Congrès national : le NPA en débat

Après le vote des assemblées générales des militantEs, nous ouvrons nos colonnes aux quatre plate formes électives à la veille du congrès national qui se tiendra ce week-end.

Tribune W

A l'ensemble des militantEs du NPA
À quelques jours du Congrès, la PW souhaite alerter sur certains points :
1) Le Congrès doit aboutir à une nouvelle équipe d'animation capable de dépasser les divisions et la sclérose directionnelle qui, en paralysant le CPN, ont freiné l'ensemble du parti ces deux dernières années. La qualité de l’animation des comités, et de l’organisation de la vie démocratique du NPA auront pour objet de stimuler de nouvelles adhésions
2) Le Congrès devra élaborer une feuille de route contenant des engagements concrets que le nouveau CPN se chargera de mettre en œuvre : une déclaration d'intention générale, molle et consensuelle ne suffira pas. Il faut passer à l’acte par des avancées réelles et une volonté de laisser le NPA se construire par le bas : réunion nationale des comités, limitation des mandats au CPN et rotation des tâches, ouverture d'une large réflexion sur notre rapport aux élections et aux institutions, ainsi que sur l'articulation des différentes formes de luttes… De même, le NPA doit, aux côtés des nécessaires messages de colère et de réaction aux situations intolérables de la période, diffuser des messages positifs sur le type de société que nous voulons, pour alimenter l’imagination et l’espoir dans les luttes.
3) Le prochain CPN doit permettre aux camarades qui le souhaiteraient d'y siéger sous forme de binôme ou avec unE suppléantE. Ces dispositifs favorisent le travail collectif et garantissent une meilleur inclusion des régions au CPN ainsi qu'un meilleur respect des rythmes militants.
Des perspectives pour la constructiond’un parti inclusif et démocratique
À partir du bilan des quatre années du NPA, nous souhaitons rompre avec certaines pratiques : négociation entre directions, transformation des plate formes au-delà du congrès en tendances.
Sans illusion sur la possibilité de contrôler « administrativement » les tendances, nous pensons que c’est en favorisant la transversalité et la mutualisation des diverses pratiques de luttes et de militantisme, que nous pourrons favoriser des débats féconds. Nous proposons ainsi la mise en place d’une réunion des comités dans l’année à venir, qui visera à créer des espaces de discussions non-décisionnels et sans préalable de tendances.
Plus généralement, la direction doit considérer que les élections et le programme d’urgence ne vont pas de soi. Pour lutter contre les rapports de domination au sein du parti, nous devons repenser en profondeur nos pratiques militantes et nos formations. Une réflexion collective est nécessaire pour laisser la place à l’expérimentation, savoir lier l’initiative intellectuelle et un savoir-faire militant sans cesse réinterrogé.

Tribune X

Nous réapproprier ensemble le projet du NPA
La phase des AG préparatoires à notre congrès s'est achevée. La faible participation exprime les doutes de nombreux camarades après des mois de luttes internes qui ont abouti à la scission de la Gauche anticapitaliste. Malgré ces difficultés une forte volonté de rebondir s'est aussi exprimée, la volonté de sortir du climat de procès d'intention et de blocs opposés qui a prévalu, en particulier de la part de certains camarades de la Y, depuis la conférence nationale de juillet.
Une page est en train de se tourner. Notre plate-forme recueille un peu plus de 51 %. Cela nous donne d'autant plus de responsabilités pour rassembler autour de notre projet de regroupement des anticapitalistes pour la transformation révolutionnaire de la société et pour engager un processus de refondation du NPA.
Ce congrès ouvre un vaste chantier pour construire notre parti et débattre concrètement des moyens d'y travailler, des questions de fonctionnements, de démocratie, de pratiques militantes, de notre implantation sur les lieux de travail, les quartiers, la jeunesse.Dès maintenant nous devons prévoir une réunion nationale des comités pour faire le point.
À la lumière des débats nous devrions pouvoir aussi nous rassembler sur les éléments essentiels de notre orientation, dont de larges parties ont été rédigées en commun en continuité avec la campagne de la présidentielle.
La guerre au Mali, l’accord compétitivité-emploi, les multiples renoncements du gouvernement face aux exigences du patronat, et la politique anti-immigrés renforcent la nécessité de construire un front commun contre le gouvernement et le patronat, pour développer les mobilisations sociales et politiques afin de changer les rapports de forces et de mettre un coup d’arrêt à l’offensive libérale. La grève à PSA, les mobilisations des Sanofi, Virgin, la manifestation du 29, la journée de grève du 31 janvier dans la fonction publique y participent comme la mobilisation de Notre-Dame-des-Landes, celle pour l'égalité des droits ou pour construire la mobilisation contre la sale guerre au Mali.
C'est bien à travers ces mobilisations que se construira une opposition politique qui ne craint pas de dire qu'il faut préparer un affrontement avec le Medef et le gouvernement et pose la question de l’alternative politique nécessaire pour sortir de la crise. Gouvernement anti-austérité, gouvernement des travailleurs ? L'essentiel est que nous soyons d'accord sur les mesures qu’un tel gouvernement devrait prendre en rupture avec le capitalisme.
Pour toutes celles et ceux qui n'ont pas abdiqué du projet qui nous a rassemblés, il y a là une base solide pour reprendre l'initiative. Nous ferons tout pour que ce congrès en crée les conditions.

Tribune Y

Sortir de la crise
Les faits sont têtus. Seulement 1 600 votants pour 2 500 militants, avec une « majorité sortante » qui recueille tout juste 50 %, perdant au passage plusieurs centaines de voix par rapport à la conférence nationale de juin dernier, ce n’est pas le signe d’une organisation détruite, mais par contre d’une crise de l’organisation et de sa direction qui continue. La tentative de construire une majorité, la PF-X, sur la seule base proclamée de « l’unité du parti » a échoué.
Mais le NPA conserve des ressources. Des solutions existent à condition de savoir, à la fois, respecter les désaccords et mettre en avant ce qui unit la grande majorité des militantEs. La campagne présidentielle l’a prouvé. Les bases politiques largement communes qui peuvent permettre à notre parti de se reconstruire sont, à notre avis :
– La nécessité de se tourner vers l’extérieur, de construire et coordonner les mobilisations, notamment contre les licenciements, la casse du droit du travail, l’intervention militaire au Mali, l’« Ayrault-port », le nucléaire, pour les revendications des travailleurs et l’égalité des droits.
– La bataille pour construire à partir de ces luttes et de celles qui viendront une opposition militante, consciente, qui s'affronte au gouvernement et au patronat, condition nécessaire à l’émergence d’une alternative politique anticapitaliste.
– L’affirmation de notre projet révolutionnaire, opposé non seulement au gouvernement PS mais aussi aux politiques de la gauche réformiste. Pour le NPA la solution est que les travailleurs gouvernent, pas que Mélenchon devienne Premier ministre.
– Le refus d’accords électoraux aux municipales avec le Front de gauche et ses organisations, qui gèrent ou cautionnent l’austérité et les privatisations (sauf situations particulières où des groupes locaux entreraient réellement en résistance).
– La reconstruction du NPA, en particulier dans la classe ouvrière et la jeunesse, en s’appuyant sur les luttes actuelles. Cela passe par un travail unifié de tout le parti, sans nier les désaccords mais aussi en n’en faisant pas un préalable à l’activité commune et à la représentation du parti vers l’extérieur.
Il y a dans le parti une aspiration à reconstruire une direction unifiée pour le parti, mais cela ne peut se faire qu’à condition d’être prêts à avancer avec tout le monde, sans renier nos orientations respectives, de respecter les désaccords, d’en percevoir la racine pour les dépasser.
Peut-on mettre en place sur de telles bases une majorité de travail et une direction inclusives, n’excluant aucune des positions s’étant exprimée dans le débat préparatoire au congrès ? C’est ce que nous souhaitons et proposerons au congrès national.
L'équipe d'animation PF-Y

Tribune Z

La courte majorité de la direction ne saurait masquer l’effondrement de sa base et la nécessité de rendre le parti utile à la lutte des classes
Les AG électives ont permis de mesurer la gravité de la crise du parti : moins de 1 700 camarades y ont voté, contre plus de 3 500 en 2011. La direction n’a pourtant proposé aucun bilan pour expliquer cette catastrophe. Au contraire, elle veut continuer à chercher des accords par le haut avec le Front de gauche et a même avancé l’objectif d’un « gouvernement anti-austérité » avec lui. Sa courte majorité en pourcentage s’explique par un appel dramatisé au « rassemblement »… et le soutien des amiEs de la GA qui n’ont pas voulu aller au Fdg (voire ont la double appartenance NPA-GA).
La percée de la PW (8 %) exprime un refus des choix politiques et des méthodes de la direction, l’aspiration à un parti actif, démocratique et fraternel. Mais cela ne fait pas une orientation et les déléguéEs W vont devoir faire des choix plus concrets au congrès.
En termes absolus, la PY (ex-P2) s’effondre (d'environ 1 000 à 500 voix). Son orientation axée sur les luttes, mais sous la forme d’un parasyndicalisme négligeant le programme au profit d’accords sans contenu avec la direction, n’a pas permis de retenir au parti ses propres partisanEs. 
Malgré la pression de la direction et de la PY, notre plate-forme est la seule à progresser en termes absolus et passe de 3,5 à 9 %. Cela devrait faire réfléchir ceux pour qui nos idées empêcheraient de construire le NPA !
Nous allons donc poursuivre le combat pour nos idées et pour un front avec toutes celles et ceux qui refusent l’orientation de la direction. Tout en continuant le débat sur nos divergences programmatiques et stratégiques, nous appelons le congrès à affirmer l'indépendance politique totale du NPA à l’égard du Front de gauche et à refuser la perspective d’un « gouvernement anti-austérité », qui n’a rien à voir avec un gouvernement des travailleurs. Nous proposons de construire le parti en priorité dans le monde du travail, à commencer par les grandes entreprises et établissements. Au moment où les luttes contre les licenciements reprennent une certaine importance (Sanofi, Virgin, Arcelor, grève à Aulnay), avec de premières tentatives de jonctions (PSA/Renault, meeting de convergence des luttes de Sciences po, manif contre les licenciements du 29 à l’appel des Licencielles, des Goodyear, etc.), il est crucial de donner la priorité à la lutte des classes et d’aider concrètement à la convergence et à la coordination des luttes. Nous proposons au congrès de faire des pas en avant en ce sens.
Daniela, Ludivine, Ludovic, Manu, Marie, Vincent (CPN sortant)

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