais interrogations et mécontentements aussi parmi certains députés socialistes. Des doutes que l’on avait déjà perçu au moment de la ratification du pacte budgétaire.
Six mois après son arrivée au pouvoir, le mécontentement s’affirme largement et les résistances se développent contre la politique du PS. Sur la question de l’emploi où les mobilisations doivent converger pour franchir une étape, mais aussi sur le terrain des droits et des libertés : à l’image de la manifestation en faveur des prisonniers basques à Bayonne ou encore contre la terrible répression à Notre-Dame-Des-Landes où, pour imposer son « Ayraultport », le gouvernement n’hésite pas à matraquer, ce que même Sarkozy n’avait pas osé faire.
Mais ces critiques, ces résistances, le gouvernement ne veut pas, ne peut pas, les entendre.
S’opposer, clairement…
Devant une telle évolution à droite de la politique de la gauche libérale au pouvoir, il est urgent pour toutes les forces de la gauche politique et syndicale qui ne participent pas au gouvernement de discuter des moyens de mettre un coup d’arrêt à cette politique. Pour défendre les droits sociaux et démocratiques, nous avons ­besoin de construire une véritable opposition de gauche, en commençant par s’opposer ensemble partout où c’est possible aux mesures antisociales, antidémocratiques et antiécologiques du gouvernement.
Mardi 13 novembre, la première conférence de presse du quinquennat n’a eu qu’un seul but : nous convaincre que le président Hollande tient bien les promesses du candidat Hollande et que désormais il y a bien un capitaine à la barre du bateau rigueur. Montrons-lui en retour que sur sa route, la gauche sociale et politique saura faire souffler la tempête.
Sandra Demarcq

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