ENS : répression, intimidation mais détermination

La grève se poursuit à l’École normale supérieure (ENS) de Paris malgré la répression et les manœuvres des bureaucrates.
Le 19 avril, centième jour de la grève auto-organisée et autofinancée des précaires de l’École normale supérieure (restaurant et ménage) soutenus par des étudiantEs, la police a évacué les bureaux de la direction occupés durant quatre semaines. À 6 heures du matin, sans sommation, elle a détruit des portes et des meubles et treize camarades ont été retenuEs trois heures au commissariat. Cette décision de la directrice, Monique Canto-Sperber, fait suite à sa saisine du Tribunal administratif ciblant cinq syndicalistes (dont quatre militants NPA...).
Le moment a été choisi au milieu des vacances pour limiter les protestations au sein d’une École presque déserte. Mais les grévistes et étudiantEs ont tenu bon. Ils ont publié un communiqué bien relayé dans la presse. Le lendemain, une quinzaine de personnes a accompagné chez la DRH une ex-employée dont le CDD n’a pas été renouvelé en novembre alors qu’elle avait subi un accident du travail la laissant handicapée. Après de vifs pourparlers, la DRH a cédé un chèque de 800 euros, avance sur les indemnités que la direction rechigne à payer.
Le 21 avril, le banquet de solidarité a été un succès et les présentEs ont pu participer ou assister à la destruction symbolique de la palissade en bois dressée par la police pour barrer l’accès aux bureaux de la direction. Surtout, la grève reste solidaire bien que la direction tente de diviser les grévistes en proposant un CDI aux seulEs précaires présentEs depuis plus de trois ans.
Des bureaucrates nationaux de la Ferc-Sup CGT ont choisi ce moment difficile pour proposer un accord à la direction par-dessus l’assemblée générale quotidienne, en prétextant la fatigue de certainEs grévistes et en tentant de dresser les personnels contre les étudiantEs alors que leur unité fait la force de la lutte depuis six mois ! Après avoir abandonné le combat pour la titularisation et refusé toute initiative pour étendre la lutte à d’autres facs, ils ont tenté de vendre la grève contre une promesse de CDI en septembre pour les trois grévistes restants – alors qu’on ne peut faire aucune confiance à cette directrice et en abandonnant d’autres revendications (maintien de la prime, départ du chef odieux...). C’est d’autant plus grave que touTEs les grévistes ont adhéré à la CGT au début du mouvement, reconstituant la section Ferc-Sup. L’AG des grévistes et des étudiantEs a condamné cette manœuvre et le combat antibureaucratique est à l’ordre du jour au sein même de la CGT.
Enfin, le 22 avril sont apparus dans toute l’École des copies de mails échangés entre membres de la direction, révélant leurs mensonges et leur mépris. On apprend ainsi que la directrice, appuyée par la ministre Pécresse et trois conseillers de Sarkozy dont Claude Guéant, a refusé les quatorze postes de titulaires proposés par le secrétariat d’État à la fonction publique pour sortir du conflit ! Motif : l’ENS demande des postes pour les professeurs, mais supprime ceux de catégorie C...
Délégitimée par sa censure et sa répression, prise en flagrant délit de mensonge, la directrice ose porter plainte pour destruction de la palissade et « vol de documents » et a fait placer l’école sous « protection de la police » !
La lutte de l’ENS a plus que jamais besoin du soutien des travailleurEs, des étudiantEs et de leurs organisations.

Le comité NPA de l’ENS

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