Education : fonds publics à l’enseignement public !

Même s’ils évitent d’en faire étalage en période électorale, les exécutifs dirigés par le PS et intégrant le PCF, les Verts ou le Parti de gauche, financent très largement les lycées privés, notamment confessionnels, ainsi que les centres d’apprentissage contrôlés par les syndicats patronaux. De même offrent-ils sans aucune nécessité des marchés juteux à des entreprises privées, souvent membres de grands groupes capitalistes, dans les domaines de la formation professionnelle, des services scolaires (cantines, informatique…) ou encore du transport par autocars.

Midi Pyrénées n’échappe à cette règle générale : silence radio de Malvy et d’Europe Ecologie sur ce sujet. Quant au Front de gauche, il se prononce pour la «priorité des financements aux lycées publics et à la formation publique.» Encore heureux !

Pour ce qui est du budget 2010 de la région les lycées privés sous contrat reçoivent 10,4 millions d’€ au titre du fonctionnement et 4,5 en investissement (mise ne sécurité des locaux pour l’essentiel) (1)
Il faut mettre un terme à ces dérives libérales, en se guidant selon le principe simple : l’argent public, qui est fondamentalement celui des impôts des salariés, doit aller exclusivement au service public.

Fonds publics à l’école publique.

Les conseils régionaux financent les lycées privés même quand ce n’est pas légalement obligatoire, comme c’est le cas avec les dépenses d’investissement (mises en sécurité des locaux suite aux passage des commissions de sécurité). Nous proposons de supprimer immédiatement ces subventions à l’école privée, ce qui permettra d’accroître l’effort en faveur des lycées publics. Quant à la dotation de fonctionnement des établissements privés, nous nous appuierons sur la mobilisation laïque des personnels de l’enseignement et de la population pour y mettre également un terme.
Les budgets qui seront ainsi libérés permettront de mieux assurer le service public d’éducation, notamment en renforçant les personnels non enseignants (qui dépendent des Régions) là où c’est nécessaire, en augmentant les dotations aux établissements situés en zone ou réseau d’éducation prioritaire, ainsi qu’en assurant partout la gratuité des livres scolaires.

Les services scolaires que plusieurs conseils régionaux ont privatisés doivent être réintégrés dans le secteur public. Soustraire la restauration scolaire à la loi du profit permettra de garantir une meilleure qualité d’alimentation, en développant avec les producteurs locaux de l’agriculture vivrière des partenariats qui seront utiles à toute la société.
Défense de l’enseignement professionnel public. Avec ses contre-réformes adaptant les formations aux besoins immédiats du patronat, régionalisant les diplômes et excluant un nombre croissant de jeunes du service public d’éducation, le gouvernement saccage l’enseignement professionnel. Au lieu de résister à cette politique, les conseils régionaux l’accompagnent.

C’est ce qu’ils ont fait, en particulier face à la suppression, sous couvert de « bac professionnel en trois ans », des formations en CAP et en BEP dispensées dans les lycées. Alors que les majorités de gauche auraient pu combattre cette mesure, en faisant que les Régions reprennent ces formations dans le cadre de l’enseignement public, elles ont au contraire accru massivement leur soutien à l’apprentissage. Ce dernier est le mode de formation préféré du patronat, qui bénéficie par lui d’une main-d’œuvre pas chère et obéissante, avant même l’obtention du diplôme. De plus, les apprentis doivent trouver eux-mêmes leur patron, ce qui fait que nombre de jeunes sortis du système scolaire sont laissés à l’abandon. Aujourd’hui, les CFA (centres de formation d’apprentis), très majoritairement privés et sous le contrôle direct du patronat, reçoivent des Régions des centaines de millions d’euros d’aides et subventions, alors que les LEP (lycées d’enseignement professionnel) publics sont sous-équipés et sous-encadrés.

En Midi-Pyrénées, la volonté de répondre aux besoins du patronat est évidente, par l’engagement budgétaire, par la signature en 2005, entre l’Etat et la région pour cinq ans, d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens relatif au développement de l’apprentissage, et par l’orientation donnée dans le budget ( «répartition homogène entre CFA publics et privés»).

Nous proposons d’inverser radicalement le cours de cette politique. D’affirmer et de garantir dans les faits la priorité à l’enseignement professionnel public par rapport à l’apprentissage. Avec les budgets qui seront ainsi dégagés, de contribuer à donner aux LEP les moyens de fonctionner correctement, afin de pouvoir offrir à tous les jeunes une formation de qualité, adaptée à leurs besoins.

(1) En décembre 2003, Lucien Sanchez, conseiller régional LCR-100% à gauche, adressait un courrier à M. Malvy, à propos d’une interview par La Dépêche de Christian Raynal, conseiller régional UMP et fervent défenseur de l’enseignement privé confessionnel, où il précisait qu’ «en négociant avec la majorité de gauche du conseil régional, j’ai obtenu des avancées importantes en faveur des établissements privés.»
Malvy n’a pas jugé bon de répondre.

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.