Ford Genk « La marche de l’avenir » ?

Dimanche 11 novembre, environ 20 000 personnes, la plupart mobilisées par les syndicats belges, ont convergé vers Genk pour exprimer leur solidarité aux 10 000 ouvrierEs et employéEs de Ford et à celles et ceux des entreprises de sous-traitance qui doivent perdre leur emploi suite à la fermeture annoncée de Ford Genk.
Une manifestation d’une taille exceptionnelle, comme cette ville du Limbourg n’en a probablement jamais connu. Cette large solidarité a mis certainement du baume au cœur des salariéEs sinistréEs, ce qui indispensable pour les semaines à venir. Des délégations significatives des usines du groupe Ford Europe étaient présentes, de Valence, de Cologne particulièrement avec 500 salariés mobilisés par le syndicat IG Métal.
Voie sans issue ?
Néanmoins la marche a souffert d’une grande faiblesse : la manifestation avait l’allure d’un café bien fréquenté après un enterrement… Elle n’a évidemment pas répondu aux attentes des salariéEs de Ford Genk ! Il n’y avait aucune plate-forme, aucune revendication qui donnent une quelconque perspective à cette mobilisation. Le nom même donné, « la marche de l’avenir », témoigne du décalage entre ce qu’il faudrait mettre en œuvre et les intentions des responsables syndicaux qui portent ici une grande responsabilité. 
La seule perspective qu’ils proposent c’est une « négociation serrée » pour un bon plan social avec une retraite anticipée pour les plus agéEs. Tout le contraire d’une stratégie syndicale digne de ce nom à la hauteur des enjeux. La marche s’est d’ailleurs conclue par un concert sur le site d’un ancien carreau de mine aujourd’hui reconverti en musée. Tout un symbole.
Les militantEs de la LCR-SAP belge ont constitué un cortège dans la marche, avec le renfort de camarades du NPA, derrière une banderole « Pour l’interdiction des licenciements », ce qui tranchait avec les mots d’ordre ambiants.
Une délégation de la CGT de Ford Blanquefort, avec Philippe Poutou, a fait le voyage, participé à la marche et noué des contacts dans la perspective d’une coordination de lutte des sites du groupe. Mais tout reste à faire.
Correspondant

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