Congrès d’Alternative libertaire

Du 30 octobre au 1er novembre, une centaine de congressistes se réunissaient à Angers (Maine-et-Loire) pour le dixième congrès d’Alternative libertaire. Née en 1991, Alternative libertaire se revendique d’un héritage politique défini comme se situant « dans la continuité du mouvement libertaire ouvrier international ». Issue de la fusion entre deux groupes libertaires, le Collectif jeunes libertaires (CJL) et l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), cette organisation est présente dans une vingtaine de villes en France. L’organisation rassemble aujourd’hui entre 300 et 400 militantEs.
Ces militantEs libertaires sont très présentEs dans les luttes sociales : antifascisme, antiracisme, luttes pour les droits des femmes, mouvement des travailleurs sans papiers, solidarité internationale, syndicalisme lutte des classes...
Les débats de ce congrès étaient bien évidemment marqués par le mouvement social contre la réforme des retraites, qui a en partie modifié l’ordre du jour de cette assemblée. Plus largement, les militants d’Alternative libertaire ont réaffirmé leur attachement à la construction d’un projet anticapitaliste et autogestionnaire.
Le NPA était invité à ce congrès. Ce fut l’occasion de constater que sur de nombreux points les analyses de nos deux organisations convergent. Lorsque les congressistes abordent le débat « De la crise sociale, économique et écologique à la nécessité d’une rupture avec le capitalisme », l’analyse des causes profondes de la crise et des conséquences sur les travailleurs ne sont pas loin de celles développées dans ces colonnes.
Ce congrès fut aussi l’occasion de revenir sur l’une des résolutions du congrès précédent (2008) qui souhaitait construire partout où cela serait possible des « fronts anticapitalistes ». Cette stratégie a dans l’ensemble été un échec, attribué en grande partie au fait que le NPA portait le même type de projet et a quelque peu « parasité » le leur.
Un autre débat central pour l’organisation concerne son positionnement dans l’espace politique. Il existe un certain tiraillement entre deux visions, qui chacune proposait un texte d’orientation. D’un côté, la priorité mise sur la construction d’un pôle libertaire et anarchistes en privilégiant des liens avec la Coordination des groupes anarchistes (CGA, issue d’une scission avec la Fédération anarchiste en 2002) ou la CNT. De l’autre, l’insertion durable dans ce que certains militants appellent la « gauche de rue », qui intègre au sens large les mouvements sociaux, acteurs des luttes (ce qui inclut le NPA). Le congrès a tranché dans le sens de cette seconde orientation.
Si de nombreux point d’accord se font jour, à écouter les militants d’Alternative libertaire, il reste un point central : celui de la participation au jeu électoral. Les militants libertaires soulignent l’importance de construire une force extraparlementaire qui ne soit pas soumise à un calendrier électoral.
Pierre Baton, Joël Goarin

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