Essai : Qu’est-ce que l’écosophie

de Félix Guattari, Lignes / Imec, 2014, 24 euros.

Stéphane Nadaud, pédopsychiatre (1) et pendant un temps rédacteur en chef de la revue Chimères (revue des schizo­analyses fondée par Deleuze et ­Guattari en 1987), a publié fin 2013 un recueil de textes rares, voire inédits pour certains, du philosophe et psychanalyste Félix Guattari.
La rédaction des divers écrits, articles et entretiens que recèle l’ouvrage s’étale sur une période allant de 1985 à sa mort en 1992. Guattari y analyse la conjoncture politique, de la Guerre du Golfe et son traitement médiatique à l’effondrement de l’URSS, en passant par l’urgence grandissante de la question écologique, à l’aune du concept d’« écosophie » : « une discipline qui aurait à voir avec la politique, l’écologie, l’art, la science, et qui serait quand même une pratique spécifique, une sorte de sagesse non contemplative ». Le terme d’« écosophie » résulte quant à lui d’une articulation entre écologie environnementale, écologie sociale et écologie mentale (s’agissant de la production des modes de subjectivité). On retrouvera dans ce recueil subdivisé en chapitres thématiques, les concepts qui ont sous-tendu la pensée de l’auteur, que ce soit dans son parcours individuel ou tout au long de son cheminement avec Gilles Deleuze, comme la schizoanalyse, le rhizome, ou encore la chaosmose.
S’interrogeant également sur les moda­lités de l’engagement politique à l’époque du capitalisme mondial intégré, il revient sur son rapprochement avec Génération écologie et les Verts, ainsi que sur la désillusion qui s’en est suivie, en portant un regard très critique, tant sur les discours tenus par certains dirigeants (tout particulièrement Brice Lalonde) que sur les pratiques politiciennes à l’œuvre dans ces organisations...

Sophie Coudray

1 – On le connaît notamment pour avoir soutenu la première thèse de médecine française portant sur l’homoparentalité.

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