Des déchets nucléaires français exportés vers la Russie

Dimanche soir, 6 décembre, à l'appel de Greenpeace, des militants de cette organisation, du NPA, du Crilan, d'Europe Ecologie, et de la Gauche unitaire se sont réunis auprès de la gare maritime de Cherbourg pour dénoncer l'arrivée d'un convoi de matières nucléaires destiné à l'exportation vers la Russie.

Un train en provenance de l'usine de Pierrelatte était attendu sur le port de Cherbourg pour y transborder des conteneurs de déchets d'uranium sur le cargo Kapitan Lus, destination la Russie.

Greenpeace réclame un moratoire sur les exportations en direction de la Russie, dans l'attente des résultats d'une enquête commanditée par le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo. Or AREVA ne peut plus attendre, ils ne savent plus quoi faire des déchets nucléaires dont les stocks débordent à Pierrelatte.

Sous prétexte d'aller recycler nos déchets en Russie, on ne fait que les abandonner ailleurs, comme l'a prouvé une enquête de Libération pour qui «13% des déchetsradioactifs français produits par EDF se retrouvent en plein airen Sibérie dans une ville interdite d'accès" . Et selon un rapport du Service de défense de sécurité et d'intelligence économique "depuis 2006, 33.000 tonnes d'uranium ont été exportées vers la Russie (dont 23.540 tonnes d'uranium appauvri) et seulement 3.090 tonnes ont été réexpédiées en France".

C'est pour dénoncer ce mensonge et la reprise des exportations de déchets que Yannick Rousselet, chargé du nucléaire àGreenpeace s'est enchaîné à la voie ferrée pour empêcher l'arrivée du train. Il a été délogé par les forces de l'ordre peu après 7h30 lundi matin, après plus de 2 heures de résistance, et placé en garde à vue. Le train est arrivé à destination peu avant 8h30.

Le jour de l'ouverture du sommet de Copenhague, au moment où on essaye de nous faire passer le nucléaire pour la solution au réchauffement climatique, on voit aujourd'hui encore les preuves de l'opacité de la filière nucléaire et les preuves de son irresponsabilité.

Le NPA affirme qu'il faut organiser un programme public de développement de l'énergie solaire et des énergies non polluantes, financé par la réorganisation des crédits massivement alloués au nucléaire et sortir ainsi progressivement du nucléaire. C'est l'une des propositions du NPA pour des solutions écologiques et sociale à la crise climatique.

Comité NPA de Cherbourg.

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