Envoyons Valls’er le gouvernement PS-Medef !

Le discours de politique générale de Valls devant l’Assemblée nationale et une droite hystérique, aura été sans surprise : un discours de combat contre les travailleurs et les classes populaires. Il continue la politique engagée par Ayrault, tout entière dévouée au patronat.

Certes, il a essayé de faire passer la pilule amère en jouant la compassion – « trop de souffrances et pas assez d’espérance » – avec le prétendu « pacte de solidarité », ainsi que par des petits gestes pour les plus défavorisés, mais surtout des gestes en réponse à la grogne de sa majorité.

« Plus vite et plus fort »...
Plein d’entrain et de zèle, Valls, censé porter « le renouveau et la dynamique », proclame à qui veut l’entendre qu’il entend « garder le cap » pour aller « plus vite et plus fort » : en un mot, accélérer les réformes contre les travailleurs et les classes populaires. Comme prévu, le Pacte de responsabilité, ce sera 30 milliards pour les patrons, sans même que le Parlement n’en débatte, avec en prime une diminution de l’impôt sur les sociétés ramené à 28 % d’ici 2020, et quelque 50 milliards minimum d’économies à réaliser au détriment des services publics, de la protection sociale et des collectivités locales.
Pour les salariés, la solidarité sera beaucoup plus symbolique : les 500 euros annuels au 1er janvier 2015 pour les smicards résultent du transfert d’une partie des cotisations salariales vers le salaire net. On est loin du compte, course à la compétitivité oblige !
Mais Valls ne s’adressait pas aux classes populaires, il voulait rassembler sa propre majorité tout en caressant la droite dans le sens du poil. Il s’est mis en scène, son « efficacité », sa méthode, illustrées par sa volonté de faire voter le Pacte de responsabilité avec le vote de confiance, sans débat ni amendements. Une volonté de mettre sa propre majorité au pas...

La fronde des velléitaires
Rarement un Premier ministre aura suscité, dès son intronisation, autant de méfiance voire d’hostilité dans son propre camp. Il a largement obtenu la confiance, même la majorité des députés d’EÉLV l’ont votée, mais il n’empêche.
Ces carriéristes s’inquiètent pour leur avenir et ne veulent pas sombrer avec Hollande et son Premier ministre. Ils ne croient pas au baratin de Valls sur son « équipe resserrée, cohérente et soudée » censée attaquer « une nouvelle étape » du quinquennat après la débâcle des municipales. Ils veulent faire entendre leur différence, se démarquer, pour ne pas injurier leur avenir. Députés d’EÉLV ou gauche du PS, ils ne croient pas aux capacités du gouvernement Valls de surmonter le rejet populaire, et s’agitent, en réalité impuissants à porter une autre politique, uniquement soucieux de leur carrière.

Le vote de censure, c’est samedi et dans la rue !
Les changements ne peuvent venir du Parlement, de ces députés godillots. Cette gauche libérale ne nous représente pas ni ne nous défend. Elle reste soumise aux intérêts des classes dominantes, et le monde du travail n’a rien à attendre de ces petites manœuvres parlementaires.
C’est de lui, de sa révolte, de ses mobilisations, de ses luttes, que peut venir le changement. Il peut obliger le gouvernement et le patronat à reculer. C’est pourquoi le NPA appelle à manifester ce samedi 12 avril avec des organisations syndicales, des associations et les partis du Front de gauche. Nous voulons dire notre colère, en militant pour que cette journée soit un pas vers des mobilisations et des manifestations plus profondes, plus radicales.
Nous souhaitons que les différentes forces politiques qui se disent en opposition à la politique du gouvernement se rassemblent, en tournant le dos aux jeux politiciens, pour défendre les intérêts du monde du travail, en finir avec les politiques d’austérité et le chômage, exiger l’annulation de la dette et imposer la mise en place d’un monopole public bancaire. Alors qu’approchent les élections européennes, nous devrions nous rassembler contre l’Europe capitaliste du PS et de l’UMP, l’Europe de l’austérité et du chômage, contre l’extrême droite, tous les souverainistes et les nationalistes, autour de perspectives internationalistes, pour une Europe des travailleurs et des peuples.

Yvan Lemaitre

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