Confession d'un cadre nationaliste hindou sur les attentats à la bombe

En décembre 2010, la confession de 42 pages de Swami Aseemanand a mis à nu les activités terroristes des groupes hindouistes. Ce militant de 59 ans, actif au sein de l’organisation nationaliste RSS1 pendant 30 ans est un proche de dirigeants du BJP et du RSS. Il a affirmé que des chefs du RSS sont impliqués dans les explosions qui ont tué plusieurs dizaines de personnes: en 2007 à Dargah Sharif à Ajmer dans le Rajasthan, à la mosquée Mecca Masjid à Hyderabad (État du l'Andhra Pradesh), dans le train Samjhauta Express qui traverse l’Inde pour aller au Pakistan et en 2008 dans le quartier musulman de Malegaon au Maharastra. Ces attentats commis en 2006 et 2007 avaient été attribué à des organisations musulmanes extrémistes.

Ce n’est pas une organisation d’extrême-droite marginale qui a organisé et planifié ces explosions, c’est un membre du comité exécutif du RSS. Il aurait recruté des musulmans comme poseurs de bombe et son organisation aurait financé. Un autre membre imminent serait impliqué, mais décédé depuis dans des circonstances suspectes de règlement de compte au sein de l’organisation.

En juillet 2010, 3000 membres du RSS ont attaqué une télévision qui avait diffusé une cassette révélant l’implication de leur chef dans la planification de l’attentat d’Ajmer. En novembre, le RSS dénonçait le gouvernement de centre gauche UPA2 de sa stigmatisation incessante des hindous. Aujourd’hui, sa ligne de conduite est de désavouer Swami Aseemanand et les auteurs des attentats comme ne faisant plus parti de l’organisation depuis 2006.

Pourquoi le RSS a-t-il peur d’être taxé de terroriste? Le RSS veut se présenter comme une association culturelle qui ne croît pas à la violence. Certains affirment qu’ils ne souhaitent pas d’investigations sur le réseau nationaliste hindou de peur de révéler des liens inavouables entre des organisations et des partis nationalistes qui se veulent «respectables».

L’idéologie et l’instrumentalisation d’enjeux communautaires par les partis politiques hindous ont toujours été utilisées à des fins électorales lors de campagnes propices à des enchaînements de violence. Selon certains magazines indiens3, la publication de la confession d’Aseemanand n’est pas un hasard: il s’agirait d’une stratégie de la part du parti du Congrès afin de déstabiliser le BJP alors que Narendra Modi peaufine son image de «chef d’entreprise» œuvrant pour le développement économique de l’État du Gujarat.

Christine Schneider, le 27 février 2011.

1 RSS, Rashtriya Swayamsevak Sangh ou Association des Volontaires Nationaux

2 UPA, United Progressive Alliance, coalition de partis indiens, conduit par le Parti Indien du Congrès de Manmohan Singh et Sonia Gandhi

3 Outlook 27/1/2011

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