Communiqué du NPA 13 à propos de Cadarache 

Le NPA 13 réclame un débat public sur l’avenir du site.

Cadarache a toujours bénéficié, à tort, d’une image bienveillantedans la mesure où le site n’est pas une centrale mais a été présenté comme un laboratoire de recherche; sauf que le site contient 19 unités dont un parc d'entreposage de déchets radioactifs solides, des ateliers de traitement de l’uranium, des bassins de déchets radioactifs liquides, un atelier de fabrication de combustible à partir du plutonium, des entrepôts de matières nucléaires… Parmi ces nombreuses activités, le retraitement du plutonium des bombes américaines obsolètes. Une contribution à la paix selon le CEA!

Comme toutes les branches de l’industrie nucléaire la direction du CEA pratique le culte du secret. Le CEA n’a jamais permis à la Criirad (laboratoire indépendant) d’effectuer des mesures à l’intérieur du centre. Les industriels du nucléaire nous dissimulent la vérité depuis 50 ans…La loi de transparence n’y a rien changé.

Mais voilà, il semble que la direction du CEA ne sait plus elle-même ce qui se passe sur le site de Cadarache:

Le 21 septembre, dans le cadre du réexamen périodique de la sûreté des installations «EOLE et MINERVE», réalisé à la demande de l'Autorité de Sureté Nucléaire, le centre CEA de Cadarache a déclaré que des échantillons d'uranium, sans emploi depuis 1999, contenaient de la matière fissile plus enrichie que la limite autorisée. 39 kg de plutonium en trop déclarés le 5 octobre…6 kg d’uranium enrichi en trop découverts le 25 octobre, présentant un danger potentiel de départ de réactions en chaîne … Et ce n’est pas fini: le plutonium a été trouvé dans 40 boites à gants…sur les 450 que contient un atelier qui réserve sans doute d’autres surprises.

Dans la lettre que l’ASN a envoyée le 19 octobre au CEA, on peut lire: « l’ASN a par conséquent estimé que l’exploitant n’était pas en mesure de garantir l’absence de danger grave et immédiat pour le personnel» et a demandé en conséquence l’arrêt des opérations de démantèlement de l’atelier de technologie du plutonium.

Il faut savoir que prés de 6000 personnes travaillent sur le site, dont beaucoup sont des précaires. Et la situation, au regard de la législation du travail, vient de s’aggraver avec l’implantation d’ITER, véritable zone franche de l’industrie nucléaire.

Et si la sécurité du personnel n’est pas assurée que faut-il craindre pour la population et les écosystèmes environnants? Les rejets gazeux, les rejets dans la Durance et dans la nappe phréatique ne font jusqu’à présent l’objet d’aucun contrôle public transparent.

Actuellement, certains ateliers obsolètes sont en voie de démantèlement, mais depuis 50 ans la situation sur le site est devenue inextricable. Il faut tout remettre à plat avant que des incidents plus graves ne se produisent. Ceux sont toutes les installations nucléaires du site qu’il faut démanteler afin de le décontaminer, gérer les déchets sous un strict contrôle public et reconvertir Cadarache en un centre de recherche sur les énergies renouvelables. Tout cela est possible sans licenciement et même en créant des emplois.

Le NPA appelle à stopper la fuite en avant de l’industrie nucléaire. Sortir de l’impasse nucléaire et reconvertir la recherche vers les énergies renouvelables: c’est urgent !

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