Economie sociale et solidaire (ESS)

 Un courant se développe depuis quelques années autour de la notion d’économie sociale et solidaire. Les collectivités locales, et notamment les conseils régionaux, ont même institué des délégations à l’économie sociale et solidaire. C’est le cas en Midi-Pyrénées avec une vice-présidence chargée de l’ESS et une ligne budgétaire de 1,49 million d’€, dont près de la moitié en fonctionnement.

Nous observons qu’aussi bien dans le budget 2010 que dans les plate-formes électorales du PS, du PCF, du PG et des Verts, le soutien à l’ESS est affirmé  sans le moindre regard critique.

Nous comprenons le souci louable et légitime de vouloir produire selon d’autres valeurs éthiques et pour d’autres ambitions que la seule recherche du profit maximal. Et même, nous le revendiquons ! Comme nous comprenons la volonté de travailler dans un cadre non hiérarchisé, aussi bien pour les salaires que pour les fonctions.

Ceci dit, nous n’avons aucune illusion sur la capacité d’une telle économie à concurrencer la puissance des entreprises capitalistes, ni même à limiter un tant soit peu les dégâts que le capitalisme cause, humains, environnementaux, etc. En ce sens, l’économie sociale et solidaire ne peut prétendre être une réelle alternative au système capitaliste, contrairement aux illusions le plus souvent véhiculées par ses promoteurs. Par ailleurs, les emplois créés dans ce secteur sont souvent précaires, appuyés sur des aides publiques, avec des statuts très précaires. Enfin, dans certains cas, l’ESS se substitue à la défaillance des services publics. Pour notre part, nous continuons à penser (et à agir) que la bataille pour le maintien et le développement des services publics reste centrale et que l’on ne saurait entretenir l’illusion, face aux politiques libérales, que le développement d’un secteur de l’ESS sur ce terrain pourrait constituer une alternative.

C’est à partir de ces considérants que nous soutiendrons des projets relevant de l’ESS.  

D’autre part, les acteurs de l’ESS rangent sous cette appellation les tentatives de reprises par les travailleurs eux-mêmes. Il s’agit là d’une dimension qualitativement différente qui nécessite notre soutien (voir la fiche emploi de ce glossaire).

Nos propositions :
     -Constitution de fonds régionaux publics d’investissement, qui seront mis à la disposition des coopératives ouvrières et des syndicats de producteurs à la commandite candidats à la reprise autogérée, par les travailleurs eux-mêmes, de sites fermés ou démantelés par les capitalistes.
Les autres actions menées jusqu’à présent en faveur des entreprises feront l’objet d’un audit, à l’issue duquel les budgets correspondants seront modifiés de la façon suivante :
  -Suppression des mesures dont il s’avèrera qu’elles ne bénéficient en fait qu’aux capitalistes propriétaires de grandes et moyennes entreprises.
     -Redéploiement des autres aides, qui seront désormais réservées, sous des conditions de respect de critères sociaux et écologiques, aux entreprises du secteur coopératif et de l’économie solidaire, ainsi qu’aux petits producteurs et aux entrepreneurs individuels.

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