Défense du Fret : appel à une mobilisation populaire !

L’appel massif à la défense du fret met le gouvernement et les institutions européennes face à leurs contradictions : prétendre défendre l’environnement tout en cassant le transport ferroviaire public.

Le Grenelle de l’environnement avait décidé de freiner les projets autoroutiers, sauf ceux qui étaient déjà en cours de réalisation ou pour lesquels les décisions avaient déjà été prises. Au final, poursuite des projets autoroutiers et destruction du transport de marchandises par le rail. Cela s’inscrit dans un contexte où les attaques libérales du gouvernement français et des institutions européennes contre l’ensemble des services publics (santé, éducation, transports, etc.) provoquent de plus en plus rapidement des contradictions insurmontables.
Lors de la rencontre nationale du 6 février de Urgence climatique Justice sociale (UCJS), collectif dont fait partie le NPA, un appel pour des mobilisations populaires en défense du fret ferroviaire a été rendu public. Cet appel initié par SUD-Rail a été finalisé avec dix associations et partis politiques dont le NPA. Il pointe les conséquences des politiques concernant le Fret ferroviaire « libéralisé » suite aux décisions prises par les gouvernements européens depuis 1991, par ailleurs en contradiction complète avec les annonces « écologiques » du gouvernement Sarkozy et celles de la direction de la SNCF. Ce dernier, au fil des restructurations, dilue le service public de transport ferroviaire dans une holding (old dingue ?) purement capitaliste.
La politique menée a pour conséquence première la disparition du transport ferroviaire par wagons isolés (jugé non rentable financièrement) qui va encombrer les routes d’encore plus de camions. Une véritable réussite pour le Grenelle de l’environnement ! Mais cela ne risque pas de déranger la SNCF, principal transporteur routier en France avec ses filiales.
Ensuite, cette politique va supprimer à court terme 5 000 emplois de cheminots et mettre une pression supplémentaire sur les agents restants, afin de casser la réglementation du travail applicable et donc dégrader leurs conditions de travail. C’est un des aspects d’un récent rapport de la Cour des comptes qui « dénonce » les rigidités réglementaires qui occasionnent « des surcoûts inacceptables ». La SNCF réfléchit d’ailleurs aux possibilités de transfert de ses agents vers des filiales ou des sociétés privées.
Le dernier exemple en date est la création d’un Opérateur ferroviaire de proximité sur la région Auvergne, avec la disparition de 400 emplois de cheminots qui pourraient être reversés dans une société privée. La direction Marchandises SNCF-Geodis refuse de donner la moindre information aux représentants du personnel sur quoi que ce soit au prétexte du secret commercial.
Enfin, la religion libérale va dégrader encore plus la sécurité des circulations, déjà mise à mal par la séparation de 1997 entre la SNCF et RFF (Réseau ferré de France). De nombreux incidents, mettant en cause des sociétés privées ferroviaires fret, ont déjà été constatés et tus. À ce jour, il n’y a pas encore eu d’accidents graves, heureusement ! Mais la politique du risque calculé à déjà montré sa dangerosité dans d’autres pays (Italie, Angleterre, etc.).
Cet appel conclut que, comme pour tous les services publics, la libéralisation a un coût social : pour la communauté (transports routiers plus importants donc plus de pollution) et pour les cheminots (suppression de postes et dégradation des conditions de travail), au profit d’une minorité qui, dans ce cas, joue au cheminopoly.
Emparons-nous de cet appel pour mener campagne auprès des salariés et des usagers, et défendons une politique des transports sociale et écologiste.


Jean Massil

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