D’Athènes à Paris : reprenons le contrôle !

Le 18 février, des rassemblements et manifestations de solidarité avec le peuple grec ont eu lieu à travers l'Europe et dans de nombreuses villes de France.

Ces initiatives doivent être comprises bien au-delà du soutien à un peuple qui se fait écraser par la Troïka. Si elles doivent s'amplifier, c'est parce que la Grèce est un laboratoire des attaques qui attendent les salariéEs avec ou sans emploi, les retraitéEs et les étudiantEs au Portugal ou en Espagne... Mais aussi en France.

Sous un gouvernement de droite, comme de gauche. À l'heure où le gouvernement décide par procédure d'urgence de faire voter la TVA antisociale à l'Assemblée nationale ou encore l'institutionnalisation du Mécanisme européen de solidarité, il suffit de voir le peu de réaction du PS, votant contre le premier tout en ne participant à aucun cadre de mobilisation pour s'y opposer, et s'abstenant sur le deuxième. Pourtant, partout en Europe, les richesses existent pour éviter les plans d'austérité mis en œuvre au nom du paiement de la dette et de la réduction des déficits budgétaires.

Il nous faut donc sans attendre organiser la riposte. En France, plus de 100 collectifs unitaires contre la dette existent. Dans plusieurs villes, ils ont pris l'initiative des rassemblements de solidarité avec le peuple grec, comme à Rouen ou à Strasbourg. À Marseille, des centaines de personnes ont pu entendre une militante grecque témoigner lors d'un meeting organisé par le collectif, comme ce sera le cas à la Bourse du travail de Paris le 5 mars. Des exemples à généraliser.

De plus, le collectif national appelle à intervenir dans les manifestations à l'appel de la Confédération européenne des syndicats le 29 février, à une semaine d’action contre l’austérité, le Pacte budgétaire, et en solidarité avec le peuple grec la semaine du 5 au 12 mars, à la grande manifestation européenne prévue à Francfort dans la deuxième quinzaine de mai, et à une assemblée des collectifs fin juin. Autant d'échéances permettant de poursuivre le travail militant des collectifs, d'en créer et de les développer.

Le NPA souhaite porter dans cette campagne unitaire la nécessité et la possibilité par exemple d'annuler la dette et de mettre en place un service unique du crédit, mais aussi d'organiser notre camp social selon ses propres intérêts.

Car à un rythme accéléré, les mobilisations en Grèce sont porteuses d'un débat de société incontournable aujourd'hui : qui décide de notre avenir ? Le rejet de la Troïka et du diktat imposé par le tandem Sarkozy/Merkel pousse ainsi certains courants de gauche en Grèce à promouvoir une « union sociale et patriotique » pour sortir de la crise. D'autres militantEs favorisent l'émergence de formes de contrôle par la population elle-même. Les assemblées interprofessionelles de salariéEs sont de plus en plus massives, et deux exemples de la dynamique en cours méritent d'être soulignés : les salariéEs du journal Eleftherotypia, dont le patron qui leur devait 7 millions d’euros en salaires impayés s’est réfugié derrière l’article 99 du code des mises en faillite, ont créé leur propre journal, l’Eleftherotypia des travailleurs. Les travailleurEs hospitalierEs de Kilkis, au nord de la Grèce, ont occupé leur hôpital et proclamé que celui-ci était désormais sous contrôle ouvrier.

Les collectifs contre la dette peuvent permettre de favoriser cette option : que la population reprenne le contrôle idéologique, économique et politique de la société.

Rejoignez un collectif, organisons ensemble la riposte, reprenons le contrôle !  

Vanina Giudicelli

www.audit-citoyen.org

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